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Société - Liban

Imad Martinos nouveau bâtonnier de Beyrouth, soutenu par les FL, seules contre tous

Son adversaire, Elie Bazerli, appuyé par une coalition allant des Kataëb au tandem chiite, a obtenu 45% des voix lors d’un scrutin marqué par une participation record.

Imad Martinos nouveau bâtonnier de Beyrouth, soutenu par les FL, seules contre tous

Imad Martinos célébrant son élection à la tête de l'ordre des avocats de Beyrouth, le 16 novembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Au terme d'une journée de vote marquée par un taux de participation record, avec 5.293 avocats électeurs, c'est Imad Martinos, soutenu par les Forces libanaises, qui a été élu dimanche bâtonnier de Beyrouth, succédant à Fadi Masri. M. Martinos était également appuyé par le Parti national libéral (PNL) dont le chef Camille Chamoun, député de Baabda, est membre du bloc parlementaire des FL. Il était opposé au second tour du scrutin à Élie Bazerli, qui bénéficiait de l'appui de la plupart des autres partis libanais traditionnels, dont les Kataëb, le tandem chiite et le courant du Futur, et l'a emporté à 2 416 voix contre 2 042.

Dans son allocution après son élection, Imad Martinos a promis que sous son mandat « le barreau de Beyrouth sera une voix qui ne suivra pas les autres, une voix proactive et non passive. Je serai le bâtonnier de l'action, du don », a-t-il lancé. « Je suis prêt à beaucoup de choses, aidez-moi à les réaliser », a-t-il encore exhorté, annonçant une assemblée générale d'ici deux mois pour approuver le budget de l'ordre, qui avait été rejeté les trois dernières années. Ce budget sera présenté après un « audit transparent », s'est-il engagé. Il a aussi demandé au bâtonnier sortant, Fadi Masri, qui a encore un an de mandat au sein du conseil, d'être présent « à ses côtés ».

« L'indépendance des avocats »

Imad Martinos était arrivé en tête du premier tour avec 3 010 voix, tandis que M. Bazerli avait obtenu 2 778 votes. Six autres membres du conseil ont été élus : Marwan Jabre (PNL, soutenu par les FL, avec 2 559 voix), Maurice Gemayel (Kataëb, 1 996 voix), Nadim Hamadé (indépendant soutenu par les FL et le Parti socialiste progressiste, avec 1 852 voix), Élie Hachache (FL, avec 1 798 voix), Georges Yazbeck (indépendant soutenu par les FL, avec 1 784 voix) et Wajih Massaad (indépendant, sans soutien partisan, avec 1 784 voix). En d'autres termes, cinq parmi les huit membres gagnants étaient soutenus par les FL, tandis que la coalition des autres partis a vu la victoire de deux de ses candidats (Elie Bazerli et Maurice Gemayel). S'y ajoute Wassim Bou Tayeh (CPL) membre suppléant, grâce aux 1. 751 voix récoltées à a la faveur de l'alliance de son parti avec les Kataëb.

Au niveau de la répartition confessionnelle, si Nadim Hamadé, un Druze, rejoint le conseil, les deux avocats sunnites sortants n'ont pas été remplacés par des confrères de la même confession. Aucun Chiite n'a pu obtenir un poste de membre depuis 2013.

Aucune des quatre femmes sur les 20 candidats n'a été élue.

Commentant pour L'Orient-Le Jour son score au premier tour, M. Martinos a estimé que les résultats montrent que les avocats liés aux partis n'ont pas tous suivi les instructions de vote. « C'est le propre de l'indépendance des avocats », s'est-il félicité. L'affluence aux bureaux de vote avait poussé l'ordre à repousser la fermeture des urnes de plus de deux heures.

Forte participation

Selon les chiffres obtenus sur place, 5 293 avocats, sur les 7 700 en règle de leur cotisation, ont déposé un bulletin dans l'urne depuis 11h30. Habituellement, le nombre d'électeurs tournait autour de 4 000, et cette affluence était directement visible dans le palais de justice et ses alentours. De longues files ont été observées toute la journée à l'entrée et devant les 50 urnes installées dans la salle des pas perdus et au premier étage du bâtiment. Selon une électrice, Me Nisrine Ramadan, interrogée lors du premier tour, le grand nombre de votants, supérieur à celui des scrutins précédents, s'explique notamment par les « campagnes » menées ces dernières semaines par les partis politiques.

Affluence dans la salle des pas perdus du palais de Justice de Beyrouth pour les élections de l'ordre des avocats, le 16 novembre 2025. Photo Claude Assaf / L'Orient-Le Jour
Affluence dans la salle des pas perdus du palais de Justice de Beyrouth pour les élections de l'ordre des avocats, le 16 novembre 2025. Photo Claude Assaf / L'Orient-Le Jour

Les avocats étaient appelés à choisir huit des douze membres du conseil parmi 20 candidats. Les élections portent habituellement sur quatre postes, le conseil composé de douze membres se renouvelant par tiers chaque année. Mais le scrutin ayant été annulé en 2024 en raison de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le double des sièges a été exceptionnellement mis en jeu cette année. Un tirage au sort déterminera ensuite quels gagnants siégeront pour trois ans et lesquels pour deux ans, afin de rétablir le rythme normal du renouvellement par tiers.

Les alliances partisanes

Alors que la campagne a été marquée par des invitations à de luxueux dîners pour convaincre les confrères et consœurs de voter pour les différents candidats, un avocat, Jean Fahed, interrogé par notre publication pendant le premier tour, a déploré ce phénomène, qui est devenu « la base » du vote, au lieu des débats d'idées et des programmes. Il a également regretté la prédominance des alliances « partisanes » dans les élections des ordres. Un avocat ayant requis l'anonymat explique à L'Orient-Le Jour le rôle grandissant des partis, assurant que les jeunes inscrits au barreau sont le plus souvent politisés, contrairement aux générations précédentes où les avocats ne s'engageaient pas aussi fréquemment dans les formations politiques.

Randa Hanna, avocate affiliée CPL, explique pour sa part qu'« il est normal pour un avocat d'avoir un avis ou une sensibilité politique ». « Cela a toujours été le cas au Liban où de nombreuses figures politiques exercent la profession d'avocat », poursuit-elle. Interrogé sur le même sujet, Élie Klimos, membre du conseil de l'ordre, estime que « l'ordre des avocats est celui où la présence des indépendants est la plus forte ». Il relève cependant que « les membres d'un même parti votent généralement en bloc, tandis que les voix des indépendants sont plus dispersées ».

Interrogé sur son appui à la candidature d’Élie Bazerli, le bâtonnier sortant, Fadi Masri, fait savoir que s'il est vrai qu'il est « proche » de M. Bazerli, qui était « à (ses) côtés » lorsqu'il briguait la tête de l'ordre en 2023, il dispose par ailleurs « d'excellentes relations » avec Imad Martinos, principal concurrent face à Élie Bazerli. « Quant aux alliances partisanes en dehors du barreau qui appuient tel ou tel candidat, je n'ai rien a voir avec elles, d'autant que depuis que je suis devenu bâtonnier, je suis le représentant de tous les avocats », assure-t-il.

Au terme d'une journée de vote marquée par un taux de participation record, avec 5.293 avocats électeurs, c'est Imad Martinos, soutenu par les Forces libanaises, qui a été élu dimanche bâtonnier de Beyrouth, succédant à Fadi Masri. M. Martinos était également appuyé par le Parti national libéral (PNL) dont le chef Camille Chamoun, député de Baabda, est membre du bloc parlementaire des FL. Il était opposé au second tour du scrutin à Élie Bazerli, qui bénéficiait de l'appui de la plupart des autres partis libanais traditionnels, dont les Kataëb, le tandem chiite et le courant du Futur, et l'a emporté à 2 416 voix contre 2 042.Dans son allocution après son élection, Imad Martinos a promis que sous son mandat « le barreau de Beyrouth sera une voix qui ne suivra pas les autres, une voix proactive et...
commentaires (8)

Une victoire supplémentaire au crédit des FL qui indique clairement la tendance du peuple Libanais dans son ensemble aux prochaines élections parlementaires. Il est impératif que tout le monde participe aux élections, ou qu'ils soit, afin de précipiter les changements nécessaires pour reconstruire le Liban, le débarrasser de la corruption, le baptiser a nouveau Suisse de l'Orient et le remettre sous la lumière de l'excellence qu'il mérite. Il semble que seul les FL en sont capables et le peuple l'a enfin comprit. Rendez vous en Mai 2026 on continue!

Pierre Christo Hadjigeorgiou

13 h 19, le 18 novembre 2025

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Commentaires (8)

  • Une victoire supplémentaire au crédit des FL qui indique clairement la tendance du peuple Libanais dans son ensemble aux prochaines élections parlementaires. Il est impératif que tout le monde participe aux élections, ou qu'ils soit, afin de précipiter les changements nécessaires pour reconstruire le Liban, le débarrasser de la corruption, le baptiser a nouveau Suisse de l'Orient et le remettre sous la lumière de l'excellence qu'il mérite. Il semble que seul les FL en sont capables et le peuple l'a enfin comprit. Rendez vous en Mai 2026 on continue!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    13 h 19, le 18 novembre 2025

  • Il n'y a pas un centimètre carré du sol libanais, d'institution libanaise, ou carrément de Libanais tout court qui ne soit politisé. Zéro neutralité en rien. C'est triste, déprimant, lamentable ; le Liban n'ira jamais mieux.

    Sarah Abboud

    11 h 14, le 17 novembre 2025

  • Les Kataebs ont voté pour un candidat du HB? Et ils viennent nous vendre leur patriotisme et leur volonté du renouveau et du respect de la souveraineté du pays? Honte à vous, comment avez-vous pu envisager une chose pareille sans l’ombre d’une peur de répercutions sur votre parti?

    Sissi zayyat

    11 h 11, le 17 novembre 2025

  • Walaww ? Ya Kateib vous soutenez un candidat soutenu par le Hezb ?? depuis quand !? Visiblement le soutien du HB devient plutôt une malédictions pour les candidats

    Aboumatta

    10 h 41, le 17 novembre 2025

  • C'est signe que les FL peuvent mener la révolution nationale souverainiste seuls contre tous si nécessaire. À commencer par la bataille pour le vote des émigrés: il ne faut pas laisser passer l'échéance de ce jeudi, 20 novembre, date limite de l'enregistrement des émigrés pour voter, sans rien faire pour la prolonger de plusieurs mois. Que les ministres FL menacent de démissionner si le délai n'est pas prolongé, et aux autres souverainistes de rejoindre les FL dans leur combat.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    09 h 52, le 17 novembre 2025

  • La justice, les juges et les avocats ne sont-ils pas sensés être impartiaux, donc neutres et apolitiques par définition? Cherchez l’erreur…

    Gros Gnon

    08 h 12, le 17 novembre 2025

  • On regrette la politisation du barreau, mais c’est devenu malheureusement la règle, comme d’ailleurs dans tous les autres corps de métiers. On notera le courant ascendant et généralisé des candidats soutenus par les FL. Comme quoi s’opposer à la milice illégale et aux alliés qui lui restent, est devenu le point commun de la majorité des Libanais. A juste titre.

    Goraieb Nada

    05 h 21, le 17 novembre 2025

  • Félicitations au nouveau bâtonnier Bravo pour la FL encore une fois de l’avoir soutenu contre tous le reste

    William SEMAAN

    20 h 00, le 16 novembre 2025

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