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Société - Rapport

Près de 18 % des Libanais souffrent d’insécurité alimentaire, selon le PAM

L’impact humanitaire s’est aggravé avec la forte diminution des financements, la couverture de l’aide alimentaire ayant reculé d’environ 45 % entre 2024 et 2025.

Près de 18 % des Libanais souffrent d’insécurité alimentaire, selon le PAM

Une femme préparant des plats à base de légumes. Photo d’illustration Hadi Bou Ayash/FAO Liban

La situation de l’insécurité alimentaire au Liban s’aggrave à nouveau, selon un rapport publié ce mois-ci par le Programme alimentaire mondial (PAM), organisme relevant des Nations unies. Le document révèle que 18 % de la population libanaise – soit environ 700 000 personnes – souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire, contre 15 % en juin 2025.

Ce rapport d’une dizaine de pages met en lumière comment l’inflation, la stagnation économique et les chocs successifs depuis 2019 ont érodé le pouvoir d’achat des Libanais comme des réfugiés syriens. Depuis cette date, les prix alimentaires ont été multipliés par 64, tandis que le coût des autres biens essentiels a été multiplié par 36, provoquant ce que le PAM décrit comme « une érosion durable des moyens de subsistance ». La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah a encore approfondi la pauvreté et l’endettement des ménages libanais, notamment dans les zones rurales et touchées par le conflit.

« L’insécurité alimentaire et la pauvreté croissante demeurent des problèmes majeurs au Liban », déclare le directeur du PAM au Liban, Matthew Hollingworth, à L’Orient-Le Jour. Il précise qu’environ un quart des habitants du pays sont confrontés à une forme de crise alimentaire, en particulier dans les régions périphériques comme la Békaa, le Sud et le Akkar. Selon lui, l’organisme « fait des efforts considérables pour étirer chaque dollar » et continuer à répondre aux besoins essentiels « tout en préservant la dignité des personnes », malgré la forte baisse des financements.

Des disparités régionales marquées

Le rapport identifie le Akkar et Baalbeck-Hermel comme étant les régions les plus touchées, où un Libanais sur quatre peine à se nourrir. Ils sont suivis par le Liban-Sud-Nabatiyé et le caza de Minié-Denniyé (environ 20 %), tandis que les autres régions affichent des taux proches de 10 %. M. Hollingworth a souligné que ces disparités reflètent non seulement la géographie, mais aussi « la marginalisation structurelle de certaines régions périphériques, où les opportunités économiques demeurent limitées depuis des années ». Selon lui, les opérations du PAM se concentrent désormais sur les zones frontalières et rurales, « là où la vulnérabilité est la plus élevée ».

Le panier de dépenses minimales (MEB) – représentant le coût mensuel des biens essentiels pour une famille de cinq personnes – a augmenté de 21 % en 2025, atteignant 622 dollars, tandis que le panier de survie (SMEB), couvrant les besoins les plus élémentaires pour survivre, a grimpé de 19 %, à 494 dollars. Entre le premier et le deuxième trimestre de 2025, l’inflation a dépassé 7 %, confirmant la poursuite de l’érosion du pouvoir d’achat.

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Le système d’assistance au Liban reste « un patchwork » de bases de données et de critères d’éligibilité qui se chevauchent. Alors que les fonds humanitaires se raréfient, des milliers de familles vulnérables passent à travers les mailles du filet – certaines reçoivent une aide doublée, d’autres aucune. Pour remédier à cette fragmentation, le ministère des Affaires sociales a tenté de centraliser l’aide via une plateforme d’enregistrement unifiée, censée devenir la référence pour tous les acteurs humanitaires. Mais l’absence d’un système de données intégré et de protocoles d’accès clairs a freiné sa mise en œuvre, provoquant retards et exclusions.

M. Hollingworth indique que le PAM « soutient les systèmes du gouvernement libanais afin qu’ils puissent mieux répondre aux besoins des communautés », en partenariat avec le ministère – récemment renommé ministère du Développement social –, et la transformation du Programme national de ciblage de la pauvreté (NPTP) en programme « Aman ». Il a également cité la collaboration avec le ministère de l’Éducation, à travers des repas et des cuisines scolaires, pour aider les enfants libanais et non libanais dans les écoles publiques. « Nous faisons tout pour qu’aucune famille, libanaise ou réfugiée, ne soit laissée pour compte », ajoute-t-il.

Chocs du conflit et baisse des financements

Selon la classification IPC (classification intégrée des phases) de l’insécurité alimentaire aiguë (avril-octobre 2025), environ 1,2 million de personnes au Liban – Libanais, réfugiés syriens et palestiniens – demeurent en situation de crise (phase 3) ou pire. Malgré le cessez-le-feu de novembre 2024, le conflit de 2023-2024 a provoqué destructions, déplacements et pertes agricoles estimées à 704 millions de dollars.

L’impact humanitaire s’est aggravé avec la forte diminution des financements, la couverture de l’aide alimentaire ayant reculé d’environ 45 % entre 2024 et 2025. Le PAM a pu assister 165 000 Libanais vulnérables cette année, soit une baisse de 40 %, en plus de 300 000 personnes affectées par le conflit, aidées en espèces ou en nature. « Les financements se raréfient à l’échelle mondiale, reconnaît M. Hollingworth, mais nous faisons tout notre possible pour maintenir les lignes de vie les plus essentielles. »

La situation de l’insécurité alimentaire au Liban s’aggrave à nouveau, selon un rapport publié ce mois-ci par le Programme alimentaire mondial (PAM), organisme relevant des Nations unies. Le document révèle que 18 % de la population libanaise – soit environ 700 000 personnes – souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire, contre 15 % en juin 2025.Ce rapport d’une dizaine de pages met en lumière comment l’inflation, la stagnation économique et les chocs successifs depuis 2019 ont érodé le pouvoir d’achat des Libanais comme des réfugiés syriens. Depuis cette date, les prix alimentaires ont été multipliés par 64, tandis que le coût des autres biens essentiels a été multiplié par 36, provoquant ce que le PAM décrit comme « une érosion durable des moyens de subsistance ». La dernière guerre entre...
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