Des affiches électorales appelant à voter pour Henry Hamra, un candidat syro-américain au Parlement, fils du dernier rabbin du pays, placardées sur un mur le long d’une ruelle du quartier juif de la vieille ville de Damas, le 3 octobre 2025, à l’approche du scrutin prévu le 5 octobre. Photo AFP/ LOUAI BESHARA.
Un juif syro-américain s'est porté candidat pour faire partie du nouveau Parlement syrien, qui doit être désigné dimanche, une première depuis sept décennies.
S'il est choisi, Henry Hamra, fils du dernier rabbin de Syrie, sera le premier représentant de sa communauté -en voie d'extinction dans le pays- au Parlement syrien depuis la fin des années 40.
La Syrie se dote dimanche de son premier Parlement de l'ère post-Assad, dont les deux-tiers des membres doivent être désignés par des comités locaux et le reste nommé par le président intérimaire Ahmad al-Chareh, un mécanisme jugé anti-démocratique par ses détracteurs.
Un journaliste de l'AFP a vu les affiches électorales de Henry Hamra, 47 ans, placardées sur plusieurs bâtisses du quartier juif dans le vieux Damas, avec la mention « candidat de Damas pour l'Assemblée du peuple syrienne ».
Les nouvelles autorités islamistes qui ont renversé Bachar al-Assad en décembre 2024 ont effectué plusieurs gestes en direction de la communauté juive.
Henry Hamra, qui réside aux Etats-Unis, avait participé en février à la première visite d'une délégation juive, en compagnie de son père, Youssef Hamra, 77 ans, dernier rabbin à avoir quitté le pays dans les années 90.
Une prière avait alors été organisée dans une synagogue de Damas pour la première fois depuis plus de trente ans.
« Henry Hamra est officiellement candidat aux élections et a annoncé son programme électoral comme tout autre candidat », a déclaré à l'AFP le porte-parole de la commission électorale, Nawar Najmeh. « Nous ne faisons pas de discrimination », a-t-il ajouté.
Le candidat a affirmé sur le compte de sa campagne sur X oeuvrer pour une « Syrie prospère, tolérante et juste ».
Dans son programme électoral, il s'engage à rétablir les ponts entre les juifs syriens et leur pays et à « protéger le patrimoine et l'identité culturelle », y compris des juifs.
Selon l'historien Sami Moubayed, un député juif a été élu pour la dernière fois en 1947 en Syrie, avant la première guerre israélo-arabe.
« Le retour des juifs syriens au parlement est une chose positive, surtout avec un nouveau gouvernement », a déclaré à l'AFP vendredi le président de la communauté juive de Syrie, Bakhour Chamntoub.
La présence juive s'était réduite au fil des guerres israélo-arabes. Sous le clan Assad, les juifs de Syrie pratiquaient librement leur religion mais leurs déplacements étaient restreints et les voyages à l'étranger interdits jusqu'en 1992. Depuis, leur nombre est passé d'environ 5.000 à seulement quelques personnes.


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