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Politique - Décryptage

Du Liban à Gaza, un même scénario ?


Le Hezbollah et le Hamas sont-ils sur le même navire ? Au sujet du cessez-le-feu conclu et du dossier de leurs armes respectives, les mouvements tiennent des propos identiques, à quelques nuances près, comme si, du Liban à Gaza, c’était le même scénario qui se mettait en place.

Pourtant, au moment de la signature de l’accord de Charm el-Cheikh, les habitants de Gaza ont exprimé une grande joie, pensant que la guerre était vraiment finie. D’autant plus du fait de la présence de grands responsables internationaux, en tête desquels le président américain Donald Trump. En comparaison, l’accord conclu avec le Liban le 27 novembre 2024 a été annoncé sans grande pompe. Et Israël a poursuivi ses bombardements au Sud et dans la Békaa en particulier.

Toutefois, du fait du flou au sujet de l’interprétation de l’accord au Liban, la question des armes du Hezbollah est devenue le principal sujet d’actualité, immédiatement après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Quelle que soit l’appellation qui lui est donnée, elle figure désormais en tête des priorités libanaises et internationales. Le chef de l’État élu après l’annonce de l’accord en a parlé dans son discours d’investiture, sous le titre du monopole des armes par l’État, et ce thème a été repris dans la déclaration ministérielle du gouvernement présidé par Nawaf Salam. En même temps, de nombreuses parties politiques en font le principal thème de débat. De son côté, le Hezbollah continue d’affirmer que l’accord conclu porte sur la zone au sud du Litani, ajoutant qu’il n’est pas question pour lui de déposer les armes avant l’adoption d’une stratégie de défense nationale. Ces derniers temps, ses déclarations sont encore plus violentes, puisqu’il ne cesse d’affirmer qu’il s’est remis des coups reçus et qu’il est prêt à toutes les éventualités (comprendre : une nouvelle confrontation).

Le Hamas, lui, se garde bien d’être aussi clair, car le texte signé à Charm el-Cheikh est plus précis à ce sujet. Il se contente donc de rappeler qu’il a publié un communiqué dans lequel il a émis des réserves sur le point concernant son désarmement, en précisant qu’il ne remettra ses armes qu’à une autorité nationale en mesure de protéger Gaza. Des négociations à travers les médiateurs qataris et égyptiens devraient reprendre bientôt, mais elles s’annoncent ardues, car de nombreux milieux diplomatiques ont le sentiment que le Hamas cherche à gagner du temps et que, dans son optique, la confrontation avec Israël n’est pas terminée.

C’est d’ailleurs cette même impression que le Hezbollah cherche à donner à sa base populaire, en affirmant qu’il a reconstitué ses forces. Ce qui montre bien que même si les termes utilisés dans les deux accords sont différents, l’esprit et le fond restent les mêmes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, de Gaza au Liban-Sud et à la Békaa, les différents protagonistes considèrent que le même scénario est en préparation.

Est-ce à dire qu’une nouvelle confrontation attend le Liban et Gaza ? Des sources proches du Hamas et du Hezbollah estiment que ce n’est pas forcément le scénario le plus probable. Selon ces sources, le scénario libanais actuel est plus privilégié. Autrement dit, les Israéliens voudraient continuer à frapper là où ils le jugent nécessaire, selon les informations qu’ils reçoivent pour en finir eux-mêmes avec le Hamas. Exactement comme ils le font au Liban, en toute impunité et sans craindre une confrontation plus élargie, sachant que, d’une certaine manière, le cessez-le-feu à Gaza a stoppé le bain de sang qui a terni l’image d’Israël dans le monde.

Les sources précitées laissent toutefois entendre que le contexte libanais est différent de celui de Gaza. C’est vrai qu’en principe, le Hezbollah est bien plus puissant que le Hamas, puisqu’il était en quelque sorte « le fleuron » de « l’axe de la résistance », et il est aussi vrai qu’il est doté d’une large base populaire, mais il a aussi de nombreux adversaires à l’intérieur du pays. Alors que le Hamas est certainement plus fort à Gaza que toutes les autres organisations palestiniennes, en particulier l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Au Liban, le Hezbollah a les mains liées, en raison de la diversité libanaise qui fragilise sa position. De plus, ces derniers temps, il a perdu, de son propre aveu, une partie de ses alliés traditionnels et il cherche à préserver ceux qui restent en continuant à ne pas réagir aux frappes israéliennes.

Mais cela ne signifie pas pour autant que le Hamas a une liberté d’action illimitée. Lui aussi doit tenir compte de sa base et des souffrances de la population de Gaza. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il s’est empressé de déclarer que ce n’est pas sa direction qui a donné l’ordre de l’attaque menée dimanche à Rafah. Finalement, dans les deux cas, en dépit des différences, le scénario le plus probable est le même : un statu quo qui laisse une grande marge de manœuvre aux Israéliens.

Le Hezbollah et le Hamas sont-ils sur le même navire ? Au sujet du cessez-le-feu conclu et du dossier de leurs armes respectives, les mouvements tiennent des propos identiques, à quelques nuances près, comme si, du Liban à Gaza, c’était le même scénario qui se mettait en place. Pourtant, au moment de la signature de l’accord de Charm el-Cheikh, les habitants de Gaza ont exprimé une grande joie, pensant que la guerre était vraiment finie. D’autant plus du fait de la présence de grands responsables internationaux, en tête desquels le président américain Donald Trump. En comparaison, l’accord conclu avec le Liban le 27 novembre 2024 a été annoncé sans grande pompe. Et Israël a poursuivi ses bombardements au Sud et dans la Békaa en particulier. Toutefois, du fait du flou au sujet de l’interprétation de l’accord...
commentaires (1)

Les manoeuvres et autres arrangements ne sont plus de mise. Nombreux sont qui pensent qu’Israël fait sa dernière guerre. Il en a payé le prix cher, fuite humiliante des colons et destructions en masse. Mais au final, le vainqueur c’est lui et visiblement il est contre la résurrection des milices. Il a été imprudemment attaqué et humilié et sa riposte a été foudroyante, et rien n’indique qu’on pourra l’arrêter avant le ramassage total des armes. En attendant il continue la guerre, devenue unilatérale , et qui ne lui coûte pratiquement plus rien. Le temps joue en sa faveur et pas en la nôtre

Goraieb Nada

07 h 28, le 20 octobre 2025

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Commentaires (1)

  • Les manoeuvres et autres arrangements ne sont plus de mise. Nombreux sont qui pensent qu’Israël fait sa dernière guerre. Il en a payé le prix cher, fuite humiliante des colons et destructions en masse. Mais au final, le vainqueur c’est lui et visiblement il est contre la résurrection des milices. Il a été imprudemment attaqué et humilié et sa riposte a été foudroyante, et rien n’indique qu’on pourra l’arrêter avant le ramassage total des armes. En attendant il continue la guerre, devenue unilatérale , et qui ne lui coûte pratiquement plus rien. Le temps joue en sa faveur et pas en la nôtre

    Goraieb Nada

    07 h 28, le 20 octobre 2025

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