Le logo de Microsoft sur un bâtiment de l'entreprise à New York, le 28 juillet 2015. Photo REUTERS/Mike Segar/Files/File Photo
La multinationale informatique Microsoft a annoncé jeudi avoir désactivé l'accès d'une unité militaire israélienne à certains services de sa plateforme en ligne Azure, après avoir enquêté sur des accusations d'utilisation de ses technologies pour la surveillance massive de civils palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Cette décision est intervenue au terme d'une enquête interne déclenchée début août par un article du quotidien britannique The Guardian et des médias israélo-palestiniens +972 Magazine, Local Call, selon lequel l'unité 8200, une branche du renseignement militaire israélien, aurait utilisé Azure « pour stocker des données téléphoniques interceptées à travers une surveillance large ou massive de civils à Gaza et en Cisjordanie » occupée. Selon l’enquête conjointe, ces données ont été utilisées ces deux dernières années pour planifier des frappes aériennes dans l'enclave palestinienne et mener des arrestations en Cisjordanie.
« Surveillance de masse de civils »
« Nous avons trouvé des preuves qui corroborent certaines parties du reportage du Guardian », a déclaré Brad Smith, président de Microsoft, dans un message aux employés publié en ligne. « Nous ne fournissons pas de technologies destinées à faciliter la surveillance de masse de civils », a-t-il assuré. Selon son président, Microsoft a passé en revue cette décision avec le ministère israélien de la Défense, ainsi que les mesures prises par le géant technologique américain pour garantir sa mise en conformité. «Cela n'a pas d'impact sur le travail important que Microsoft continue de faire pour protéger la cybersécurité d'Israël et d'autres pays du Moyen-Orient», a déclaré M. Smith.
De son côté, le média +972 précise que Microsoft continue de collaborer avec d’autres unités de l’armée israélienne, tandis que les critiques montent contre l'entreprise, et d'autres géants de la tech, pour leurs accords avec l'État hébreu. L'unité 8200 aurait, elle, rapidement transféré ses données sur des serveurs à l'étranger, n'appartenant pas à Microsoft, quelques jours après la publication de l'enquête. Des sources du média estiment que cette unité aurait prévu de migrer les données concernées vers les services de cloud d'Amazon.
L'enquête du Guardian et des deux médias israéliens indépendants avait démontré que le projet d'héberger des données téléphoniques de l'unité 8200 avait été lancé en 2021 avec une visite du commandant de l'unité au siège de Microsoft à Seattle, aux États-Unis. Depuis, des millions d'appels avaient été stockés sur les serveurs du service Azure. Le PDG de Microsoft Satya Nadella avait alors qualifié le partenariat conclu de « crucial » pour l'entreprise.


