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La campagne « Le Littoral pour tous » dénonce les atteintes à la côte et annonce un sit-in

Une vingtaine d’ONG d’environnement et de droits de l’homme s’insurgent contre « le laxisme et la complicité » des ministères concernés.

La campagne « Le Littoral pour tous » dénonce les atteintes à la côte et annonce un sit-in

Les représentants des ONG durant la conférence de presse du mardi 11 novembre 2025 sur la cote beyrouthine. Sur la banderole, on lit le slogan « Le littoral pour tous, pas pour certains ». Photo fournie par la campagne « Le littoral pour tous »

Des dizaines d’ONG regroupées sous la campagne « Le littoral pour tous » ont tenu mardi une conférence de presse sur la corniche de Aïn Mreïssé à Beyrouth pour dénoncer la multiplication des agressions contre le littoral au cours des derniers mois, dans des régions allant du Nord au Sud. La campagne a annoncé un sit-in mardi prochain devant le siège du ministère des Travaux publics et des Transports, ministère de tutelle pour le littoral, à Hazmieh, afin de protester contre ce chaos sur les côtes libanaises.

« Nous avions cru que nous étions passés à une étape d’édification d’un État de droit, mais nous sommes déçus et nous sentons que notre littoral et nos espaces publics ont été abandonnés », a lancé Mohammad Ayoub, président de l’association Nahnoo, en donnant lecture d'un communiqué au nom de la campagne.

Les ONG dénoncent non seulement les agressions contre les biens-fonds publics maritimes sous couvert de projets sur la plage, mais la « marginalisation de ces dossiers dans les couloirs des ministères ». Le communiqué rappelle que « la responsabilité de la protection du littoral retombe principalement sur le ministère des Travaux publics et des Transports ». « Les biens-fonds publics sont, comme leur nom l’indique, la propriété des gens, pas celle du ministère, qui est néanmoins responsable de leur maintenance au nom de la population, et non au nom d’une minorité qui s’arroge le droit d’en profiter », poursuit le texte. Et d’ajouter : « Les ministères concernés ne se sont pas suffi d’ignorer nos requêtes mais ils sont en train d’octroyer des ‘permis de maintenance’ aux contrevenants, qui sont autant de permis déguisés ouvrant la voie à des empiétements sur les biens publics. » 

Devant cet état de fait, les associations revendiquent trois mesures « urgentes » : la révocation des permis de maintenance accordés, le démantèlement des empiétements sur le littoral, notamment les plus récents, et l’annulation de tous les permis d’occupation des biens-fonds publics maritimes.

Du Batroun à Naqoura, des empiétements multiples

Les ONG ont donc décidé de manifester mardi prochain devant le siège du ministère des Travaux publics et des Transports, pour protester contre « le laxisme dans le traitement des empiétements et l’ignorance des requêtes réitérées des activistes ». Elles accusent également le ministère de ne pas demander des comptes aux municipalités récalcitrantes et de devenir « complice » de ces empiétements. Elles rappellent également que le ministère de l’Environnement a une responsabilité dans la protection du littoral (notamment par l’exigence d’études d’impact environnemental).

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Et ces empiétements ne sont pas rares, notamment les plus récents : un complexe balnéaire dans la ville de Batroun (Liban-Nord) qui s’est construit à partir d’une plateforme en bois sans aucun permis conséquent ; un autre dans la même région qui interdit l’accès à la plage ; deux autres complexes à Thoum (également dans le caza de Batroun), l’un sous couvert d’un permis accordé à une « tente » et l’autre dont la construction s’est poursuivie malgré des décisions successives d’arrêt des travaux…

La campagne « Le littoral pour tous » mentionne aussi deux villas de particuliers dans le même cas, l’une à Kfarabida (caza de Batroun) dont la propriétaire refuse d’ouvrir un accès à la plage, et l’autre à Amchit (caza de Jbeil) qui menace une grotte fréquentée par un phoque-moine, une espèce en danger. Au Liban-Sud, à Tyr, un grand projet auquel était mêlée l’armée libanaise a été arrêté de justesse, mais non sans avoir occasionné un impact sur la réserve maritime de la ville. La réserve de Abbassiyé (caza de Tyr) a également été la victime d’un projet en cours de construction. Encore plus au sud, à Naqoura, un projet a été interrompu, mais les empiétements n’ont pas été démantelés.

Des dizaines d’ONG regroupées sous la campagne « Le littoral pour tous » ont tenu mardi une conférence de presse sur la corniche de Aïn Mreïssé à Beyrouth pour dénoncer la multiplication des agressions contre le littoral au cours des derniers mois, dans des régions allant du Nord au Sud. La campagne a annoncé un sit-in mardi prochain devant le siège du ministère des Travaux publics et des Transports, ministère de tutelle pour le littoral, à Hazmieh, afin de protester contre ce chaos sur les côtes libanaises.« Nous avions cru que nous étions passés à une étape d’édification d’un État de droit, mais nous sommes déçus et nous sentons que notre littoral et nos espaces publics ont été abandonnés », a lancé Mohammad Ayoub, président de l’association Nahnoo, en donnant lecture d'un communiqué au...