Un portrait du président syrien Bachar el-Assad déchiré dans la ville d'Alep, au nord de la Syrie, le 30 novembre 2024. Photo Omar Haj Kadour/AFP
La justice libanaise a reçu lundi une demande officielle de la France sollicitant son aide pour localiser et arrêter d’anciens responsables du régime syrien soupçonnés de se trouver actuellement sur le sol libanais, selon Asharq Al-Awsat.
Une source judiciaire libanaise de haut rang a indiqué au média saoudien que la demande a été adressée au procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar. Celle-ci vise explicitement l’ancien directeur de la Direction du renseignement de l’armée de l’air syrienne, Jamil el-Hassan, l’ancien directeur de la Sécurité nationale, Ali Mamlouk, ou encore l'ancien chef de la branche d'enquête des services de renseignement aérien, Abdelsalam Mahmoud.
Impliqués dans des « incidents ayant entraîné la mort de citoyens français »
Le dossier transmis par la France demande aux autorités libanaises de vérifier si ces responsables se trouvent actuellement dans le pays et, le cas échéant, de les arrêter pour permettre leur transfert vers la France. Cette procédure s’inscrit dans le cadre d’une affaire en cours visant l’ex-président déchu Bachar el-Assad et des membres de son régime, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment dans des incidents ayant entraîné la mort de citoyens français. Selon les documents transmis, trois ressortissants français d’origine syrienne seraient décédés sous la torture alors qu’ils étaient détenus par le renseignement aérien et interrogés par Abdelsalam Mahmoud.
La source précise que le juge Hajjar a chargé la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) de mener les recherches nécessaires. La demande française comporte également des numéros de téléphone libanais qui seraient en contact régulier avec les suspects.
Le Liban avait déjà reçu un avis d’Interpol lui demandant d’exécuter un mandat d’arrêt américain visant Jamil el-Hassan et Ali Mamlouk.
En juillet, la Cour d’appel française avait annulé un mandat d’arrêt émis sept mois plus tôt contre Bachar el-Assad pour complicité de crimes de guerre et contre l’humanité, en référence à l'usage d’armes chimiques interdites contre des civils dans la Ghouta orientale en août 2013 ayant fait plus d’un millier de morts. Ces poursuites avaient été écartées par le tribunal en raison du principe d'immunité devant les tribunaux étrangers dont jouissent les chefs d'État en exercice. Toutefois, le droit international prévoit des exceptions à cette immunité lorsque les chefs d’État en question sont poursuivis pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide. La France faisant partie des pays qui autorisent l’instruction de dossiers de crimes contre l’humanité devant leurs tribunaux, d'autres mandats d'arrêt pourront à l'avenir être émis à l'encontre de l'ancien dictateur maintenant qu'il n'est plus au pouvoir.
De plus, une délégation syrienne menée par le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh s'était rendue le mois dernier à Moscou, et y a officiellement demandé au pouvoir russe d'extrader Bachar el-Assad vers la Syrie pour qu'il puisse y comparaître devant les tribunaux.



Nombre de responsables "securitaires" du regime du boucher de Damas n'ont pas obtenu l'asile "politique" en Russie. Certains, et ce n'est un secret pour personne, vivent tranquillement et luxueusement au Liban. Sous la protection amicale de leurs anciens allies du duopole Hezb/Amal ou d'autres responsables politiques Libanais de toutes confessions.
12 h 54, le 05 novembre 2025