Des militants brandissent des drapeaux palestiniens alors qu'ils se rassemblent pour soutenir une flottille transportant de l'aide humanitaire et des militants qui s'engagent à tenter de « briser le siège de Gaza », à Ajaccio, sur l'île méditerranéenne française de Corse, le 12 septembre 2025. Photo d'illustration AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA
L'actrice française Adèle Haenel a annoncé samedi devoir quitter la flottille internationale en route vers Gaza en raison d'une avarie technique sur son bateau et appelé de nouveau à « mettre la pression » sur les gouvernements pour « qu'ils mettent un terme au génocide » dans l'enclave palestinienne. En parallèle, une autre flottille a quitté samedi le port de Catane, en Sicile, pour « briser le blocus israélien illégal de Gaza ».
L'artiste et militante, Adèle Haenel, avait embarqué début septembre à Tunis à bord de la « Global Sumud Flotilla ». La flottille, qui se présente comme la « plus grande mission maritime au monde pour briser le blocus israélien illégal de Gaza », comprend selon ses organisateurs une cinquantaine de bateaux, avec à bord plusieurs centaines de militants originaires de plus de 40 pays. Dans une vidéo postée sur son compte Instagram, elle déclare « devoir quitter la mission maritime, suite au fait que le moteur du bateau » sur lequel elle se trouvait « a cassé ».
La flottille avait signalé vendredi sur le même réseau social une avarie sur le « Family Boat », obligeant les organisateurs à redistribuer les passagers sur d'autres bateaux. L'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a ainsi indiqué sur son compte avoir changé de navire. « J'aurais tellement aimé aller jusqu'au bout de cette mission », explique Adèle Haenel, ajoutant que « ce qui compte, c'est que (...) les camarades qui sont sur la mer apportent l'aide humanitaire et brisent le blocus ».
Un blocus total imposé en mars par Israël sur le territoire palestinien et très partiellement assoupli fin mai y a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant. L'ONU a déclaré en août l'état de famine à Gaza. « Il faut mettre la pression sur nos gouvernements », a insisté Adèle Haenel. « Il faut qu'ils fassent respecter le droit international, il faut qu'ils mettent fin au génocide et il faut qu'ils mettent un terme à la structure d'apartheid en Israël ». « C'est ce vers quoi tous nos efforts doivent être tendus, que ce soit sur la mer ou sur la terre ». Parmi les personnalités à bord figure également la militante suédoise Greta Thunberg.
Un collectif d'artistes et personnalités a par ailleurs réclamé aux gouvernements français et belge « la protection diplomatique » de la flottille, qui affirme avoir fait l'objet d'attaques de drones sur son chemin.
Par ailleurs, une « flottille de la liberté » d'une dizaine de bateaux d'aide humanitaire, transportant une soixantaine de personnes de quinze nationalités, dont des parlementaires français, a quitté samedi le port de Catane, en Sicile, pour « briser le blocus israélien illégal de Gaza ». Cette nouvelle flottille, lancée par la Freedom Flotilla Coalition (FFC) et Thousand Madleens to Gaza (TMTG), dont le départ a été retardé de quelques jours, devrait rejoindre les navires de la Global Sumud Flotilla, qui ont eux commencé à quitter Catane le 13 septembre et se trouvent au large de la Crète.
« La FFC et TMTG sont en route pour Gaza ! (...) Nos objectifs sont clairs : briser le siège illégal et meurtrier de Gaza par Israël, ouvrir un corridor maritime pour mettre fin au besoin d'aide humanitaire, unir les citoyens du monde entier et exiger un passage sûr pour toutes les flottilles qui remettent en cause et affrontent les crimes de guerre d'Israël tandis que nos gouvernements laissent faire », ont écrit les organisateurs samedi sur Telegram. Ils ont expliqué au cours d'une conférence de presse avant le départ qu'ils transportaient « des fournitures médicales, des denrées alimentaires sèches et du matériel scolaire ».
« Nous ne nous arrêterons pas, quoi qu'il arrive », a déclaré Tan Safi, la porte-parole de la Freedom Flotilla Coalition (FFC), après avoir rappelé les précédentes tentatives de navires humanitaires pour atteindre Gaza, toutes bloquées par Israël ces derniers mois.
« Les gouvernements ne devraient pas seulement intervenir provisoirement en se mobilisant pour leurs propres citoyens avec ces navires qui les accompagnent maintenant, mais aussi pour les Palestiniens à Gaza », a-t-elle ajouté, faisant allusion aux bâtiments militaires envoyés par l'Espagne et l'Italie auprès de la Global Sumud Flotilla afin de lui porter assistance après qu'elle s'est dite ciblée par des attaques de drones dans la nuit de mardi à mercredi.
L'eurodéputée française Mélissa Camara a de son côté appelé les États membres de l'UE à protéger les flottilles. « Je veux dire aux gouvernements, au gouvernement français par exemple, que nous sommes ici à cause d'eux, à cause de leur inaction. Nous risquons nos vies parce qu'ils ne feront rien pour arrêter ce génocide et laissent Israël détruire la vie de 2 millions de Gazaouis, détruire la Cisjordanie », a estimé pour sa part la députée française Alma Dufour, qui participe aussi à la flottille.


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