Un soldat libanais dans le camp palestinien de Bourj el-Brajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 21 août 2025. Mohammad Yassine/L'OLJ
Le Hamas a commémoré lundi à Tyr le deuxième anniversaire de l'opération du Hamas « Déluge al-Aqsa », le 7 octobre 2023, dans une salle du camp palestinien de Bourj el-Chemali, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le député du Hezbollah, Hussein Jichi, a salué « la patience, la ténacité et les sacrifices des familles des martyrs » tombés pour « un droit que l’on tente de confisquer ». Il a ajouté que « se tenir aux côtés des causes de la vérité et de la liberté, au premier rang desquelles la Palestine, constitue un devoir moral et humain, et le devoir de tout homme libre dans ce monde ».
Revenant sur l'accord Trump pour mettre un terme à la guerre à Gaza, en discussion lundi en Égypte, le responsable politique du Hamas à Tyr, Abdel Majid el-Awad, a déclaré que « le mouvement et les factions de la résistance ne permettront pas le passage d’un quelconque accord qui porterait atteinte aux constantes nationales du peuple palestinien, à son droit à l’autodétermination, à l’établissement de son État et à la fin de l’occupation ».
Selon lui, « le sang des martyrs tombés (...) dans les camps du Liban, s’inscrit dans la continuité du sang versé par leurs frères à Gaza et en Palestine, constituant la preuve vivante que nous formons un seul peuple, partageant un même destin ».
Le lendemain de l'opération du Hamas, le Hezbollah avait ouvert un « front de soutien » à Gaza, qui s'est mué en une guerre ouverte un an plus tard, lorsqu'Israël a lancé une offensive majeure sur le Liban, baptisée « Flèches du Nord », s'étant conclu par un cessez-le-feu le 27 novembre 2024. Le camp de Bourj el-Chemali, comptant plus de 10 000 personnes, a été bombardé le 27 octobre 2024 par Israël, dans une frappe sur une école des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), ayant fait cinq morts.
Enfin, M. Abdel Majid el-Awad a insisté sur le fait que « la cause des réfugiés au Liban est celle du retour dans la patrie, et du refus des projets de déplacement et de naturalisation », un sujet hautement sensible au Liban.
Officiellement, l’office de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens (Unrwa) reconnaît et fournit ses services à 12 camps répartis dans tout le Liban. Si l’armée libanaise n’a pas le droit d’y entrer en vertu d’un accord signé en 1969, elle contrôle l’accès à ces zones surpeuplées dont la sécurité est assurée par différentes factions palestiniennes.
Certaines de ces factions restent lourdement armées et des milices palestiniennes présentes au Liban-Sud sont accusées d’avoir tiré en mars des projectiles sur Israël, provoquant des ripostes meurtrières. Des suspects avaient d’ailleurs été remis à l’armée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, à l’entrée du plus grand camp du Liban, Aïn el-Héloué, situé en lisière de Saïda.
Le désarmement des camps palestiniens au Liban a officiellement débuté le 21 août, avec deux mois de retard par rapport à la décision du Conseil des ministres, qui faisait suite à une visite du président de l'Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas au Liban en mai. Il s'est pour le moment traduit par des collectes d'armes dans plusieurs camps de Beyrouth et de Tyr.
Aucun accord n’a pour l’heure été annoncé avec le Hamas sur une éventuelle remise de son arsenal aux autorités libanaises. Le rétablissement du monopole de l'État sur les armes fait partie des objectifs prioritaires du président Joseph Aoun et du gouvernement de Nawaf Salam.


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