Manifestation à Joub Jannine le 23 septembre 2025 contre la convocation d’un journaliste travaillant pour la chaîne locale LBCI. Photo transmise à notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah.
Après la convocation lundi d’un correspondant de la LBCI par les autorités de la Békaa pour avoir couvert une tentative d’évasion de la prison de Joub Jannine (situé dans la plaine de la Békaa), journalistes, militants et avocats ont exprimé leur solidarité à son égard lundi et mardi, critiquant la mesure prise, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah.
Le détenu concerné par la tentative d'évasion aurait avalé trois briquets plus tôt ce mois-ci afin d’être transféré à l’hôpital et de s’en évader. Cependant, sa tentative a échoué et il a subi une opération chirurgicale le 6 septembre pour extraire les briquets avant d’être renvoyé en détention.
Le journaliste, Mohammad Ali Ahmad, a été informé de sa convocation par le poste de police de Joub Jannine lundi. Selon notre correspondante, l’objet de cette convocation était de l’interroger sur la source de ses informations. Mercredi, M. Ahmad a indiqué à notre correspondante qu’il ne s’était pas présenté à l’interrogatoire prévu mardi à 11h. À sa place, l’avocat Wajdi Faour, mandaté par le Syndicat des journalistes du Liban, s’est rendu au poste et y a transmis l’objection du syndicat quant à la forme de la convocation, soulignant que l’autorité compétente pour traiter ce genre de dossier reste le tribunal des imprimés, conformément à la législation libanaise.
Contactée par L’Orient Today, une source sécuritaire n'était pas disponible pour commenter.
« J’ai réalisé mon reportage avec le plus grand professionnalisme, et personne n’a le droit de me poursuivre légalement pour cela. Nous sommes soumis à la loi, non au-dessus… Notre mission est de transmettre la vérité au public et nous ne reculerons pas dans ce rôle », a déclaré M. Ahmad à L’Orient Today.
Mardi, à l’heure prévue de l’interrogatoire, journalistes, moukhtars et avocats se sont rassemblés devant le poste de police en solidarité avec le journaliste. Les manifestants ont souligné que les tentatives de pression sur les journalistes pour qu’ils révèlent leurs sources constituent une violation flagrante de la loi, qui garantit aux journalistes le droit de ne pas les divulguer.
Plus tard dans la journée de mardi, le bureau des médias du Parti socialiste progressiste a condamné la convocation du journaliste et appelé « l’ensemble des corps de sécurité à respecter les principes juridiques qui régissent les relations entre les médias et les différentes autorités ». Par ailleurs, le Syndicat des journalistes du Liban a déclaré sur X : « Le syndicat se joint à la voix des professionnels des médias qui ont observé aujourd’hui un sit-in sur les marches du Sérail gouvernemental de Joub Jannine… Le syndicat réclame le respect des lois en vigueur. » La veille, le rassemblement des journalistes de la Békaa avait fermement condamné la convocation, considérant cette mesure comme « un précédent dangereux qui porte atteinte à la liberté du travail journalistique ».
Lors de la guerre opposant le Hezbollah à Israël l’an dernier, Mohammad Ali Ahmad avait couvert le conflit dans la région de Baalbeck.



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Pour réussir : voilà un SCOOP à 45 km de la LIGNE JAUNE : OU Ce prisonnier a trouvé les 3 briquets ?et BRAVO la LBC
16 h 23, le 04 mai 2026