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Diaspora - Événement

La Chambre de commerce franco-libanaise célèbre 75 ans de coopération économique et d’amitié

Une soirée symbolique a réuni à Paris décideurs et entrepreneurs autour d’un même credo : renforcer les liens économiques entre la France et le Liban.

La Chambre de commerce franco-libanaise célèbre 75 ans de coopération économique et d’amitié

Organisateurs, invités d’honneur et lauréats réunis pour la photo de groupe du 75ᵉ anniversaire de la Chambre de commerce franco-libanaise au Cercle de l’Union interalliée. Photo Ammar Abd Rabbo

C’est dans les salons bleu et doré du Cercle de l’Union interalliée que se sont rassemblés jeudi les invités de l’anniversaire des 75 ans de la Chambre de commerce franco-libanaise (CCFL), fondée en 1950 à l’initiative de responsables et d’hommes d’affaires libanais et français de Marseille, avec pour objectif de promouvoir, développer et organiser, à travers une association à but non lucratif, les échanges commerciaux entre la France et le Liban. Parmi les personnalités du monde économique qui se sont succédé à la tête de la Chambre figurent Joseph Khadige, Robert Tabouis, Halim Malhamé, Édouard Saman, Jacques Saadé et Gaby Tamer, aujourd’hui président d’honneur de la CCFL.

Après les hymnes nationaux des deux pays, c’est l’organisatrice de l’événement, Marie-Hélène Hery, directrice de la CCFL, qui a accueilli une assemblée enthousiaste et impliquée dans la symbolique de la célébration. Elle a notamment rappelé que l’anniversaire des 75 ans de la CCFL était l’occasion de célébrer des « réussites partagées ».

Maxence Duault, président de la CCFL , a ensuite souligné qu’il s’agissait de l’une des plus anciennes chambres bilatérales en France, insistant sur « la vitalité et la bienveillance de cette coopération ». Il a évoqué le dynamisme de ses multiples initiatives, qui en font un « outil vivant » et un « lieu de rencontre », avec le souci de « favoriser les échanges, cultiver des opportunités, préserver le patrimoine culturel et aider à la bonne gouvernance des entreprises ».

L’ambassadeur du Liban en France, Rabih el-Chaer, a quant à lui salué « l’esprit d’initiative, d’ouverture et de dialogue » de l’organisme. Il a invité les entrepreneurs à rejoindre la Chambre franco-libanaise et rappelé que cette année, 11 000 étudiants libanais poursuivent leurs études en France. « J’invite la Chambre de commerce à leur accorder toute son attention », a-t-il ajouté. « Le Liban n’a pas besoin de pitié, mais de partenaires », a-t-il conclu avec ferveur.

Les invités du dîner anniversaire des 75 ans de la Chambre de commerce franco-libanaise, réunis dans les salons du Cercle de l’Union interalliée à Paris. Photo Ammar Abd Rabbo
Les invités du dîner anniversaire des 75 ans de la Chambre de commerce franco-libanaise, réunis dans les salons du Cercle de l’Union interalliée à Paris. Photo Ammar Abd Rabbo


Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, s’est ensuite avancé sur l’estrade et a pris la parole avec rigueur et clarté. « Certains trouvent que notre gouvernement n’en a pas assez fait, mais il faut tenir compte de la gravité de la situation dont nous avons hérité », a-t-il précisé, avant d’insister sur le volontarisme de ses collègues autour de trois axes majeurs : la réforme de l’administration publique, celle des finances et la question sécuritaire.

Le public, attentif, a réagi par de vifs applaudissements lorsque le ministre a annoncé le projet d’une loi en faveur du vote des expatriés. Autre perspective porteuse : la rédaction d’une « vision macroéconomique pour le pays, à présenter lors de la conférence Beyrouth I, devant notamment des centaines d’entrepreneurs », a-t-il ajouté, avant de se dire confiant face aux défis de la construction de la paix.

Un orateur invité et six trophées

Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM, était l’invité d’honneur de la soirée. Interrogé par Farid Aractingi, secrétaire général de la Chambre de commerce franco-libanaise de 2018 à 2024, l’entrepreneur a d’emblée encouragé les investissements au Liban, un pays doté selon lui « d’un marché très compétitif et d’une position géographique exceptionnelle ». « En tant que président, je continuerai à investir au Liban », a-t-il ajouté avec assurance. Il a mis l’accent sur la rapidité avec laquelle le Moyen-Orient se développe, et sur le fait qu’il n’est pas problématique que les jeunes Libanais partent étudier à l’étranger. « Mais le but est de revenir », leur a-t-il lancé. Si Saadé a rappelé l’ancrage de CMA CGM à Marseille, où son père s’est installé en 1978 pour fonder son entreprise avec quatre collaborateurs — ils sont 160 000 aujourd’hui —, il a insisté sur la nécessité d’accepter le mouvement. « Il ne faut pas se braquer sur un endroit », a-t-il conseillé. Selon lui, le fait que le groupe soit détenu par une famille constitue une force : « On peut décider très rapidement, car on vit dans un temps long. »

Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM, interrogé par Farid Aractingi, secrétaire général de la Chambre de commerce franco-libanaise. Photo Ammar Abd Rabbo
Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM, interrogé par Farid Aractingi, secrétaire général de la Chambre de commerce franco-libanaise. Photo Ammar Abd Rabbo


L’homme d’affaires s’est ensuite exprimé sur l’importance de « passer par la transformation avec l’IA », avant d’enjoindre au public de garder espoir pour le Liban : « Continuez à croire en ce petit pays qui se trouve au milieu d’un enfer et qui croit qu’il est au paradis. »

Différents invités l’ont ensuite interrogé sur sa rencontre avec Donald Trump, qu’il décrit comme « très élégant, en cravate rose, impressionnant par sa taille et sa présence ». L’entretien de deux heures et demie avec le président américain dans le Bureau ovale fut pour Saadé « une expérience unique ».

Interrogé sur ses investissements dans les médias en France, il a précisé : « Nous ne cherchons pas l’influence, mais un discours nuancé, nourri d’informations avérées, qui invite le public à réfléchir par lui-même. » Avant le dessert aux mandarines, la remise des trophées a été un moment de partage et de fierté, célébrant des success-stories aussi créatives qu’originales.

Rima Abdul Malak remettant le trophée « Arts et culture » à Zeina Saleh Kayali. Photo Ammar Abd Rabbo
Rima Abdul Malak remettant le trophée « Arts et culture » à Zeina Saleh Kayali. Photo Ammar Abd Rabbo


Rima Abdul Malak, directrice de L’Orient-Le Jour et ancienne ministre de la Culture en France, a remis à Zeina Saleh Kayali le trophée Arts et Culture, saluant la richesse et la qualité de ses projets — concerts, livres, conférences et master classes — destinés à faire connaître le patrimoine musical libanais. L’occasion aussi d’évoquer les prochaines dates des Musicales du Liban à Paris.

Pour l’entrepreneuriat social, Léa Moukanas a été récompensée pour son association Aïda, qui améliore le quotidien des jeunes atteints de cancer.

Le trophée Food and Beverage est revenu au glacier Baltis, tandis que la Conserverie des Cinq Océans a reçu le prix de l’industrie. Le volet gastronomique, toujours populaire, a suscité des échanges d’adresses gourmandes tous azimuts.

On se souvient de la pénurie de Doliprane pendant le Covid en France, qui avait donné à Bernard Tannoury l’idée de créer une usine du médicament près de Lyon : Benta, récompensée par le trophée Santé.

Enfin, pour la technique et l’informatique, la société Drapp, qui propose un service innovant de télémédecine, a été primée, représentée par Shyrine Yaghi.

Dans les salons lambrissés régnait une effusion chaleureuse face à une créativité moderne et vivante, portée par des personnalités optimistes et engagées, dans une ambiance festive d’anniversaire.

C’est dans les salons bleu et doré du Cercle de l’Union interalliée que se sont rassemblés jeudi les invités de l’anniversaire des 75 ans de la Chambre de commerce franco-libanaise (CCFL), fondée en 1950 à l’initiative de responsables et d’hommes d’affaires libanais et français de Marseille, avec pour objectif de promouvoir, développer et organiser, à travers une association à but non lucratif, les échanges commerciaux entre la France et le Liban. Parmi les personnalités du monde économique qui se sont succédé à la tête de la Chambre figurent Joseph Khadige, Robert Tabouis, Halim Malhamé, Édouard Saman, Jacques Saadé et Gaby Tamer, aujourd’hui président d’honneur de la CCFL.Après les hymnes nationaux des deux pays, c’est l’organisatrice de l’événement, Marie-Hélène Hery, directrice de la...