Les Libanais, un pied dans la vie, l’autre dans la mort
L’histoire d’une Libanaise qui réalise que sa vie dans ce pays, comme celle de tous ses compatriotes, n’était pas une vie. Mais plutôt une succession de moments où il fallait, à chaque fois, toujours, échapper à la mort.
Photo tirée du compte @oldbeiruthlebanon - Crédits Christine Spengler
Beyrouth, quartier Clemenceau. Été 1975. C’est vrai qu’à peine trois mois plus tôt, avait eu lieu le massacre du bus de Aïn el-Remmané que tout le monde avait toutefois préféré classer comme un incident. Oui, « les nouvelles ne sont pas bonnes », s’accordaient à dire depuis ce 13 avril les Libanais de la haute société, tout en mordant dans un sandwich à la langouste autour de la piscine du Phoenicia, sous ce soleil qui rendait tout plus doux, plus flou ou plus fou. Inévitablement, la politique et en tout cas « la situation » s’infiltraient dans les conversations des grands soirs d’été qui continuaient à se jouer, comme si la saison avait ses droits, comme si de rien n’était, au Coral Beach, à l’Excelsior ou au Riviera. Certes, « ça ne sent pas bon » était le leitmotiv de ceux qui se retrouvaient dans les cafés de la rue Hamra et se...
Beyrouth, quartier Clemenceau. Été 1975. C’est vrai qu’à peine trois mois plus tôt, avait eu lieu le massacre du bus de Aïn el-Remmané que tout le monde avait toutefois préféré classer comme un incident. Oui, « les nouvelles ne sont pas bonnes », s’accordaient à dire depuis ce 13 avril les Libanais de la haute société, tout en mordant dans un sandwich à la langouste autour de la piscine du Phoenicia, sous ce soleil qui rendait tout plus doux, plus flou ou plus fou. Inévitablement, la politique et en tout cas « la situation » s’infiltraient dans les conversations des grands soirs d’été qui continuaient à se jouer, comme si la saison avait ses droits, comme si de rien n’était, au Coral Beach, à l’Excelsior ou au Riviera. Certes, « ça ne sent pas bon » était le leitmotiv de ceux qui se...
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