Les huit hommes entourent le cheikh druze Sami Abi el-Mona. Photo ANI
Huit ressortissants syriens druzes de la province de Soueida, arrêtés en Égypte il y a tout juste un mois, sont arrivés à Beyrouth jeudi après-midi, après avoir été libérés par la justice égyptienne mercredi à l’aube. Une libération rendue possible grâce à « la médiation » conjointe du cheikh Akl druze Sami Abi el-Mouna, du leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, du député du PSP Hadi Abou el-Hosn et de l’ambassadeur d’Égypte au Liban Alaa’ Moussa, rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Le site en ligne d'actualités de Soueida Rased.org rapportait mi-septembre que « selon des sources médiatiques, leur arrestation est liée à des motifs politiques », dont des « accusations de relations avec des parties étrangères, mais sans explication officielle égyptienne ». Il ajoutait que parmi les huit ex-détenus figurent « trois activistes ».
Des affrontements à caractère communautaire ont éclaté en juillet dernier à Soueida en Syrie entre des clans sunnites de la région, aidés par des combattants du régime d'Ahmad el-Chareh, et des druzes de Soueida. Ces affrontements avaient fait des milliers de morts. Le 16 septembre, Damas avait annoncé la création d'un poste de « chef de la sécurité intérieure » pour la ville, confié à un chef druze local, dans une tentative d'apaiser les tensions.
Arrêtés pour une « occasion sociale »
Selon le député Hadi Abou el-Hosn, les huit hommes qui avaient trouvé refuge en Égypte avec leurs familles depuis les affrontements « s’étaient retrouvés pour une occasion sociale ». « Le pouvoir égyptien, qui est en droit de refuser de telles rencontres, les a alors convoqués » et arrêtés, observe l’élu. Rapidement informées par les familles des détenus, les instances druzes du Liban ont alors usé de diplomatie, explique-t-il encore. Le cheikh Sami Abi el-Mona a entrepris des démarches avec le soutien de Walid Joumblatt et de Hadi Abou el-Hosn, auprès de l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, lequel a aussitôt réagi.
« Libres de tout soupçon, les huit hommes ont été sortis de prison mercredi à l’aube, mais maintenus en détention jusqu’à ce qu’ils prennent l’avion pour Beyrouth », précise M. Abou el-Hosn, ajoutant que ces personnes « n'étaient plus autorisées à rester en Égypte ». « D’ici à leur retour en Syrie, ils ont obtenu l’autorisation de la Sûreté générale de rester au Liban », affirme le député. « Les habitants de Soueida paient le prix de la mauvaise gouvernance en Syrie. Ils sont innocents », regrette-t-il.
À leur arrivée à l'aéroport de Beyrouth, les huit hommes se sont rendus à la Maison druze à Verdun, où ils ont été reçus par le cheikh Sami Abi el-Mona.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine