Un soldat libanais à l’entrée de Deir Mimas, dans le sud du Liban, le 17 février 2025. Photo REUTERS/Emilie Madi
L’armée libanaise a effectué samedi des manœuvres à balles réelles dans le champ de tir de Naqoura, au Liban-Sud. Un entraînement qui survient sur fond d’une montée des tensions à la frontière sud, qui a poussé le président de la République, Joseph Aoun, à appeler l’armée à empêcher toute incursion israélienne sur le territoire libanais. Il intervient aussi alors qu’Israël se montre de plus en plus critique à l’égard de la troupe, l’accusant de ne pas faire assez pour avancer dans le désarmement du Hezbollah. Partant, le timing de ces manœuvres a soulevé des questions.
Pour les experts militaires, il s’agit là d’« un exercice routinier », que la troupe a l’habitude d’effectuer à intervalles plus ou moins réguliers, parfois seule, parfois avec la Force intérimaire des Nations unies (Finul). « Il s’agit d’un exercice militaire isolé qui n’a rien à voir avec ce qui se passe de l’autre côté de la frontière », confirme à L’OLJ une source proche de la Finul, niant tout lien avec la décision du président Aoun. D’ailleurs, celle-ci « est une position de principe sans aucune visée », commente le général à la retraite Khalil Hélou, stratège militaire. Selon lui, si Israël s’est abstenu à ce jour de cibler l’armée libanaise, « c’est tout simplement parce qu’il est retenu par les États-Unis », qui soutiennent, financent et équipent la troupe. « L’équilibre de force n’est pas comparable entre les deux armées. À titre d’exemple, un missile antichar lancé par Israël sur un des blindés de l’armée libanaise – un M48 ou un M62 qui date de 60 ans – coûte bien plus cher que le char (libanais) visé », ajoute l’ex-officier. Il n’y a selon lui aucun message implicite. C’est la cinquième division – postée à Naqoura – qui a effectué l’entraînement. « Donc elle ne peut le faire que sur le lieu de son déploiement », précise encore l’expert pour expliquer le choix du lieu, situé à la frontière entre les deux pays.
L’armée a en outre probablement informé la Finul en amont, qui a dû prévenir les Israéliens, comme le prévoit la procédure en cours. L’institution militaire avait d’ailleurs publié un communiqué à ce sujet, prévenant les citoyens, notamment les pêcheurs, de ne pas s’approcher du champ de tir. D’autant que les tirs étaient dirigés vers la mer. Les municipalités des localités environnantes ont également alerté les habitants.


