Rechercher
Rechercher

Politique - Rencontre

Berry à l’ordre des rédacteurs : Je n’ai pas d’ennemis au Liban


« C’est sans doute la période la plus difficile que traverse le Liban. Dieu sait pourtant si j’en ai connu, des périodes compliquées... » Dans la bouche du président de la Chambre Nabih Berry, qui est au cœur de la vie politique libanaise depuis plus de 40 ans, ces propos signifient que le moment est grave. Lors de sa rencontre avec le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi, M. Berry a certes lancé cette phrase en réponse à une question, mais toute sa logique est d’alerter les Libanais contre les dangers qui menacent leur pays et de prôner l’unité. « Donnez-moi une unité interne et nous ne craindrons plus personne, ni Israël ni d’autres », a-t-il encore dit, estimant ne pas avoir d’ennemis au Liban, « rien que des adversaires, ce qui est normal dans un régime démocratique ».

Tout en assurant qu’il ne craint aucune discorde interne, le président de la Chambre a déclaré qu’il est contre le fait d’isoler une composante libanaise quelle qu’elle soit. M. Berry a encore déclaré, avec humour, que « la politique libanaise est désormais comme le climat, chaque région en a un qui lui est propre ». Mais cela ne l’a pas empêché de rendre hommage aux Libanais qui ont fait preuve de solidarité lorsque près de 1,4 million de personnes ont dû fuir leurs maisons durant la dernière guerre et qu’elles ont été accueillies par leurs compatriotes.

Interrogé sur la campagne menée actuellement contre lui, M. Berry a précisé qu’elle est due au conflit sur la loi électorale. « De toute façon, a-t-il affirmé, la campagne menée contre moi vient d’une seule partie. Je n’y répondrai en aucune façon. » Il a ensuite rappelé que le conflit au sujet de la loi électorale n’est pas étonnant, vu que celle-ci est de la plus haute importance, elle est quasi constitutionnelle et la Constitution la mentionne quatre fois. Mais, selon lui, le gouvernement a formé deux commissions à ce sujet et il ne s’est pas conformé à leurs décisions puis a jeté la balle dans le camp du Parlement. « Mais, jusqu’à présent, a-t-il ajouté, je n’ai pas encore reçu le projet (d’amendement de la loi) et on me demande de régler cette question avant de l’avoir reçu. » Nabib Berry a cependant été catégorique : les élections législatives auront lieu à la date prévue. Il a aussi expliqué qu’il avait fait une proposition de compromis qui consistait, pour son camp, à renoncer à l’élection des 6 députés de la diaspora, en contrepartie du renoncement de l’autre camp au vote des émigrés à l’étranger. Mais il est convaincu qu’il ne peut pas y avoir de loi électorale sans un accord entre toutes les parties. 

À la question de savoir s’il est réellement menacé de sanctions américaines, M. Berry a répondu que « depuis 12 ans, certaines parties cherchent à pousser les Américains à lui imposer des sanctions... sans résultat ». Mais la campagne d’aujourd’hui ne vise-t-elle pas à le pousser à prendre ses distances avec le Hezbollah ? « Je suis en train d’appeler à l’unité, comment pourrais-je dans ce cas provoquer de nouvelles divisions ? C’est inimaginable ! » a-t-il répondu. 

Au sujet de la situation au Sud et de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, le président du Parlement a souligné que depuis plus de 11 mois, la « résistance » n’a pas lancé la moindre attaque contre Israël, et que l’armée libanaise a déployé dans la zone au sud du Litani près de 9 000 officiers et soldats. « Elle accomplit donc son devoir sous les yeux du monde entier, du mécanisme et de la Finul, a-t-il déclaré. Mais peut-on me dire où et quand les Israéliens ont respecté les dispositions de cet accord ? C’est leur véritable nature agressive. Mais ce qui est incompréhensible, c’est que la position des Libanais ne soit pas unifiée au sujet des agressions israéliennes. » 

Pense-t-il qu’Israël pourrait déclencher une nouvelle guerre ? Il répond que les Israéliens « n’ont jamais arrêté leur guerre contre le Liban. Mais personne ne peut prédire leurs intentions. C’est pourquoi ce qui est demandé, c’est l’unité dans la position libanaise ».

À la question de savoir si les déclarations des responsables du Hezbollah sur la limite de leur patience et les informations sur la reconstruction de leur force ne constituent pas un prétexte pour Israël, M. Berry a répondu qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans ces déclarations. Selon lui, « il est normal qu’une formation ou une composante politique se restructure et s’organise de temps en temps ». « C’est le droit du Hezbollah de se reconstituer après l’agression israélienne. Mais les rumeurs sur le fait qu’il se procure des armes par mer, par terre ou par air sont des mensonges dénués de tout fondement. Comment pourrait-il le faire, puisque les chemins d’approvisionnement sont coupés ? » a-t-il affirmé.

Au sujet du processus de négociation lancé par le chef de l’État, Joseph Aoun, il a déclaré que le comité de supervision du cessez-le-feu dit le « mécanisme » existe. Trois officiers libanais et trois officiers israéliens y participent, ainsi que des représentants des États-Unis, de la France et de l’ONU. Et de poursuivre : « Les négociations peuvent donc se dérouler par ce biais, comme cela s’est passé dans le cadre du tracé de la ligne bleue et de la délimitation des frontières maritimes. On peut même faire appel à des experts civils si le besoin s’en fait sentir. Mais nous refusons les négociations politiques. »

Il a mentionné à cet égard les négociations qui ont lieu avec la Syrie et l’exigence syrienne du retrait israélien avant le début des pourparlers, en demandant : Pourquoi cela ne se passe pas ainsi avec le Liban ? Il a aussi évoqué le cas des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont le droit de conserver leurs armes sous le parrainage de l’État en demandant : Pourquoi ce processus ne peut-il pas être appliqué au Liban ?

Au sujet de la récente ouverture de l’Arabie saoudite, Nabih Berry a assuré que le Liban est le pays de tous les Arabes. « Nous tendons la main à tous les Arabes et nous l’avons toujours fait », a-t-il répondu, avant d’ajouter que sa relation avec les Saoudiens n’a jamais été rompue.

« C’est sans doute la période la plus difficile que traverse le Liban. Dieu sait pourtant si j’en ai connu, des périodes compliquées... » Dans la bouche du président de la Chambre Nabih Berry, qui est au cœur de la vie politique libanaise depuis plus de 40 ans, ces propos signifient que le moment est grave. Lors de sa rencontre avec le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi, M. Berry a certes lancé cette phrase en réponse à une question, mais toute sa logique est d’alerter les Libanais contre les dangers qui menacent leur pays et de prôner l’unité. « Donnez-moi une unité interne et nous ne craindrons plus personne, ni Israël ni d’autres », a-t-il encore dit, estimant ne pas avoir d’ennemis au Liban, « rien que des adversaires, ce qui est normal dans un...
commentaires (8)

Le Berry nous fait des comparaisons qui n'ont aucuns sens pour justifier ses positions: 1-Les tractations entre la Syrie et Israël ne peuvent être comparées aux nôtres pour la simple raison qu'il n'y a pas eu de guerre entre la Syrie et Israël. La Syrie peut donc réclamer un retrait avant de débuter les négociations et cela se tient. Contrairement a notre cas ou c'est le hezbollah qui a déclenché les hostilité et a perdu. 2-Les FDS en Syrie ont gagné la guerre et le gouvernement Syrien a décidé de les garder. Le hezbollah lui a signé son démantèlement et le gouvernement aussi. Quel fumier!

Pierre Christo Hadjigeorgiou

13 h 10, le 18 novembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Le Berry nous fait des comparaisons qui n'ont aucuns sens pour justifier ses positions: 1-Les tractations entre la Syrie et Israël ne peuvent être comparées aux nôtres pour la simple raison qu'il n'y a pas eu de guerre entre la Syrie et Israël. La Syrie peut donc réclamer un retrait avant de débuter les négociations et cela se tient. Contrairement a notre cas ou c'est le hezbollah qui a déclenché les hostilité et a perdu. 2-Les FDS en Syrie ont gagné la guerre et le gouvernement Syrien a décidé de les garder. Le hezbollah lui a signé son démantèlement et le gouvernement aussi. Quel fumier!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    13 h 10, le 18 novembre 2025

  • “La campagne menée contre moi vient d’une seule partie”. Certes, Berry envoie une pique à Samir Geagea qui n’a presque pas d’amis à « l’intérieur » du pays. Le torchon brûle entre lui et les Chiites. Ses relations ne sont pas meilleures avec ses coreligionnaires du CPL, des kataeb et des Marada. Le chef des FL n’est pas non plus la tasse de thé des Sunnites ou des Druzes.

    Hitti arlette

    11 h 58, le 17 novembre 2025

  • Bla bla habituel vide de sens, il est mafieux, il maintien en place une autre mafia qu'il entretien avec peu de subtilités. Son programme n'a rien de Libanais, nous irons autour du diable mais certainement avec lui. De toute façon il fait parti de ceux qui sont responsables du désastre du Liban et de l'absence d'état.

    Zeidan

    10 h 52, le 17 novembre 2025

  • Berri appele les Libanais a s'unir autour de lui et de son programme ? Bien entendu, il ne peut concevoir que c'est justement lui, et son programme, qui sont le probleme.

    Michel Trad

    10 h 16, le 17 novembre 2025

  • ben ca oui, il ne ment pas mr berry. tellement nos politiques, leurs conseillers, les analystes, journalistes etc.... sont , dans leur tres grande majorite incapable de SE DIRE LA VERITE, - MEME PAS A EUX MEMES , par betise et/ou ignorance et /ou interets personnels.

    L’acidulé

    09 h 52, le 17 novembre 2025

  • Pour tous les libanais, vous êtes notre plus grand ennemi. Les chiites le sauront un jour.

    Achkar Carlos

    06 h 59, le 17 novembre 2025

  • C’est bien de prêcher l’unité interne pour vaincre Israël, c’est gratuit , mais impossible actuellement. Son compromis d’oublier les six députés de la diaspora et du vote de tous les émigrés est honteux pour un chef de parlement, supposé faciliter le choix des urnes. Il pense ne pas avoir d’énnemis. Là il se trompe, et si les élus sont bien trop conciliants avec lui, la majorité des Libanais ne l’est pas du tout. En fait de frères, il n’en a qu’un seul. Pour lui, les autres ne sont pas des frères.

    Goraieb Nada

    06 h 03, le 17 novembre 2025

  • Vous etes hai avec passion

    Robert Moumdjian

    00 h 49, le 17 novembre 2025

Retour en haut