Le jour de la commémoration de l'assassinat de Hassan Nasrallah, la grotte aux pigeons est illuminée à l'effigie de l'ancien secrétaire général du Hezbollah. Photo Mohammad Yassine/OLJ
Le procureur général Jamal Hajjar a émis un mandat d'arrêt à l’encontre du correspondant de la chaîne al-Manar, Ali Berro, pour avoir refusé de comparaître pour la troisième fois dans le cadre de l'enquête sur l'illumination du rocher de Raouché et pour les propos injurieux qu’il a tenus à l'encontre du chef du gouvernement Nawaf Salam, rapporte samedi l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
L'avocat de Ali Berro s'est présenté à la gendarmerie de Raouché dans la matinée. Il a déclaré une nouvelle fois après l'avoir fait la veille que son client était journaliste et ne comparaîtrait pas devant la police judiciaire. Il a donc été décidé de prendre les mesures appropriées à son encontre. « Selon l’article 28 de la loi sur la presse, les journalistes au Liban ne comparaissent pas devant le juge d’instruction, mais devant le tribunal de la presse. J’ai donc mandaté un avocat qui a comparu devant le juge d’instruction en vertu de cet article », avait confirmé vendredi à L’Orient-Le Jour le prévenu dans un message téléphonique. « Après quoi, le procureur général a informé l'avocat que je devais comparaître à nouveau devant la police judiciaire. L'avocat reviendra demain (samedi) pour répéter la même déclaration », avait ajouté Ali Berro.
Le 25 septembre dernier, des milliers de partisans du Hezbollah s’étaient rassemblés sur le front de mer à Beyrouth pour commémorer l’assassinat il y a un an par Israël de leur chef Hassan Nasrallah, dont le portrait a été projeté sur le rocher de la Grotte aux Pigeons, en dépit d’une interdiction émise par le mohafez de Beyrouth Marwan Abboud. Wafic Safa, chef de l’unité de liaison du Hezbollah et cible d’une tentative d’assassinat israélienne le 10 octobre 2024, était présent à ce rassemblement.
Le Premier ministre Nawaf Salam avait alors dénoncé sur le réseau X « une violation flagrante de l’interdiction publiée par le mohafez de la ville ». « J’ai contacté les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense afin qu’ils prennent les mesures appropriées, y compris l’arrestation des responsables et leur renvoi devant la justice pour qu’ils soient sanctionnés conformément aux lois en vigueur », avait-il ajouté.
Dans un pied de nez aux décisions officielles, le journaliste Ali Berro avait publié depuis le rocher de Raouché à Beyrouth pendant la cérémonie de commémoration, une vidéo dans laquelle il profère des propos insultants à l’adresse de Nawaf Salam. Dans cette vidéo, Wafic Safa, responsable de l’unité de liaison et de coordination au sein du parti chiite, apparaît à ses côtés, en train de rire. Ali Berro déclare notamment : « Nawaf, le hajj (Wafic) te passe le bonjour et te dit : On va l’allumer, Nawaf, et on va t’éteindre. »
Le journaliste poursuit en commentant la grotte illuminée : « Et voilà, Nawaf, on l’a illuminée, malgré toi et malgré ton maître Yazid », faisant référence au prince saoudien et émissaire au Liban Yazid ben Farhane. Il y a trois jours, Ali Berro avait également publié une autre vidéo sur ses réseaux sociaux, se filmant devant le Sérail : « Il paraît que tu veux m’arrêter. Je me suis dit : c’est un homme d’un certain âge, je suis venu moi-même (...) Il paraît que tu es fâché… alors ce n’est que partie remise », lance-t-il.
Une autre personne convoquée lundi
D’autres vidéos ont été publiées par le journaliste, notamment pour affirmer son refus de comparaître la première et la deuxième fois devant le juge.
Par ailleurs, une des personnes ayant apporté le laser utilisé pour illuminer le rocher a également été interrogée et placée en détention provisoire sur ordre du juge Hajjar, selon l’ANI. Le fonctionnaire chargé de l'interrogatoire a aussi mentionné le nom d'une nouvelle personne qui sera convoquée pour interrogatoire lundi prochain.
Dans ce cadre, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a annoncé vendredi avoir demandé la dissolution de « l’Association libanaise pour les arts – Rissalat », organisatrice de l'événement à Raouché.
Fadlallah « représente » l'association Rissalat
À ce sujet, Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a exprimé l'espoir que le gouvernement libanais ne commettra pas « l’erreur » de dissoudre l'association, lançant que « personne ne peut rien nous prendre par défi ». Dans une interview accordée à la chaîne al-Manar » affiliée au parti chiite, Hassan Fadlallah a assuré qu'il se considère engagé vis-à-vis de l’association et qu'au Parlement il la « représente ».
L’association n’avait reçu qu’une autorisation limitée à la tenue d’un rassemblement commémoratif, sans projection d’images. Dans un communiqué cité par les médias locaux, M. Hajjar a annoncé l'abolition de la licence de l’association, l’accusant d’avoir violé la décision du mohafez de Beyrouth datée du 24 septembre, ainsi que les engagements pris au moment de sa demande d’autorisation. Le ministère lui reproche aussi d’avoir « porté atteinte aux biens publics et de les avoir utilisés à des fins contraires à l’ordre public ». La demande de dissolution figure à l’ordre du jour du Conseil des ministres prévu lundi au palais présidentiel de Baabda, selon le communiqué.


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j'aurai titre : le depute hezbiote fadlallah met le gouvernement au defit d'oser ......
10 h 58, le 05 octobre 2025