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Société - Grève

Dans la rue, les contractuels de l'UL appellent à revoir leur statut : Notre patience a des limites

En grève, les professeurs ont tenu un sit-in devant le rectorat de l'institution publique, à Beyrouth.

Dans la rue, les contractuels de l'UL appellent à revoir leur statut : Notre patience a des limites

Devant le rectorat de l'UL à Beyrouth, les professeurs contractuels réclament leurs droits. "Le dossier des contractuels est une ligne rouge", dit la pancarte qu'ils brandissent. Photo fournie par un manifestant

Les professeurs contractuels de l’Université libanaise qui ont observé un mouvement de grève mercredi et mené un sit-in devant le rectorat de l’institution publique, place du Musée, ont exhorté le chef de l'Etat Joseph Aoun à intervenir en leur faveur, comme il l'avait promis dans son discours d'investiture. Ils ont aussi appelé la ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur, Rima Karamé, ainsi que le recteur de l'UL, Bassam Badran, à régler le dossier des contractuels pour leur accorder le statut de vacataire à plein temps, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Un statut intermédiaire entre leur situation actuelle particulièrement précaire, et celui de professeur cadré. Et ce en « soumettant le dossier au Conseil des ministres pour approbation dans les plus brefs délais ».

Depuis 2014, date à laquelle le dernier dossier d’intégration de contractuels au statut de vacataire à plein temps a été approuvé, l’Université libanaise n’a connu aucun nouveau recrutement à temps plein. Quelque 1500 professeurs sont aujourd’hui candidats au statut de vacataires à plein temps. Le dossier bute sur des considérations d’équilibre confessionnel, le nombre de candidats chiites étant largement supérieur à ceux d’autres communautés religieuses.

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Devant le rectorat de la seule université publique du pays, à Beyrouth, la professeure contractuelle Rola Youssef a lancé un appel au chef de l'Etat. « Nous adressons un appel au président Joseph Aoun, premier protecteur des institutions nationales, qui a affirmé dans son discours de serment, dans sa promesse aux contractuels, sa détermination à mettre fin à leurs souffrances et à préserver l’Université libanaise », a-t-elle souligné. « Nous attendons avec impatience votre intervention décisive et urgente pour reconnaître notre dévouement et lever l’injustice qui nous touche. Cette étape est le moyen naturel de sauver l’université, de préserver sa mission nationale et scientifique, et d’améliorer son rôle de pionnier dans la construction de la nation », a-t-elle ajouté, à l'adresse du chef de l'Etat.

Plus tôt, les contractuels de l'UL avaient adressé un message à la ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur et au recteur de l'université. « Nous vous écrivons aujourd’hui d’un ton ferme et franc, car notre patience a des limites… après onze ans d’humiliation administrative et d’indifférence officielle », a souligné le communiqué. « Le dossier des contractuels est resté dans les tiroirs, comme si nous ne faisions pas partie de cette université », a-t-il dénoncé, énumérant les frustrations des contractuels, « le salaire horaire de deux dollars l’heure durant la crise financière, le traitement indécent, l’insécurité sociale et professionnelle, la discrimination face aux professeurs à plein temps, la solitude durant la pandémie de Covid ».

Les contractuels ne perçoivent ni salaire mensuel, ni indemnités de transport ou de fn de service, ni allocations familiales, pas plus qu'ils ne sont affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale. Alors que l’équivalent du salaire moyen d’un enseignant de l’UL oscille aujourd’hui entre 2000 à 2500 dollars sans compter les allocations et autres avantages, les professeurs contractuels de la seule université publique du pays n’ont perçu, l’an dernier, qu’un salaire horaire équivalent à 25 dollars en moyenne. Avant la crise de 2019 et l’effondrement de la livre, ce salaire horaire atteignait 66 dollars pour l’échelon le plus élevé. « Selon l’échelon, le salaire horaire varie aujourd’hui entre deux millions et deux millions quatre cent mille livres », précisait à L'Orient-Le Jour en octobre le professeur Hicham al-Falou, évoquant « la promesse faite aux contractuels par le recteur de l’UL Bassam Badran de faire évoluer ce salaire à 45 dollars l’heure ».

Face au surplace dans ce dossier, les contractuels appellent enfin la ministre Karamé et le recteur Badran à « prendre leurs responsabilités et à régler le dossier loin de toute considération politique ou confessionnelle ». « L’Université libanaise ne peut plus tolérer la procrastination, ni ses professeurs attendre plus longtemps », insiste le communiqué, rappelant que les contractuels resteront vigilants, afin d’obtenir leurs droits.

Les professeurs contractuels de l’Université libanaise qui ont observé un mouvement de grève mercredi et mené un sit-in devant le rectorat de l’institution publique, place du Musée, ont exhorté le chef de l'Etat Joseph Aoun à intervenir en leur faveur, comme il l'avait promis dans son discours d'investiture. Ils ont aussi appelé la ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur, Rima Karamé, ainsi que le recteur de l'UL, Bassam Badran, à régler le dossier des contractuels pour leur accorder le statut de vacataire à plein temps, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Un statut intermédiaire entre leur situation actuelle particulièrement précaire, et celui de professeur cadré. Et ce en « soumettant le dossier au Conseil des ministres pour approbation dans les plus brefs délais...
commentaires (1)

Les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les croire, surtout dans notre pays et avec nos politiciens qui se valent tous et croient que leurs mensonges peuvent les maintenir au pouvoir. Il y en a un paquet et on se demande comment les libanais continuent à les tolérer malgré leur s effets de nuisance directe sur notre vie au quotidien. Que de promesses non tenues par des politiciens réélus pendant des années successives sans jamais avoir à se justifier sur leur incompétence couronnée d’échecs. Est ce leur faute? C’est à se le demander. Seul un peuple peut tout changer.

Sissi zayyat

18 h 15, le 05 novembre 2025

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Commentaires (1)

  • Les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les croire, surtout dans notre pays et avec nos politiciens qui se valent tous et croient que leurs mensonges peuvent les maintenir au pouvoir. Il y en a un paquet et on se demande comment les libanais continuent à les tolérer malgré leur s effets de nuisance directe sur notre vie au quotidien. Que de promesses non tenues par des politiciens réélus pendant des années successives sans jamais avoir à se justifier sur leur incompétence couronnée d’échecs. Est ce leur faute? C’est à se le demander. Seul un peuple peut tout changer.

    Sissi zayyat

    18 h 15, le 05 novembre 2025

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