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Joseph Aoun demande à Marco Rubio un soutien américain au cessez-le-feu et à l’armée

Le secrétaire d’État américain réaffirme le soutien américain au Liban et salue les efforts des autorités pour redresser le pays. 

Joseph Aoun demande à Marco Rubio un soutien américain au cessez-le-feu et à l’armée

Le président libanais Joseph Aoun, lors d'une réunion avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 22 septembre 2025. Photo diffusée par la présidence libanaise.

Le président libanais Joseph Aoun, qui s’est entretenu lundi avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a demandé l’appui de Washington pour garantir le respect par Israël de l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre avec le Hezbollah à l’automne dernier, ainsi qu’un soutien accru à l’armée libanaise. M. Rubio a, de son côté, réaffirmé le soutien américain au Liban et salué les efforts des autorités pour redresser le pays.

Selon un communiqué de la présidence libanaise, M. Aoun a demandé à M. Rubio l’aide des États-Unis pour veiller au respect par Israël de l'accord du 27 novembre 2024, conclu pour mettre fin à la guerre, « d’autant plus qu’aucune violation de cet accord n’a été commise du côté libanais ». Conformément au cessez-le-feu qui a mis fin le 27 novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah, la formation pro-iranienne devait retirer ses forces et démanteler toute infrastructure militaire au sud du Litani. Israël, qui devait de son côté retirer ses troupes du Liban, s'est maintenu dans plusieurs positions frontalières et mène régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah. Le Hezbollah, soutenu par l'Iran, s'oppose à son désarmement accusant les autorités de faire le jeu d'Israël et des Etats-Unis.

Le président Aoun a aussi demandé à Washington « de soutenir l’armée libanaise en matériel et en équipements afin qu’elle puisse accomplir ses missions couvrant l’ensemble des régions libanaises », rapporte la présidence. Il a également souhaité que soient fournies les conditions nécessaires « pour parvenir à une paix juste, globale et durable dans la région du Moyen-Orient ». Le président Aoun a en outre réclamé « le soutien des États-Unis aux efforts déployés en vue de la tenue d’une conférence dédiée à la reconstruction du Liban ».

De son côté, M. Rubio a confirmé « la poursuite du soutien américain au Liban, saluant les efforts déployés par le président Aoun et le gouvernement libanais pour permettre au pays de retrouver sa vigueur et de surmonter les circonstances qu’il a traversées », rapporte la présidence. Ont assisté à la rencontre, aux côtés du président Aoun, le ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Joe Raggi, l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadé Mouawad, et le conseiller politique du président de la République, Jean Aziz. Du côté américain étaient notamment présents l’ambassadeur Tom Barrack et l’émissaire Morgan Ortagus.

« L’armée israélienne entrave le déploiement de la troupe »

Plus tôt en journée, M. Aoun a rencontré plusieurs homologues présents à New York à l'occasion de l’Assemblée générale des Nations unies. Lors d’une rencontre avec le président de la République slovaque, Peter Pellegrini, le président Aoun a expliqué la situation au Liban-Sud. Il a de plus estimé « que le retour des réfugiés syriens dans leur pays est nécessaire », appelant « à ce que les aides humanitaires leur soient fournies en Syrie même ». Pour sa part, le président slovaque a évoqué la volonté de son pays « d'aider le Liban dans les domaines social, humanitaire et sanitaire », lui adressant « une invitation à se rendre en Slovaquie afin de renforcer la coordination entre les deux pays dans différents secteurs ».

Le chef de l’Etat a également rencontré le président finlandais Alexander Stubb qu’il a informé du rôle de l'armée libanaise au sud du fleuve Litani dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1701. Joseph Aoun a précisé que « l’armée israélienne entrave le déploiement de la troupe, parce qu’elle continue d’occuper des collines au Liban-sud et poursuit les hostilités contre les villages et la population civile ». « Le gouvernement poursuit la mise en œuvre de la résolution visant à limiter progressivement les armes », a insisté le président Aoun.

Avec le Premier ministre irlandais Michael Martin, le chef de l’Etat a également abordé la situation au Liban-Sud, et plus particulièrement l’agression israélienne qui a ciblé une famille dimanche à Bint Jbeil, tuant quatre de ses membres et blessant deux autres. M. Aoun a insisté sur la nécessité « de mettre fin à ces agressions », tout en remerciant l'Irlande « pour sa participation à la Finul ».

Le président Aoun a par ailleurs affirmé au Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden que « la politique agressive d'Israël constitue une menace pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient et met la communauté internationale face à un défi direct quant au respect de ses décisions en faveur de la paix et de la stabilité dans le monde ».

Au moment où le chef de l’Etat se trouve à New York, l’émissaire régional des Etats-Unis Tom Barrack a estimé que « la situation au Liban est très difficile », observant que tout ce que Beyrouth fait « se résume à des paroles, sans actes tangibles ». De son côté, Israël continue d’amplifier la pression militaire, agitant le spectre d’une nouvelle guerre ouverte au liban. 

Aides aux forces de sécurité libanaises

Le président Aoun a par ailleurs rencontré la sénatrice américaine Jeanne Shaheen et l'a remerciée pour le rôle qu'elle a joué dans l'allocation de 193 millions de dollars à l'armée libanaise et de 40 millions de dollars aux Forces de sécurité intérieure. La sénatrice Shaheen a salué les mesures sur le terrain prises par l'armée libanaise, soulignant que l'aide accordée vise à permettre aux forces armées d'assumer pleinement leurs responsabilités, et que toute évolution positive de la situation au Liban contribuera à accroître cette aide. Mme Shaheen, qui est membre de la commission des relations étrangères du Congrès américain, s'était rendue au Liban fin août, en compagnie des émissaires américains Tom Barrack et Morgan Ortagus et du sénateur Lindsay Graham.

Le président Aoun a par ailleurs déclaré que ce soutien confirmait une fois de plus la confiance que les États-Unis accordent aux capacités de l'armée libanaise et à son rôle dans le maintien de la stabilité au Liban. Il a fait remarquer que le rôle de l'armée ne se limite pas seulement au déploiement dans le sud du Litani, mais comprend également le maintien de la sécurité à l'intérieur du pays ainsi que le long des frontières nord et orientale, à la prévention de la contrebande, à la lutte contre le trafic de drogue et à la protection des institutions officielles et constitutionnelles, malgré des moyens modestes en termes d'équipement et de matériel.

Au cours de la rencontre, à laquelle assistait l'ambassadrice du Liban à Washington Nada Hamadé Mouawad, M. Aoun a abordé la situation dans le Sud, soulignant le « timing suspect » de la frappe israélienne dimanche à Bint Jbeil qui a tué plusieurs membres d'une même famille, et ce quelques heures après la fin de la réunion du Comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban-Sud.

Le chef de l’État a fait remarquer que la poursuite des attaques israéliennes soulève des questions quant à la capacité de la communauté internationale, en particulier des États-Unis et de la France qui ont parrainé le cessez-le-feu de novembre dernier, « à mettre fin à ces agressions successives, à ramener les prisonniers libanais, et à mettre fin à l'escalade qui, si elle se poursuit, réduira à néant les efforts de ceux qui s'efforcent de rétablir la stabilité dans le sud, les États-Unis en premier lieu ».

Il a par ailleurs affirmé que le gouvernement libanais continue de mettre en œuvre les réformes financières et économiques sur lesquelles il s'était engagé, tout en poursuivant la coopération avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Il s'est enfin félicité du plan élaboré par le commandement de l'armée pour mettre en œuvre la décision du gouvernement concernant le monopole des armes.

Le président libanais Joseph Aoun, qui s’est entretenu lundi avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a demandé l’appui de Washington pour garantir le respect par Israël de l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre avec le Hezbollah à l’automne dernier, ainsi qu’un soutien accru à l’armée libanaise. M. Rubio a, de son côté, réaffirmé le soutien américain au Liban et salué les efforts des autorités pour redresser le pays.Selon un communiqué de la présidence libanaise, M. Aoun a demandé à M. Rubio l’aide des États-Unis pour veiller au respect par Israël de l'accord du 27 novembre 2024, conclu pour mettre fin à la guerre, « d’autant plus qu’aucune violation de cet accord n’a été commise du côté libanais »....