Des véhicules détruits dans des frappes israéliennes à Msayleh au Liban-Sud, le 11 octobre 2025. Photo Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé samedi matin les frappes massives survenues quelques heures plus tôt sur un site sur lequel étaient stockés des engins de chantier au Liban-Sud, estimant qu'elles soulèvent plusieurs « défis » pour le Liban et la communauté internationale.
« Une fois de plus, le Liban-Sud est la cible d'une agression israélienne flagrante contre des installations civiles, sans motif ni même prétexte », a dénoncé le chef de l'Etat dans un message posté sur le compte de la présidence sur X. Il a estimé que ces frappes sont d'autant plus graves qu'elles surviennent « après l’accord de cessez-le-feu à Gaza, et l'approbation par les Palestiniens du mécanisme prévu par cet accord pour limiter les armes et les rendre hors d’usage. »
« Défis fondamentaux »
Selon lui, cette situation confronte les Libanais et la communauté internationale, à des « défis fondamentaux », en tête desquels la question de savoir « si certains cherchent à compenser » la guerre à Gaza en se tournant vers le Liban, pour poursuivre une stratégie politique basée sur « le feu et la mort ».
Dans ce qui a en outre semblé être un appel au Hezbollah, il a encore appelé à « soutenir le Liban » en respectant les modalités de la trêve, « qui a été acceptée par toutes les parties », estimant que cela releve du « bon sens et de la justice la plus élémentaire puisque le Liban a été entraîné dans la guerre de Gaza sous le slogan du soutien » au Hamas. Le 8 octobre 2023, le Hezbollah avait ouvert ce qu'il a appelé un « Front de soutien » au lendemain du 7-Octobre. « Notre responsabilité envers tout le peuple libanais et sur l’ensemble de son territoire nous impose de soulever ces défis — et non de nous contenter d’une condamnation, aussi légitime soit-elle, d’une agression manifeste », a-t-il ajouté.
Une frappe « contre tout le Liban »
Dans un communiqué, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui a une résidence à quelques centaines de mètres du site visé, a pour sa part souligné que les bombardements israéliens de la nuit sur Msayleh, « ne changeront en rien nos convictions et nos principes, ni ceux de notre peuple, qui, une fois de plus, paie de sa vie, de ses maisons et de ses moyens de subsistance le prix de son attachement à sa terre et à son droit légitime à une vie digne ».
« Comme à chaque fois, il ne s'agit pas d'une agression contre Msayleh, ses habitants et les propriétaires d'industries qui s'y trouvent, mais d'une agression contre le Liban et tous ses habitants », a-t-il ajouté, appelant à l'unité des Libanais face à ces attaques.


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