Le président de la République, Joseph Aoun, lors de la conférence sur la coopération judiciaire internationale pour la lutte contre le terrorisme, le 28 octobre 2025. Bureau de presse de la présidence
Le président libanais, Joseph Aoun, a déclaré mardi que le Liban avait « vaincu les terroristes » à chaque fois que ses forces armées et de sécurité y avaient été confrontés, appelant à lutter contre le terrorisme à sa racine « idéologique. »
Dans son discours, prononcé lors de l'ouverture d'une conférence sur la coopération judiciaire internationale pour la lutte contre le terrorisme, le chef de l'État a affirmé que « l’armée libanaise, comme toutes les forces armées du pays, a consenti d’énormes sacrifices face aux terroristes ; nous les avons vaincus à chaque fois. » « Nous les avons battus militairement, sur le plan sécuritaire, mais aussi sur le plan idéologique, culturel et communautaire », a-t-il insisté lors de cet événement, auquel était notamment présent le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit.
Joseph Aoun était commandant en chef de l'armée lors des dernières grandes batailles ayant opposé en 2017 la troupe à des jihadistes, ceux du front al-Nosra (une branche dissidente d'el-Qaëda), qui étaient installés depuis plusieurs années sur les hauteurs de Qaa et Ras Baalbeck, à la frontière avec la Syrie. Ces quelques jours de combat, tout comme ceux ayant opposé peu avant le Hezbollah aux jihadistes de l'État islamique dans l'arrière-pays d'Ersal, s'étaient soldés par l'envoi de combattants vers la Syrie, en échange d'informations sur le lieu où étaient enterrés les dépouilles de soldats libanais tués par les islamistes.
Lutter contre les exécutants et les instigateurs
Soulignant que « rien, absolument rien, ne justifie de s’en prendre à des civils innocents » dans les attaques terroristes, il a relevé l'importance de « connaître » son ennemi, « ses causes, ses racines, ses motivations, ses méthodes et ses moyens », ce qui nécessite des moyens accrus. Evoquant un terrorisme « complexe, avec des groupes agissant à travers plusieurs régions et animés par des idéologies extrémistes », il a appelé à lutter contre les « exécutants » de leurs attaques, mais surtout comme leurs « instigateurs et les idéologues qui les manipulent ». « Il ne s’agit pas seulement de couper le doigt qui appuie sur la gâchette, mais d’éteindre l’idée qui a lavé le cerveau de celui qui croit que commettre une atrocité est un acte vertueux », a-t-il déclaré. M. Aoun a dans ce cadre souligné la « responsabilité morale et intellectuelle des chefs religieux, communautaires et politiques, qui doivent s’opposer à l’extrémisme au sein de leurs propres milieux. »
Le chef de l'État s'est encore félicité des efforts déployés par les pays arabes visant à développer un partenariat judiciaire, sécuritaire et informationnel pour contrer les nouvelles formes de terrorisme, notamment cybernétique et biologique. Il a ensuite plaidé pour une « meilleure institutionnalisation des mécanismes régionaux et internationaux d’échange d’informations, d’entraide judiciaire, d’extradition des suspects et d’exécution des décisions de justice ».
Durant l'été, les services de sécurité libanais avaient multiplié les annonces d'arrestation de cellules soupçonnés de liens avec des groupuscules jihadistes. Des informations sur une potentielle résurgence de la menace jihadiste au Liban avaient alors alimenté la peur d’un retour aux attentats. Pour les milieux hostiles au Hezbollah, le parti chiite chercherait à nourrir un tel climat afin de justifier son refus de se désarmer, au moment où son allié voisin, le régime syrien de Bachar el-Assad, s’était effondré en décembre. Ce dernier a été renversé par une coalition de forces menées par des islamistes, lors d’une offensive éclair menée par Ahmad el-Chareh, l'actuel président syrien par intérim.
Bien que moins présents qu’en Syrie ou en Irak, le groupe État islamique et d'autres mouvements jihadistes ont affronté l'armée libanaise et le Hezbollah au cours de la dernière décennie, principalement dans le nord et l'est du Liban. Ils ont été largement vaincus dans le pays en 2017.



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14 h 06, le 29 octobre 2025