Le ministre Mauro Vieira au cours de sa visite au Liban en mars 2024. Photo Hussam Chbaro
Huit décennies se sont écoulées depuis la création de la Légation du Brésil à Beyrouth, le 13 novembre 1945. Plus qu’une simple commémoration, nous célébrons aujourd’hui un partenariat fondé sur des valeurs et des engagements ancrés dans les sociétés brésilienne et libanaise.
Le Brésil et le Liban sont des nations plurielles et elles en sont fières. Nos peuples sont multiconfessionnels et des affluents de diverses civilisations. Les Brésiliens d’origine libanaise se comptent par millions. Partout au Brésil, de São Paulo à Manaus, de Rio de Janeiro à Foz do Iguaçu, ils ont contribué de manière décisive au développement culturel, économique et politique du pays.
Nous sommes reconnaissants pour l’accueil généreux que le Liban réserve à la communauté d’environ vingt-deux mille Brésiliens qui y résident, dont une majorité de femmes. L’Espace de la femme brésilienne qui va être inauguré ce mois à l’ambassade du Brésil à Beyrouth travaillera en coordination avec les autorités locales et les organisations non gouvernementales pour promouvoir l’autonomie et les droits des ressortissantes brésiliennes.
Le Brésil souhaite la paix pour le Liban, pour le bien de son peuple et du Moyen-Orient dans son ensemble. Nous avons contribué jusqu’à présent avec approximativement quatre mille militaires à la Force intérimaire des Nations unies. Le Brésil comprend que la conclusion des missions de maintien de la paix établies par le Conseil de sécurité, telles que la Finul, doit se conformer strictement à l’exécution de leur mandat et non à des échéances artificiellement fixées. L’occupation continue de vastes parties du territoire libanais par les Forces de défense israéliennes et les violations constantes et graves du cessez-le-feu signé en novembre 2024 sont inacceptables.
Le Liban a payé un prix élevé à l’instabilité régionale. Le Brésil n’a pas hésité à exiger la fin des atrocités dans la bande de Gaza, qui ont déjà coûté la vie à plus de 68 000 Palestiniens. Nous considérons qu’il est impératif que la récente libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens s’accompagne d’un arrêt complet des hostilités et d’une reprise totale de l’aide humanitaire. Pour être durable et légitime, la reconstruction de Gaza doit être placée sous le commandement de l’État palestinien, reconnu par le Brésil en 2010. La solution à deux États est une étape incontournable pour une paix durable au Moyen-Orient.
Le gouvernement brésilien a confiance dans la détermination avec laquelle l’État libanais, sous la direction du président Joseph Aoun, cherche à affirmer son autorité sur l’intégralité du territoire national et à voir la mise en œuvre des mesures qu’il juge nécessaires pour attirer des fonds internationaux et renforcer l’économie libanaise.
Il est encourageant de constater que les échanges bilatéraux ont atteint des niveaux sans précédent ces dernières années, où le Brésil figure déjà comme le plus grand fournisseur de sécurité alimentaire au Liban. Je reconnais l’importance des organismes tels que le Conseil d’hommes d’affaires libano-brésilien, basé à Beyrouth, ainsi que la Chambre de commerce libano-brésilienne et la Chambre de commerce
arabo-brésilienne, dont les sièges sont à São Paulo, dans le renforcement persistant des liens économiques entre les deux pays.
La coopération humanitaire et technique avec le Liban s’intensifie également de jour en jour, avec des projets en cours de réalisation ou d’examen dans les domaines tels que la santé, l’environnement, la défense civile, l’alimentation scolaire, la modélisation des politiques publiques et la sécurité sociale. Le dialogue entre les systèmes universitaires brésilien et libanais est tout aussi prometteur, avec le renouvellement récent des instruments destinés à stimuler la mobilité académique et les échanges en matière de recherche et d’innovation.
Beyrouth accueille, dans le quartier bienveillant d’Achrafieh, l’unique centre dans le monde arabe de l’Institut Guimarães Rosa. Il propose des cours de portugais à plus d’une centaine d’étudiants et une programmation de musique, de danse, de cinéma, de littérature, de photographie et d’arts plastiques inscrite dans le calendrier culturel libanais.
La ville de Tripoli abrite un symbole d’affinité entre les deux nations : la Foire internationale Rachid Karamé, œuvre d’Oscar Niemeyer classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans l’une des villes les plus importantes du Liban sur le plan historique, l’architecte brésilien a idéalisé un véritable hommage à la modernité, comme il l’avait fait à Brasilia.
Rares sont les pays où l’action diplomatique brésilienne trouve autant d’écho dans les tissus sociaux respectifs comme au Liban. C’est un dialogue qui dépasse le domaine public et unit les sociétés. Que ce dialogue puisse être cultivé dans un contexte de paix et de stabilité !
Ministre des Relations extérieures du Brésil
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