Des étudiants syriens traînent la statue de l'ancien président Hafez al-Assad près du campus de l'université de Damas, dans la capitale syrienne, le 15 décembre 2024. Photo LOUAI BESHARA/AFP
Le coût de la reconstruction de la Syrie, ravagée par une guerre de 13 ans qui a détruit ses infrastructures, pourrait dépasser 216 milliards de dollars, a estimé la Banque mondiale dans un rapport mardi. « Les défis à venir sont immenses, mais la Banque mondiale est prête à travailler aux côtés du peuple syrien et de la communauté internationale pour soutenir la reprise et la reconstruction », a déclaré Jean-Christophe Carret, directeur de la Division Moyen-Orient de la BM.
Selon le rapport, « les coûts de la reconstruction sont estimés à plus de 216 milliards USD (186 milliards d'euros, ndlr) après plus de 13 ans de conflit » qui a « dévasté l'économie syrienne, avec un PIB réel en baisse de près de 53 % entre 2010 et 2022 ». La reconstruction est l'un des principaux défis des nouveaux dirigeants islamistes syriens, qui ont pris le pouvoir en décembre 2024 après avoir renversé Bachar el-Assad. Ils comptent notamment sur les riches monarchies du Golfe pour réhabiliter les infrastructures, et ont déjà signé des accords d'investissement avec plusieurs pays de la région, dont l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.
La répression brutale par Assad d'un soulèvement populaire en 2011 avait dégénéré en une guerre civile qui avait fait plus d'un demi-million de morts, morcelé le pays et fait des millions de réfugiés et de déplacés. La région d'Alep (nord), la province de Damas et celle de Homs (centre), qui ont connu les plus violents combats, sont les plus touchées par les destructions selon le rapport.
« Parmi les catégories évaluées, les infrastructures ont été les plus touchées, représentant 48 % du total des dommages (52 milliards USD), suivies par les bâtiments résidentiels (33 mds USD) et les bâtiments non résidentiels (23 mds USD) », souligne le rapport. La Banque mondiale estime que les coûts de reconstruction seront dix fois supérieurs au PIB projeté de la Syrie pour 2024.
Cité dans le rapport, le ministre syrien des Finances Mohammed Barnieh a estimé qu'il constituait « une base importante pour évaluer l'ampleur des destructions massives et du coût de la reconstruction qui nous attend ». « Aujourd'hui, plus que jamais, il est impératif pour la communauté internationale de mobiliser son soutien et ses partenariats afin d'aider la Syrie (...) », a ajouté le ministre, qui a assisté la semaine dernière à Washington aux réunions annuelles du FMI et de la BM.


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