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Moyen-Orient - Dans La Presse

Une enquête révèle les faux visuels de l’armée israélienne pour justifier ses opérations militaires

La troupe aurait copié des images provenant du Musée maritime écossais pour illustrer de prétendues cellules du Hamas ou des sites nucléaires iraniens.

Une enquête révèle les faux visuels de l’armée israélienne pour justifier ses opérations militaires

Une capture d’écran tirée d’une animation produite par l’armée israélienne, censée représenter un complexe du Hamas sous l’hôpital al-Chifa de Gaza. La vidéo a été diffusée le 27 octobre 2023.

Le magazine israélien de gauche +972 a publié les résultats d’une enquête sur les vidéos animées diffusées par l’armée israélienne lors de ses guerres à Gaza, au Liban et en Iran, destinées à justifier ses attaques en prétendant révéler des infrastructures militaires. L’armée a ainsi diffusé des dizaines d’animations 3D montrant ce qu’elle affirmait être des installations souterraines, rampes de lancement, centres de commandement ou postes d’observation, et, pour l’Iran, une prétendue installation d’enrichissement d’uranium.

Réalisée avec le site israélien Local Call, l’enquête, publiée mercredi, détaille les nombreuses inexactitudes de ces vidéos présentées comme des renseignements authentiques et utilisées pour légitimer des frappes contre des hôpitaux et des zones résidentielles. L’armée a affirmé à +972 que ces contenus reposaient sur « des renseignements vérifiés », leur but étant de présenter « des informations complexes de façon claire et accessible – et non de proposer une reconstitution exacte de chaque détail physique de la zone ».

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Selon +972, plus de la moitié du contenu de ces vidéos provenait en réalité de sources tierces : travaux d’animateurs professionnels, images du domaine public, bases de données en libre accès (opensource, en anglais) et même, dans plusieurs cas, des images extraites de modèles 3D issus d’un atelier écossais de construction navale mis en ligne par le Musée maritime écossais et réutilisés pour illustrer de prétendues cellules du Hamas ou des sites nucléaires iraniens. L’enquête a ainsi recensé plus de cinquante sources distinctes dont l’armée reprenait les images, qui étaient ensuite dupliquées des centaines de fois dans les vidéos de sites présumés à travers la région.

L’une d’elles servait à étayer l’affirmation selon laquelle le Hezbollah dissimulait « des milliers et des milliers » de rampes de lancement dans des habitations civiles : une séquence typique débutant par des images satellite, suivies d’une animation montrant un camion sortant d’un garage et tirant une roquette. Le zoom de la vidéo se fixe sur le village de Yater, mais +972 et Local Call ont montré que le paysage était entièrement fictif, composé d’éléments tirés d’au moins trois modèles 3D créés par l’artiste Ian Hubert. La séquence se conclut par des images de drone montrant une frappe sur un bâtiment isolé au sommet d’une colline.

Publiée le 23 septembre 2024 sur le compte X du président israélien Isaac Herzog – jour du lancement d’une vaste offensive contre le Hezbollah au Liban après des mois d’une guerre d’usure –, la vidéo était accompagnée du commentaire : « Voici un simple exemple de la menace à laquelle nous faisons face. » Selon lui, elle prouvait que le Hezbollah stockait et lançait des missiles depuis des zones résidentielles.

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Israël a tué plus de 4 000 Libanais lors de sa guerre contre le Hezbollah, dont des centaines de civils, et détruit plusieurs villages du Sud. Moins d’un mois après le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a diffusé une vidéo animée censée montrer un centre de commandement du Hamas sous l’hôpital al-Chifa, le plus grand de Gaza. Aucune preuve n’a jamais confirmé l’existence d’un tel complexe. Israël a attaqué l’hôpital un mois plus tard, avant de le bombarder puis de l’occuper à plusieurs reprises. Une fosse commune a ensuite été découverte dans son enceinte, aujourd’hui presque entièrement détruite.

Ces animations étaient produites par quelques soldats de la branche production et médias du porte-parole de l’armée israélienne. Certains ont confié à +972 qu’on leur demandait de tout « simplifier » : « Ce qui va se passer, qui est attaqué, ce qui est attaqué, les lieux, pourquoi. » Selon des experts, les vidéos reprennent volontairement le style des enquêtes en sources ouvertes. « Le lexique visuel des enquêtes à sources ouvertes a été récupéré par les Israéliens pour tenter de les délégitimer et semer la confusion, explique au magazine Elizabeth Breiner, responsable au centre Forensic Architecture de l’université Goldsmiths à Londres. Ces visuels, entre réel et imaginaire, restent gravés dans les esprits longtemps après avoir été démentis. »

Le magazine israélien de gauche +972 a publié les résultats d’une enquête sur les vidéos animées diffusées par l’armée israélienne lors de ses guerres à Gaza, au Liban et en Iran, destinées à justifier ses attaques en prétendant révéler des infrastructures militaires. L’armée a ainsi diffusé des dizaines d’animations 3D montrant ce qu’elle affirmait être des installations souterraines, rampes de lancement, centres de commandement ou postes d’observation, et, pour l’Iran, une prétendue installation d’enrichissement d’uranium.Réalisée avec le site israélien Local Call, l’enquête, publiée mercredi, détaille les nombreuses inexactitudes de ces vidéos présentées comme des renseignements authentiques et utilisées pour légitimer des frappes contre des hôpitaux et des zones résidentielles....
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