Le chef du CPL Gebran Bassil, lors d'une cérémonie à Bruxelles avec des membres du CPL, le 18 octobre 2025. Photo ANI
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, s’est exprimé à Bruxelles, où il est en déplacement, sur le vote des expatriés aux élections législatives prévues au printemps 2026. « Le vote aux législatives et la présentation de la candidature sont des droits acquis aux expatriés dans l’actuelle loi électorale, tout comme d’autres droits qu’il nous faut consolider », a-t-il dit, devant un public qui lui est acquis.
Gebran Bassil se trouve en Belgique pour suivre le travail de sa formation dans ce pays dans la perspective des élections législatives, et il doit se rendre également en France. La loi actuelle prévoit un vote des expatriés pour six députés représentant les différents continents, qui viendraient s’ajouter aux 128 sièges du territoire libanais. Plus de 60 parlementaires ont proposé un amendement de cet article de la loi afin de permettre aux expatriés de voter pour les 128 députés suivant leur lieu d’origine au Liban, une proposition soutenue par les principales organisations d’émigrés libanais. Le CPL et le tandem chiite Amal-Hezbollah font partie des rares blocs qui sont hostiles à cet amendement. Le président du Parlement, Nabih Berry, chef d’Amal, refuse de le mettre à l’ordre du jour, ce qui a provoqué un défaut de quorum à la dernière séance parlementaire.
Pour Gebran Bassil, « il est important que la diaspora ait ses propres députés en vue de légiférer sur des affaires qui la concernent, comme la cherté des billets d’avions vers et du Liban, par exemple ».
Geagea : « Inscrivez-vous en masse ! »
À l’opposé, le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a une nouvelle fois plaidé pour que les expatriés puissent voter, depuis leur pays de résidence, pour les 128 députés de l'Hémicycle, les FL faisant partie des formations politiques qui appellent à l’amendement de la loi actuelle. Ces blocs soupçonnent les autres de craindre une perte de contrôle sur leurs partisans au cas où le vote pour les 128 députés est ouvert aux expatriés.
« Nous insistons pour que les expatriés puissent voter à partir de leurs lieux de résidence, et voilà pourquoi nous avons, dans le cadre d’un bloc de 67 députés, soit la majorité du Parlement, présenté une proposition pour l’amendement de la loi », a rappelé M. Geagea, lors d’une intervention virtuelle avec des expatriés, reprise par l’agence al-Markazia. Il a précisé que cette action serait suivie d’efforts en vue de la présentation d’un projet de loi du gouvernement allant dans le même sens, en vue de l'inscription de ce point à l’ordre du jour du Parlement.
M. Geagea a ainsi demandé aux expatriés de « s’enregistrer en masse pour la participation au scrutin dans leurs pays d’adoption », dont le délai expire le 20 novembre. Il a toutefois reconnu qu'un amendement de la loi actuelle pourrait ne pas avoir lieu et a dans ce contexte plaidé auprès des expatriés pour qu'ils se rendent au Liban et votent dans leur lieu d'origine. « Nous sommes tous capables de payer un billet d’avion pour venir voter au pays », a-t-il dit.
Pour sa part, Ghassan Skaff, député indépendant de Rachaya, a proposé dimanche une solution médiane. Ce compromis vise à « ne plus tenir compte de la circonscription 16 (celle des six députés des expatriés, ndlr), reporter le scrutin de quelques semaines et ouvrir la voie aux expatriés pour venir voter au pays tout en profitant des vacances d’été ».



C'est qui Bassil?
16 h 29, le 20 octobre 2025