Gebran Bassil, leader du CPL, lors d'un dîner organisé à Batroun, le 26 septembre 2025. Photo ANI
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, et l’ancienne procureure Ghada Aoun ont vivement critiqué la libération de l’ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, mettant en cause l’origine des fonds utilisés pour payer sa caution record de 14 millions de dollars.
M. Bassil a qualifié les autorités libanaises de « honteuses » pour avoir relâché Salamé, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Il s’exprimait lors d’un dîner du CPL vendredi à Batroun, en présence de l’ancien président Michel Aoun, de députés et d’un large public de partisans du mouvement.
Arrêté pour détournement de fonds publics, Riad Salamé a été libéré vendredi soir après avoir versé une caution de 14 millions de dollars. Le juge Jamal Hajjar a ouvert une enquête sur l’origine des fonds afin d’en vérifier la légalité. Dans ce cadre, des enquêteurs se sont rendus à l’hôpital de Bhannés, dans le Metn, où Salamé recevait des soins sous haute sécurité, pour l’interroger.
« Caution issue du blanchiment d'argent »
« Vous êtes l’autorité honteuse, qui libère Riad Salamé, lequel a volé les Libanais, contre une caution de 14 millions de dollars. Cette affaire relève du blanchiment d’argent. D’où a-t-il obtenu cette somme ? Personne n’ose parler de l’affaire Salamé, sauf le CPL, qui continuera à récupérer les droits des Libanais auprès de Riad Salamé », a lancé Gebran Bassil.
De son côté, Ghada Aoun a interpellé le gouvernement, le Parlement, le président et le Conseil supérieur de la magistrature dans un message publié sur X. « Comment peut-on accepter la libération de Salamé sur la base d’une caution issue du blanchiment d’argent ? C’est extrêmement grave, car cela détruit totalement la réputation et la crédibilité du Liban auprès de la communauté internationale et porte atteinte à la justice », a-t-elle dénoncé.
La magistrate a également mis en cause le procureur général près la Cour de cassation. « Le juge Hajjar dit avoir vérifié la légalité des fonds utilisés pour la caution. Pouvons-nous savoir exactement comment vous avez vérifié cela ? », a-t-elle interrogé.
Avant sa retraite en février 2025, Ghada Aoun avait déposé plusieurs plaintes contre Salamé pour détournement de fonds et enrichissement illicite.
Après trente ans à la tête de la BDL, Riad Salamé fait face à plusieurs poursuites pénales, tant au Liban qu’à l’étranger. Beaucoup le tiennent pour responsable de la crise financière déclenchée en 2019, au cours de laquelle la monnaie nationale s’est effondrée et les banques ont gelé illégalement les liquidités présentes sur les comptes bancaires des déposants libanais, et dont le Liban continue de subir les conséquences jusqu'à aujourd'hui.
Incident de Raouché
Dans son discours, le chef du Courant patriotique libre a par ailleurs commenté la cérémonie organisée jeudi par le Hezbollah à Raouché, sur le front de mer de Beyrouth, en illuminant le rocher dit de la Grotte aux pigeons à l'effigie de son ancien secrétaire général, Hassan Nasrallah, et de son successeur, Hachem Safieddine, à l’occasion du premier anniversaire de leur assassinat, et ce malgré l'absence d'autorisation du mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud. « Nous sommes face à une autorité impuissante en matière de souveraineté, et la preuve la plus claire en est ce qui s’est passé à Raouché. Vous auriez dû soit accepter que ce rocher appartienne à tous les Libanais, leur donnant le droit d’y projeter l’image qu’ils souhaitent, y compris celles de tous les martyrs du Liban, soit tenir parole. Au lieu de cela, vous vous êtes placés dans une position embarrassante et cherchez désormais à rejeter votre échec sur l’armée, en la mettant en confrontation avec son propre peuple », a-t-il déclaré.
Concernant le vote de la diaspora lors des élections législatives de 2026, Bassil a appelé à « ne pas priver les expatriés de leur droit à des députés de la diaspora », rappelant que ce droit avait été acquis sous le mandat de l’ancien président Michel Aoun.
Un vaste débat politique est en cours au Liban sur les droits de vote des expatriés. Certains responsables souhaitent amender la loi électorale de 2017 afin de permettre aux Libanais vivant à l'étranger de voter pour l’ensemble des 128 membres du Parlement, comme cela avait été le cas lors des deux dernières élections législatives. D’autres, notamment le CPL et le mouvement chiite Amal, dirigé par le président de la Chambre Nabih Berry, veulent préserver la disposition actuelle de la loi, qui crée six sièges supplémentaires dans une 16ᵉ circonscription réservée aux « Libanais de l’étranger ».




C’est hilarant. Ils ont vendu le pays et viennent pousser des cris d’orfraies sur la libération de celui qui n’a fait que leur faciliter la tâche du pillage moyennant commission? Pourquoi ne demandent ils pas à incarcérer ceux qui ont volé les milliards au lieu de faire semblant d’être vertueux et justes? Où sont les milliards évaporés des caisses du ministère de l’énergie? Ces tristes clowns osent la ramener alors que la première sanction , et la seule, a touché celui qui se veut vertueux et donneur de leçons en matière de justice et de dignité?
12 h 02, le 28 septembre 2025