Imad Martinos célébrant son élection à la tête de l'ordre des avocats de Beyrouth, le 16 novembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Au terme d'une journée de vote marquée par un taux de participation record, avec 5.293 avocats électeurs, c'est Imad Martinos, soutenu par les Forces libanaises, qui a été élu dimanche bâtonnier de Beyrouth, succédant à Fadi Masri. M. Martinos était également appuyé par le Parti national libéral (PNL) dont le chef Camille Chamoun, député de Baabda, est membre du bloc parlementaire des FL. Il était opposé au second tour du scrutin à Élie Bazerli, qui bénéficiait de l'appui de la plupart des autres partis libanais traditionnels, dont les Kataëb, le tandem chiite et le courant du Futur, et l'a emporté à 2 416 voix contre 2 042.
Dans son allocution après son élection, Imad Martinos a promis que sous son mandat « le barreau de Beyrouth sera une voix qui ne suivra pas les autres, une voix proactive et non passive. Je serai le bâtonnier de l'action, du don », a-t-il lancé. « Je suis prêt à beaucoup de choses, aidez-moi à les réaliser », a-t-il encore exhorté, annonçant une assemblée générale d'ici deux mois pour approuver le budget de l'ordre, qui avait été rejeté les trois dernières années. Ce budget sera présenté après un « audit transparent », s'est-il engagé. Il a aussi demandé au bâtonnier sortant, Fadi Masri, qui a encore un an de mandat au sein du conseil, d'être présent « à ses côtés ».
« L'indépendance des avocats »
Imad Martinos était arrivé en tête du premier tour avec 3 010 voix, tandis que M. Bazerli avait obtenu 2 778 votes. Six autres membres du conseil ont été élus : Marwan Jabre (PNL, soutenu par les FL, avec 2 559 voix), Maurice Gemayel (Kataëb, 1 996 voix), Nadim Hamadé (indépendant soutenu par les FL et le Parti socialiste progressiste, avec 1 852 voix), Élie Hachache (FL, avec 1 798 voix), Georges Yazbeck (indépendant soutenu par les FL, avec 1 784 voix) et Wajih Massaad (indépendant, sans soutien partisan, avec 1 784 voix). En d'autres termes, cinq parmi les huit membres gagnants étaient soutenus par les FL, tandis que la coalition des autres partis a vu la victoire de deux de ses candidats (Elie Bazerli et Maurice Gemayel). S'y ajoute Wassim Bou Tayeh (CPL) membre suppléant, grâce aux 1. 751 voix récoltées à a la faveur de l'alliance de son parti avec les Kataëb.
Au niveau de la répartition confessionnelle, si Nadim Hamadé, un Druze, rejoint le conseil, les deux avocats sunnites sortants n'ont pas été remplacés par des confrères de la même confession. Aucun Chiite n'a pu obtenir un poste de membre depuis 2013.
Aucune des quatre femmes sur les 20 candidats n'a été élue.
Commentant pour L'Orient-Le Jour son score au premier tour, M. Martinos a estimé que les résultats montrent que les avocats liés aux partis n'ont pas tous suivi les instructions de vote. « C'est le propre de l'indépendance des avocats », s'est-il félicité. L'affluence aux bureaux de vote avait poussé l'ordre à repousser la fermeture des urnes de plus de deux heures.
Forte participation
Selon les chiffres obtenus sur place, 5 293 avocats, sur les 7 700 en règle de leur cotisation, ont déposé un bulletin dans l'urne depuis 11h30. Habituellement, le nombre d'électeurs tournait autour de 4 000, et cette affluence était directement visible dans le palais de justice et ses alentours. De longues files ont été observées toute la journée à l'entrée et devant les 50 urnes installées dans la salle des pas perdus et au premier étage du bâtiment. Selon une électrice, Me Nisrine Ramadan, interrogée lors du premier tour, le grand nombre de votants, supérieur à celui des scrutins précédents, s'explique notamment par les « campagnes » menées ces dernières semaines par les partis politiques.

Les avocats étaient appelés à choisir huit des douze membres du conseil parmi 20 candidats. Les élections portent habituellement sur quatre postes, le conseil composé de douze membres se renouvelant par tiers chaque année. Mais le scrutin ayant été annulé en 2024 en raison de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le double des sièges a été exceptionnellement mis en jeu cette année. Un tirage au sort déterminera ensuite quels gagnants siégeront pour trois ans et lesquels pour deux ans, afin de rétablir le rythme normal du renouvellement par tiers.
Les alliances partisanes
Alors que la campagne a été marquée par des invitations à de luxueux dîners pour convaincre les confrères et consœurs de voter pour les différents candidats, un avocat, Jean Fahed, interrogé par notre publication pendant le premier tour, a déploré ce phénomène, qui est devenu « la base » du vote, au lieu des débats d'idées et des programmes. Il a également regretté la prédominance des alliances « partisanes » dans les élections des ordres. Un avocat ayant requis l'anonymat explique à L'Orient-Le Jour le rôle grandissant des partis, assurant que les jeunes inscrits au barreau sont le plus souvent politisés, contrairement aux générations précédentes où les avocats ne s'engageaient pas aussi fréquemment dans les formations politiques.
Randa Hanna, avocate affiliée CPL, explique pour sa part qu'« il est normal pour un avocat d'avoir un avis ou une sensibilité politique ». « Cela a toujours été le cas au Liban où de nombreuses figures politiques exercent la profession d'avocat », poursuit-elle. Interrogé sur le même sujet, Élie Klimos, membre du conseil de l'ordre, estime que « l'ordre des avocats est celui où la présence des indépendants est la plus forte ». Il relève cependant que « les membres d'un même parti votent généralement en bloc, tandis que les voix des indépendants sont plus dispersées ».
Interrogé sur son appui à la candidature d’Élie Bazerli, le bâtonnier sortant, Fadi Masri, fait savoir que s'il est vrai qu'il est « proche » de M. Bazerli, qui était « à (ses) côtés » lorsqu'il briguait la tête de l'ordre en 2023, il dispose par ailleurs « d'excellentes relations » avec Imad Martinos, principal concurrent face à Élie Bazerli. « Quant aux alliances partisanes en dehors du barreau qui appuient tel ou tel candidat, je n'ai rien a voir avec elles, d'autant que depuis que je suis devenu bâtonnier, je suis le représentant de tous les avocats », assure-t-il.


Une victoire supplémentaire au crédit des FL qui indique clairement la tendance du peuple Libanais dans son ensemble aux prochaines élections parlementaires. Il est impératif que tout le monde participe aux élections, ou qu'ils soit, afin de précipiter les changements nécessaires pour reconstruire le Liban, le débarrasser de la corruption, le baptiser a nouveau Suisse de l'Orient et le remettre sous la lumière de l'excellence qu'il mérite. Il semble que seul les FL en sont capables et le peuple l'a enfin comprit. Rendez vous en Mai 2026 on continue!
13 h 19, le 18 novembre 2025