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Campus - Initiative

COPE for Hope, la LAU au service des jeunes de Baalbeck

Une équipe de professeures a initié une intervention psycho-éducative auprès d’adolescents de la région, axée sur leur santé mentale et physique.

COPE for Hope, la LAU au service des jeunes de Baalbeck

Pour sa première intervention en zone rurale au Liban, le programme mondial COPE a touché des élèves, filles et garçons, de trois écoles privées de Baalbeck, toutes confessions confondues. Photo LAU

Ils étaient une centaine, entre 14 et 17 ans, à participer aux sept sessions organisées dans le cadre de l’initiative COPE for Hope, par Myriam el-Khoury Malhame et Nadine Zeeni, professeures associées à la School of Arts and Sciences (SoAS), ainsi que Rita Doumit, professeure associée à l’Alice Ramez Chagoury School of Nursing de l’Université libano-américaine (LAU). Pour cette première intervention de ce genre dans une zone rurale au Liban, filles et garçons originaires de la région de Baalbeck, toutes confessions confondues, venant de trois écoles privées, ont bénéficié du programme mondialement reconnu, COPE (Creating Opportunities for Personal Empowerment – Créer des opportunités pour l’autonomisation personnelle).

Basé sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), son objectif est de fournir aux jeunes participants des outils leur permettant de gérer leurs émotions, de réduire les pensées négatives et de développer des comportements sains, face à des frustrations ou des situations stressantes qu’ils pourraient rencontrer à tout moment dans leur vie. « L’idée est d’apprendre aux participants de reprendre le contrôle sur leurs réactions, en se basant sur l’interaction entre les idées, les émotions et les comportements, piliers de la TCC. On leur enseigne aussi comment restructurer leurs pensées pour les rendre plus positives, malgré un vécu difficile », affirme Myriam el-Khoury Malhame. Programme de prévention plutôt que véritable thérapie, COPE permet l’apprentissage d’un système de pensée valorisant et stimulant.

Financée par le Fonds interne de recherche du président de la LAU (President’s Intramural Research Fund) et clôturée au début de l’été, l’intervention à Baalbeck a visé « à donner aux adolescents, vivant en dehors des zones urbaines et qui n’ont pas forcément accès à ce genre de ressources, les outils pour s’épanouir et surmonter les difficultés », explique Myriam el-Khoury Malhame. L’objectif de cette intervention est double. Il s’agit d’une part, au niveau personnel, « d’apprendre à gérer ses émotions, qu’il s’agisse d’anxiété ou autre, et, d’autre part, au niveau relationnel, d’apprendre à communiquer d’une façon plus positive et paisible, que ce soit avec leurs parents, leurs amis ou leurs enseignants », poursuit-elle. Le bien-être mental et la santé physique étant interdépendants, il était également essentiel d’inclure dans les sessions des outils leur permettant d’améliorer leur hygiène de vie, notamment le sommeil et la nutrition.

Mise en pratique des techniques apprises

Pour l’intervention à Baalbeck, les professeures de la LAU ont adapté le programme COPE au contexte culturel de la région, avant de former des psychologues locales qui ont dispensé les sessions, en se basant sur des exemples concrets, issus du vécu des jeunes participants. « On apprend mieux lorsqu’on travaille sur des situations pratiques de la vie de tous les jours. Nous avons donc demandé à chacun de s’exprimer sur son déclencheur émotionnel, sur ce qui l’angoisse. Ceci varie d’une personne à l’autre. Il n’y a donc pas un outil qui fonctionne pour tout le monde », précise Myriam el-Khoury Malhame. Entre techniques de méditation, de gratitude ou autres, chacun s’essaie à ce qui lui convient, parmi les outils appris lors des sessions. Pour inciter les jeunes à pratiquer ces techniques et consolider leur utilisation quotidienne, les thérapeutes leur ont demandé de les intégrer à des moments donnés de leur journée, comme leur rituel du matin ou du soir, avant d’aller à l’école ou aussi avant de répondre à leurs parents, lorsqu’ils sont pris d’une forte émotion. Il s’agit aussi de programmer des alarmes et des rappels sur leur téléphone. De même, avant d’ouvrir les réseaux sociaux, il est essentiel de se répéter une affirmation positive pour renforcer son estime de soi, afin de pouvoir affronter les contenus toxiques. « Grâce aux devoirs qu’ils doivent travailler en cours de semaine pour les présenter à la séance qui suit, nous effectuons une évaluation pour ajuster les techniques et leur mise en pratique », affirme la professeure associée et chercheure.

Par ailleurs, le programme COPE for Hope cible les besoins des adolescents, tels que celui d’affirmer son identité, ainsi que les difficultés relatives à cette tranche d’âge, comme les relations conflictuelles avec les proches, le manque d’estime de soi et le harcèlement. En parallèle, les sessions se déroulant avec, comme toile de fond, une crise économique et sécuritaire constante, « il était essentiel d’aborder des techniques pour gérer des traumas qui s’étaient réveillés, ainsi que des angoisses continues », note Myriam el-Khoury Malhame. Après l’offensive israélienne ayant ciblé des civils, la professeure associée souligne, d’ailleurs, que certains parmi les participants avaient perdu des proches et que quelques-uns ont exprimé, lors d’entretiens individuels proposés en fin de séance, le désir de mourir. « Ce désir est perçu non pas comme un suicide, mais plutôt comme le souhait de rejoindre leurs bien-aimés qui leur manquent », ajoute-t-elle, avant d’indiquer que, lors des sessions, les adolescents ont appris « comment redonner sens à leurs actions ».

Un modèle d’intervention que les étudiants reprendront

En termes de besoins également, d’après leur évaluation qualitative de l’intervention, les adolescents ont confié avoir retrouvé dans les sessions, un espace où ils pouvaient s’exprimer librement, « un espace dont ils manquaient, où on les entend sans les juger et où on considère leurs besoins comme prioritaires », rapporte la professeure associée. Celle-ci rappelle qu’à la suite des multiples crises, ils ont vu leurs parents accablés par le poids de la vie et, par conséquent, ils ont considéré leurs besoins comme futiles. « Lorsqu’ils ont assisté aux sessions, ils ont compris qu’ils éprouvaient tous les mêmes soucis, et que ceux-ci sont bien valides », poursuit-elle, affirmant que « cela a créé un sentiment de solidarité entre eux ».

En parallèle, lorsque les initiatrices de l’intervention COPE for Hope ont évalué son impact, elles ont réalisé que « ce modèle est durable. Même avec une fréquence de seulement une heure par semaine, on a pu mesurer l’impact positif des sessions, en comparant les taux d’anxiété, de dépression, de traumas et de bien-être, avant et après l’intervention, annonce Myriam el-Khoury Malhame. Les symptômes traumatiques ont diminué énormément ». Alors qu’au début, les adolescents se sentaient impuissants face à la violence, l’injustice ou leurs soucis quotidiens, ils ont réussi à gérer les effets néfastes de leurs traumas, après avoir appris à contrôler leurs émotions. « C’est un modèle que les écoles et les institutions publiques peuvent facilement appliquer », suggère-t-elle.

Six mois après la fin de cette intervention, les thérapeutes effectueront une autre évaluation pour vérifier si les résultats se maintiennent, en rencontrant les participants, mais aussi leur entourage familial et éducatif. Par ailleurs, la professeure associée et chercheure révèle qu’une fois les résultats de l’étude publiés officiellement, l’équipe compte demander des financements plus importants afin de pouvoir établir un système permanent. « Ceci nous permettra de former nos étudiants en psychologie et en éducation au COPE, pour que à leur tour ils puissent offrir des interventions dans des écoles, dans le cadre de leur stage obligatoire », souligne-t-elle, ajoutant que l’initiative est actuellement en discussion avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur dont le rôle serait d’assurer le contact avec les écoles. « Lorsqu’on couple le travail académique à l’activité pratique, on devient capable d’attirer des fonds et de les canaliser au service des communautés, au lieu d’effectuer nos recherches, cloîtrés dans nos bureaux », rappelle Myriam el-Khoury Malhame.

Ils étaient une centaine, entre 14 et 17 ans, à participer aux sept sessions organisées dans le cadre de l’initiative COPE for Hope, par Myriam el-Khoury Malhame et Nadine Zeeni, professeures associées à la School of Arts and Sciences (SoAS), ainsi que Rita Doumit, professeure associée à l’Alice Ramez Chagoury School of Nursing de l’Université libano-américaine (LAU). Pour cette première intervention de ce genre dans une zone rurale au Liban, filles et garçons originaires de la région de Baalbeck, toutes confessions confondues, venant de trois écoles privées, ont bénéficié du programme mondialement reconnu, COPE (Creating Opportunities for Personal Empowerment – Créer des opportunités pour l’autonomisation personnelle).Basé sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), son objectif est de fournir aux...
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