Les Libanais, malgré leurs différences, partagent une certitude : le pays s’asphyxie.
L’économie s’effondre, les institutions se disloquent, la jeunesse s’exile et l’État se vide de son autorité.
Au cœur de ce déclin, un facteur demeure tabou mais essentiel : la présence d’une arme hors du contrôle de l’État, celle du Hezbollah, devenue symbole non de résistance, mais de domination.
Tout citoyen a le droit de poser la question : pourquoi une seule faction détient-elle un privilège que la loi refuse à tous les autres ?
Pourquoi parle-t-on d’égalité et de souveraineté alors que la République vit sous tutelle armée ?
Les dirigeants du Hezbollah affirment, avec assurance, avoir libéré le sud du Liban et protégé la nation de l’ennemi israélien. Mais la réalité contredit ces récits héroïques.
Depuis des années, ce même arsenal n’a libéré aucune terre ; il a surtout enchaîné l’État et plongé le Liban dans des conflits régionaux dictés par des puissances étrangères.
La Palestine est toujours sous occupation, la Syrie et le Yémen sous les bombes, et le Liban n’est plus qu’un pion sur l’échiquier iranien.
Cette arme, censée défendre le pays, s’est transformée en outil d’intimidation intérieure.
Elle muselle les voix, bloque la justice et engendre la peur.
Aucun État ne peut survivre avec deux armées et une seule Constitution bafouée.
Le monopole de la force est le fondement de toute souveraineté ; qui le conteste, conteste la nation elle-même.
Le Hezbollah, aujourd’hui, ne défend pas le Liban, il défend les intérêts de Téhéran.
Il agit comme un ambassadeur armé d’une république étrangère, utilisant notre territoire comme champ de bataille pour d’autres causes.
Pendant que le peuple s’appauvrit, les milliards se dissipent en missiles, drones et slogans sur « la libération de Jérusalem ».
La vraie résistance, celle que l’histoire honore, est un acte national, pas un mandat idéologique. Lorsqu’elle outrepasse la loi et nie la souveraineté, elle cesse d’être une vertu pour devenir une trahison. Une résistance qui effraie son peuple n’en est plus une : c’est une usurpation.
Le salut du Liban ne viendra ni des armes ni des slogans, mais du courage de restaurer l’État. L’armée doit redevenir la seule détentrice de la force, la justice son seul bouclier. Et le Hezbollah, s’il veut rester un acteur national, doit choisir entre la logique de la République et celle des milices.
Le Liban n’a pas vocation à être une base, mais un message. Celui d’un pays libre, digne, maître de son destin. Que le seul drapeau qu’on y brandisse soit celui du cèdre – et que la seule arme légitime soit la parole du droit.
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