De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne à Tayr Debba, dans le caza de Tyr, le 6 novembre 2025. Photo Mahmoud Zayyat/AFP
L’armée libanaise a réfuté les affirmations diffusées par le média israélien Ynet, selon lesquelles elle serait au courant de la construction de nouvelles infrastructures du Hezbollah au sud du Litani. « Ce qui circule dans les médias israéliens est complètement faux et non fondé. Je doute vraiment que le Hezbollah soit encore capable de faire quoi que ce soit », a confié une source militaire libanaise à L’Orient Today.
Pour sa part, la porte-parole de la Finul, Kandice Ardiel, a déclaré à la même publication que « conformément à la résolution 1701, la Finul opère au sud du Litani et se limite à observer et à rendre compte de ce qui s’y passe ». « Depuis le 27 novembre 2024, les Casques bleus n’ont trouvé aucune preuve de la construction de nouvelles infrastructures du Hezbollah au sud du Litani. Depuis cette date, les Casques bleus ont découvert plus de 360 caches d’armes et sites militaires non autorisés, dont aucun ne semble récent. Tous ont été signalés à l'armée libanaise », a-t-elle ajouté.
Ynet a également affirmé que « le Hezbollah s’est adapté à la nouvelle réalité et, tirant les leçons de la dernière guerre, développe des armes simples et peu coûteuses à l’intérieur de la capitale libanaise, comme des drones, que l’armée israélienne aurait du mal à intercepter. Une attaque de l’armée israélienne contre Beyrouth pourrait le déstabiliser, mais pour l’heure, elle ne s’y est pas engagée ».
Le Hezbollah est sorti considérablement affaibli de la guerre qui avait éclaté l’an dernier après plus d’un an d’affrontements transfrontaliers avec Israël, avant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 27 novembre. Malgré cet accord, Israël poursuit ses frappes quasi quotidiennes sur le Liban-Sud et bombarde régulièrement la Békaa.
Vendredi, l’artillerie israélienne a tiré plusieurs obus sur le village de Chihine (Tyr), selon notre correspondant dans le Sud. L’armée israélienne a également touché les abords de Khiam (Marjeyoun) depuis la colline occupée de Tallet Hamames. Un drone israélien a par ailleurs lancé une grenade assourdissante en direction d’un berger à Marj el-Khiam (Marjeyoun), sans faire de blessés.
Toujours selon Ynet, le commandant du front nord de l’armée israélienne, Rafi Milo, a déclaré devant un groupe d'habitants : « Nous ne permettrons pas au Hezbollah de s’établir et de s’organiser à nos frontières, ni de se reconstituer. Nous continuerons à attaquer et à opérer dans la zone de sécurité et en première ligne, comme barrière pour les habitants, et surtout, nous continuerons à surveiller chaque menace que nous voyons et à agir contre elle ».
Le média israélien a ajouté qu’un « plan d’attaque préliminaire » avait été préparé par l’armée de l’air, la direction du renseignement et le commandement nord, dans le cadre d’une opération dite d’« affaiblissement du Hezbollah ». Une telle opération pourrait, selon la même source, être déclenchée soit par une décision politique, soit en cas de modification de l’équilibre actuel si le parti chiite décidait de riposter aux frappes israéliennes.
Ces informations interviennent au lendemain de l’annonce par l’État hébreu de cinq ordres d’évacuation visant cinq villages situés dans quatre cazas du Liban-Sud, suivis d’une série de bombardements d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu de novembre. Comme à son habitude, l’armée israélienne a affirmé cibler des infrastructures du Hezbollah, sans toutefois présenter la moindre preuve à l’appui de ses accusations. Dans son rapport du mois dernier sur les progrès réalisés dans le processus de désarmement du Hezbollah, l’armée libanaise a indiqué que celui-ci était achevé à 80 % au sud du Litani.

