Le Premier ministre, Nawaf Salam, posant la première pierre du jardin Rafic Hariri à Beyrouth, le 9 décembre 2025. Photo tirée du compte X du Grand sérail
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a posé mardi la première pierre du jardin Rafic Hariri sur le front de mer de Beyrouth, appelé à devenir « le plus grand parc de la capitale », et constituer une bouffée d'oxygène dans une ville asphyxiée par le béton.
« Nous posons la première pierre d’un jardin public portant le nom d’un homme qui aimait Beyrouth », a déclaré M. Salam. « Malgré sa riche histoire et sa beauté unique, Beyrouth souffre d’un manque criant d’espaces verts », a-t-il ajouté, dénonçant au passage la « pollution atmosphérique et les embouteillages » dans la capitale. « La pose de la première pierre de ce parc est une étape fondamentale sur le chemin qui mène à la restauration de l’équilibre environnemental et sanitaire qui fait défaut à notre ville depuis de nombreuses années (...) Ce parc, qui s'étend le long de la corniche, offrira un lieu de rencontre supplémentaire au cœur de Beyrouth. Il est une promesse de répit dans une ville étouffée par le béton, et une promesse de renouveau face à la négligence qui a fait disparaître la verdure et la lumière », a indique le chef du gouvernement, au cours d'un événement organisé par le groupe Solidere, en présence de plusieurs personnalités politiques, dont l'ancienne députée Bahia Hariri, sœur de l'ancien Premier ministre assassiné à Beyrouth en 2005. Nawaf Salam a par ailleurs assuré que le gouvernement travaillait main dans la main avec la municipalité de Beyrouth, Solidere et le Conseil pour le développement et la reconstruction (CDR) pour réorganiser les espaces publics de la ville.
De son côté, la responsable du projet, Micheline Abi Samra, a estimé que celui-ci vise à créer « le plus grand espace vert public à Beyrouth », et donner un « souffle d’avenir à la prospérité de la ville. » De son côté, le président de Solidere, Nasser el-Chamaa, a annoncé que le parc a été dessiné par « l’architecte de renommée mondiale Vladimir Djurovic », et que le projet est composé du parc (80 000 m²) et de la promenade maritime (44 000 m²). « Il comprend plus de 2 500 arbres et des dizaines de milliers de plantes locales, un système d’irrigation basé sur la collecte des eaux de pluie, ainsi que des sentiers pour les piétons et le sport, se terminant par un théâtre ouvert sur la mer », a-t-il décrit. Selon M. Djurovic, présent à l'événement, ce design veut « reconstituer la nature côtière libanaise, avec ses arbres, ses arbustes et ses herbes sauvages. »

Beyrouth est une ville à forte densité démographique caractérisée par une urbanisation galopante, dans laquelle les espaces publics sont peu nombreux et mal gérés. En 2020, la ville comptait en tout 21 parcs et jardins publics sur une superficie totale assurant moins d’un mètre carré d’espace vert par habitant, une corniche maritime et quelques plages encore accessibles au public.



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