La militante libano-française, Liban Tabbal, avec un groupe de manifestants venus la saluer. Photo ANI
Lina Tabbal, une Libano-Française arrêtée le 2 octobre par l’armée israélienne alors qu’elle faisait partie des passagers de la « Flottille de la liberté » lancée pour tenter de briser le blocus naval imposé par Israël à la bande de Gaza, a pris part vendredi à une manifestation de soutien à l'enclave palestinienne à Tripoli, ville dont elle est originaire, rapporte notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak.
Connue dans la grande ville du Liban-Nord pour son engagement en faveur du peuple palestinien, la militante a été accueillie par une foule de manifestants sur la place al-Nour, rassemblés pour célébrer la trêve à Gaza et exprimer leur solidarité avec les Palestiniens.
Sur son compte X, Lina Tabbal avait activement documenté la préparation et le départ de la flottille, publiant ses messages en arabe et en anglais. Elle y partageait images, mises à jour et commentaires juridiques en soutien à la mission à laquelle participait la militante écologiste suédoise, Greta Thunberg. Elle a notamment publié des photos et des vidéos d’elle brandissant le drapeau libanais à bord de la flottille.
Dans une vidéo publiée le jour de son arrestation, la militante apparaissait les mains levées, debout, aux côtés d’autres participants, faisant face au personnel naval israélien. La vidéo se termine sur une embarcation vide de ses passagers. Son compatriote, le Libano-Brésilien Mohammad Kadri, qui faisait partie des passagers, avait aussi été arrêté au même moment. Plusieurs activistes libanais avaient interpellé les autorités libanaises, en particulier le Premier ministre Nawaf Salam, pour demander sa libération. Le ministère libanais des Affaires étrangères avait alors indiqué « suivre l’affaire de l’arrestation par Israël de deux citoyens libanais », qui se trouvaient à bord de la Flottille Global Sumud.
Titulaire d’un doctorat en sciences politiques et spécialisée en droit international des droits de l’homme, Lina Tabbal enseigne à l’HEICR en France, où elle occupe également des fonctions administratives. Elle bénéficie d’une présence académique reconnue dans le monde arabe. Parmi ses publications figure l’ouvrage International and Regional Human Rights Conventions, référencé sous le nom de Lyna/Lina al-Tabal Peron dans de nombreuses bibliothèques universitaires arabes. Sur ses réseaux sociaux, elle s’exprime ouvertement contre la guerre israélienne sur Gaza et écrit pour le site d’information arabe basé à Londres Raï al-yom, où elle affiche son soutien aux « mouvements de résistance régionaux », sa solidarité avec Gaza et son opposition au désarmement du Hezbollah, sous la pression des États-Unis et d’Israël après la dernière guerre de l’État hébreu contre le parti chiite au Liban.
L’ancien Premier ministre Nagib Mikati a salué l’engagement de la militante. « Je salue la Dr Lina Tabbal, qui faisait partie des passagers de la Flottille de la liberté pour briser le blocus de Gaza, où elle a exprimé notre solidarité à tous avec le peuple palestinien face à son calvaire. Elle a toute notre estime et notre respect, ainsi que celui de tous les Libanais et Libanaises, et de tous les habitants de Tripoli », a-t-il souligné dans un communiqué.


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