Les autorités libanaises ont arrêté au cours des derniers mois 32 personnes, reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis des informations à Israël pour frapper des dirigeants du Hezbollah, a indiqué mercredi un responsable judiciaire à l'AFP.
La formation pro-iranienne est sorti affaiblie de la guerre qui a pris fin en novembre 2024, et a notamment perdu son chef et ses principaux commandants militaires, tués lors de frappes israéliennes d'une extrême précision.
Avant de lancer une guerre ouverte de deux mois contre le Hezbollah, le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, avait mené en septembre 2024 une attaque aux bipeurs explosifs contre des membres du Hezbollah.
Cette opération inédite, qui avait fait 39 morts et des milliers de blessés, selon les autorités libanaises, avait paralysé le système de communication du groupe.
Selon le responsable judiciaire qui a requis l'anonymat, »"32 personnes au moins ont été arrêtées pour soupçons de collaboration avec Israël, dont six avant la proclamation du cessez-le-fe »" entre le Hezbollah et l'armée israélienne le 27 novembre 2024.
Le Liban et Israël sont en état de guerre et tout contact d'un citoyen libanais avec le pays ennemi est passible de prison.
Lors de leur interrogatoire, certains suspects ont admis avoir »"fourni des informations à Israël pendant la guerre dans le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrout »", bastion du Hezbollah, a ajouté le responsable.
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait notamment été tué le 27 septembre 2024 lors d'une frappe israélienne spectaculaire sur un bunker ultra secret de la banlieue sud.
- Chantre du Hezbollah -
Parmi les principales personnes arrêtées figure un chantre proche du Hezbollah, qui interprétait des chants religieux.
Il est accusé d'avoir »"collaboré avec le Mossa »" contre de l'argent, selon un autre responsable au fait du dossier et qui a requis l'anonymat.
L'homme aurait fourni aux Israéliens des coordonnées qui ont entraîné la mort d'un responsable du Hezbollah et de son fils lors d'une frappe israélienne dans la banlieue sud en avril 2025, plusieurs mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Il leur aurait également donné les noms de nouveaux chefs nommés par la formation chiite pour remplacer ceux tués pendant la guerre, ce qui a ensuite facilité leur assassinat par Israël, d'après la même source. »"Neuf personnes ont été jugées par le tribunal militair »" libanais, dont deux condamnés à des peines de huit ans et sept ans de travaux forcés, a indiqué à l'AFP un ce responsable.
Ils ont été reconnus coupables d'avoir »"fourni à l'ennemi des coordonnées, des adresses et des noms de responsables du Hezbolla »", qui ont été »"utilisés par l'ennemi dans des frappes sur des responsables du Hezbolla »".
Les 23 autres sous le coup d'une enquête, selon lui.
Un responsable de la sécurité a précisé à l'AFP sous couvert d’anonymat que les interrogatoires préliminaires des personnes arrêtées avaient révélé que les Israéliens tentent de connaître les types de voitures ou de motos utilisés par les membres du parti, estimant que cela pourrait avoir un lien avec les frappes de drones menées par Israël depuis le cessez-le-feu.
Malgré la trêve, l'armée israélienne continue de mener des frappes quasi quotidiennes au Liban, visant en particulier des membres du Hezbollah circulant en voiture ou à moto, ou des positions du Hezbollah.


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