Un site israélien vu depuis le Liban, lors d'une visite médiatique organisée par l'armée libanaise pour passer en revue les opérations de l'armée dans le secteur sud du Litani. Photo AFP
Une réunion consacrée au Liban est prévue la semaine prochaine à Paris en présence du commandant en chef de l'armée libanaise et de responsables américains au moment où Paris et Washington pressent Beyrouth d'accélérer le processus du désarmement du Hezbollah, selon quatre sources ayant connaissance du dossier.
« Rodolphe Haykal est attendu mercredi », a indiqué l'une de ces sources. L'émissaire américaine pour le Proche-Orient Morgan Ortagus devrait également participer à cette réunion prévue à l'Elysée. Sa présence n'était toutefois « pas encore confirmée » vendredi, ont souligné les trois autres sources. En outre, la présence d'un responsable saoudien à Paris la semaine prochaine « est envisagée », a également indiqué l'une de ces sources proches du dossier ayant toutes requis l'anonymat.
Mécanisme de contrôle du désarmement
Cette réunion doit se dérouler en amont d'une nouvelle réunion prévue à Beyrouth le 19 décembre du comité de surveillance du cessez-le-feu avec l'objectif de faire éloigner « le spectre d'une deuxième guerre » au Liban menée par Israël, selon les déclarations du président libanais Joseph Aoun. Ce comité comprend le Liban et Israël, représentés depuis début décembre par des militaires, mais également un civil pour chacun des deux pays, les Etats-Unis, la France et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Dans un entretien à al-Jazeera, qui sera diffusé dans son intégralité vendredi soir, le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, a dit que Beyrouth avait reçu des mises en garde concernant une « vaste opération » qui serait préparée par l'armée israélienne au Liban. De son côté, l'ambassadeur égyptien à Beyrouth, Alaa Moussa, a de son côté estimé dans la journée ne pas avoir « d’autre choix que d'oeuvrer à épargner au Liban toute aggravation des attaques israéliennes ».
L'armée libanaise doit achever le démantèlement le 31 décembre des infrastructures militaires du Hezbollah dans le sud du Liban, conformément à à l'accord de cessez-le-feu. Pour accélérer le processus, Français et Américains souhaitent la mise en place d'un mécanisme permettant de contrôler le désarmement. Israël a intensifié ces dernières semaines ses frappes contre les bastions du parti chiite qu'il accuse de se réarmer.
Pensez-vous que la France ait encore une véritable influence diplomatique au Liban, malgré l'omniprésence américaine ?
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Lundi et mardi, l'envoyé personnel du président français, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu à Beyrouth pour rencontrer les principaux responsables libanais dont Joseph Aoun et son premier ministre Nawaf Salam. « La priorité de son action, c'était le suivi et le renforcement du mécanisme de suivi du cessez-le-feu et la mise en œuvre du plan de l'armée libanaise pour le désarmement du Hezbollah », a fait savoir jeudi Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. La France, qui souhaite soutenir davantage les Forces armées libanaises, espère que l'Arabie saoudite accueillera prochainement une conférence pour les épauler.



