Le nouveau Premier ministre français Sébastien Lecornu (au centre) participe à une réunion lors de sa visite au centre de santé départemental de Mâcon, dans le centre-est de la France, le 13 septembre 2025. Photo AFP / JEFF PACHOUD
Un syndicat représentant les fonctionnaires de l'Education nationale (Snapen) a déposé plainte contre le Premier ministre français Sébastien Lecornu, l'accusant d'avoir fait croire qu'il détenait un diplôme, le master 2 de droit public, sans l'avoir validé, ce que ce dernier a contesté lundi. M. Lecornu « conteste vigoureusement l'accusation dont il fait l'objet » et déplore « cette polémique artificielle », a fait savoir son entourage, interrogé par l'AFP, annonçant porter plainte contre le Snapen « pour dénonciation calomnieuse ».
Une réforme a eu lieu en France dans les années 2000 pour s'adapter aux critères européens LMD (licence, master, doctorat). Ont alors été supprimés notamment la maitrise (Bac +4) et le DEA ou DESS (Bac+5). Le nouveau système a instauré, entre autres, le master 1 (Bac+4) et le master 2 (Bac+5).
Mi-septembre, le site d'information français Mediapart a révélé que M. Lecornu n'avait pas le diplôme de master, qui s'obtient en deux ans, contrairement à ce qu'affirmaient sa page sur le site du ministère des Armées lorsqu'il était encore à ce poste, sa page sur le réseau social LinkedIn ou encore sa présentation lors d'une conférence universitaire.
Interrogé sur le sujet vendredi au quotidien Le Parisien, M. Lecornu a répondu qu'il avait « validé (sa) maîtrise en droit, donc un master 1« . « J'ai ressenti dans cette fausse polémique une forme de mépris social », a-t-il ajouté.
Dans la plainte, que l'AFP a pu consulter, le syndicat reproche au ministre d'avoir voulu « faire croire (qu'il) était titulaire d'un master de droit public » et « utilisait en connaissance de cause un diplôme dont il n'était pas titulaire ». « Aucun diplôme n'est requis pour être membre d'un gouvernement et le fait de ne pas avoir obtenu de master 2 n'est pas un signe d'incompétence », a souligné lundi l'avocat du syndicat, Me Vincent Brengarth.
« Toutefois, l'absence de transparence sur le niveau d'études acquis, par un ministre d'Etat, est de nature à porter atteinte à la crédibilité de la certification par les universités publiques françaises, à l'égalité républicaine, à l'honneur des enseignants-chercheurs et, plus généralement, à la mission de service public confiée aux établissements d'enseignement supérieur », ajoute-t-il.
Sur son site officiel, M. Lecornu mentionne aujourd'hui simplement des « études de droit à l'université Paris 2 Panthéon Assas », sans précision. Sur LinkedIn, à la rubrique formation, il indique « Master, droit public général, 2005-2008 », à Panthéon-Assas Université.


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