Le président de la commission parlementaire des Finances, le député Ibrahim Kanaan et le directeur exécutif de la Banque mondiale, Abdelaziz el-Mulla, à Washington cette semaine. Photo diffusée par l'Ani le 16 octobre 2025
Le président de la commission parlementaire des Finances, le député Ibrahim Kanaan (ex-Courant patriotique libre), a assuré que le plan de répartition des pertes que prépare le gouvernement de Nawaf Salam avait reçu une « adhésion de principe » du Fonds monétaire international (FMI), qui considère ce projet de loi comme l’un des principaux prérequis à un accord préliminaire pouvant permettre au Liban de souscrire à un programme d’assistance financière à court ou moyen terme. Il s’exprimait depuis Washington, où il a participé aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, parallèlement à la délégation libanaise menée par le ministre des Finances Yassine Jaber, également présente sur place.
« La loi sur l’écart financier (un anglicisme traduisant le terme gap law, NDLR) et la restitution des dépôts, fruit de plusieurs années d’efforts, figurent désormais sur la table du FMI, qui y a adhéré en principe, ce qui facilitera à l’avenir la mise en place de mécanismes concrets pour la restitution des dépôts bancaires gelés par le secteur depuis le début de la crise qui a éclaté en 2019 », a-t-il plus précisément déclaré.
Les détails de ce projet de loi n’ont pas encore été dévoilés au public. Il reste que, sur le plan de la répartition des pertes financières du pays, le FMI a répété à plusieurs reprises qu’il ne fera aucune concession sur le principe de la hiérarchie des responsabilités, et demande à ce que les actionnaires des banques soient mis à contribution avant que ne soient ponctionnés les dépôts. Le FMI, qui n’exclut pas que l’État soit également mis à contribution, considère que la priorité d’un tel plan doit être de protéger les petits déposants, tout en jugeant difficile de ne pas ponctionner une partie des grands dépôts, compte tenu de l’ampleur des pertes financières du pays par rapport aux revenus qu’il est capable de générer pour se renflouer.
Mais de nombreux députés, dont Ibrahim Kanaan, refusent d’envisager le moindre « haircut », tandis que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, qui accompagne Yassine Jaber à Washington, préconise pour sa part de réduire le déficit de la BDL d’environ 30 milliards de dollars grâce à l’élimination des créances irrégulières, c’est-à-dire des dépôts qui auraient été constitués de manière illégitime selon certains critères – mais pas illégalement. Une autre solution que le FMI considère contraire aux standards internationaux.
Pour l’heure, aucun écho officiel n’a filtré de Washington, où la délégation libanaise s’est rendue sans grand espoir de faire avancer le train des réformes, au ralenti depuis avril dernier.
Selon le communiqué publié par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), Ibrahim Kanaan a rencontré le directeur exécutif de la Banque mondiale, Abdelaziz el-Mulla, pour une discussion centrée sur les différents projets dans les tuyaux de l’organisation visant à financer la réhabilitation des infrastructures du pays, affaiblies par des années de crise et de mauvaise gestion, et parfois détruites par la guerre entre le Hezbollah et Israël. Le député s’est aussi entretenu avec le chef de mission du FMI pour le Liban, Ernesto Ramirez Rigo, pour une réunion qu’il a qualifiée de « positive et constructive ». Il s’est également rendu au département du Trésor américain, où il a rencontré la sous-secrétaire adjointe au Trésor, Maïda Fornia.
Parmi les autres déclarations relayées par l'Ani, Ibrahim Kanaan a déclaré que « l’intérêt américain pour le Liban est manifeste, et nous savons tous combien ce rôle est influent, dans un contexte marqué par une présence américaine sans précédent dans la région et dans le monde ». Il a aussi estimé que « sur le plan politique, il est nécessaire de restaurer la confiance envers le Liban à travers le soutien au projet de construction de l’État », ajoutant avoir « perçu une appréciation américaine pour le rôle joué par le président de la République Joseph Aoun et le gouvernement ».


comme de bien entendu, ON a omis ( medias inclus ) mentionner les contradictions que le FMI -comme surement d'autres instances - a entendues de la part des qqs heros comptables nationaux. comme quoi, ON n'a encore pas appris que la desunion ne passe pas .
10 h 12, le 17 octobre 2025