Un lot de 12 bouteilles Tannourine. Photo tirée du site Amazon
La société productrice d’eau minérale Tannourine peut à nouveau « produire, embouteiller et distribuer de l’eau potable sur tout le territoire libanais », a annoncé le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, lors d'une conférence de presse samedi 18 octobre. « Nous annonçons la levée de la suspension », a-t-il dit.
Lundi, le ministère avait publié une circulaire annonçant avoir décelé une bactérie dans l’eau en bouteille de la marque Tannourine et avait demandé son retrait provisoire du marché. Une décision contestée le lendemain par le président du conseil d'administration de la société Tannourine, Georges Makhoul, qui a affirmé que des échantillons avaient été prélevés de manière inappropriée. D'autres analyses effectuées par l'Institut de recherche agricole libanais (Iral), relevant du ministère de l'Agriculture, se sont révélées « conformes » aux normes sanitaires, avait annoncé jeudi le ministre Nizar Hani.
Lors de la conférence de presse, M. Nassereddine est revenu sur le déroulement de l'affaire. Il a ainsi déclaré que le ministère de la Santé avait décidé de prélever des échantillons après avoir reçu des plaintes sur les réseaux sociaux concernant un problème lié à l'eau de Tannourine. L'équipe de surveillance épidémiologique a alors prélevé six échantillons sur le marché libanais et les a envoyés à l’hôpital Rafic Hariri. Selon lui, trois de ces échantillons se sont révélés contaminés. « Par la suite, onze échantillons ont été prélevés à l’usine, et les analyses ont montré la présence de la même bactérie dans l’un d’entre eux », détaille-t-il. Des prélèvements ont également été faits dans les réservoirs de l'entreprise. Après ces examens, la production et la distribution de l'eau a été temporairement suspendue par « mesure de précaution ».
Le ministre s'est défendu de tout communautarisme, alors que la décision de son ministère avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, l'accusant de « corruption ». Il a déclaré samedi que « la santé des Libanais ne connaît ni couleur, ni confession, ni appartenance politique et que le ministère de la Santé a toujours été et restera au service de tous les Libanais ».
M. Nassereddine a également tenu à « saluer » le courage du ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, qui avait signé la décision de retrait des eaux Tanourine en tant que ministre de la Santé intérimaire pendant un voyage du ministre titulaire. Il avait été vivement critiqué pour cette décision, avec certaines personnalités et organisations allant jusqu'à reclamer sa démission.
Suite à cette affaire, le ministre Nassereddine a évoqué le projet « d’un laboratoire central épidémiologique et pharmaceutique en cours de mise en place », précisant que « depuis 2015, huit laboratoires de référence sont accrédités sous la supervision de l’Organisation mondiale de la santé ».
Cette affaire a dépassé les frontières du Liban, le ministre qatari de la Santé ayant annoncé mardi avoir « retiré provisoirement des marchés locaux, à titre préventif, les bouteilles d’eau produites au Liban de la marque Tannourine, après avoir pris connaissance de l'annonce du ministère libanais de la Santé concernant une possible contamination d’échantillons prélevés par la bactérie Pseudomonas aeruginosa.



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