Le général Abagnara, commandant de la Finul, et les représentants sécuritaires libanais et de l'ONU, procèdent à un lâcher de colombes à l'occasion de la Journée de la paix, au siège de la force a Naqoura, le 22 septembre 2025. Photo tirée du compte X de la Finul
Pour la première fois depuis deux ans, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a célébré lundi la Journée mondiale de la paix, qui tombe le 21 septembre, lors d’une cérémonie qui a eu lieu à son siège de Naqoura au Liban-Sud. Le général Diodato Abagnara, chef de mission et commandant de la Finul, était présent, ainsi que le général Nicolas Tabet représentant le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, le coordinateur résident pour les affaires humanitaires de l'ONU, Omran Reza, des représentants des Forces de sécurité intérieure (FSI) et de la Sûreté générale, et bien d’autres.
Dans son mot, le général Abagnara a insisté sur la coopération étroite avec l’armée libanaise pour le maintien de la paix au Liban-Sud. « Nous préservons la paix par le biais de patrouilles communes entre la Finul et l’armée, afin de nous assurer que les agriculteurs peuvent atteindre leurs champs, que les enfants vont à l’école sans peur, que les aides parviennent aux plus démunis dans les périodes difficiles », a-t-il dit.
Le commandant de la Finul a déploré les scènes de destruction qui persistent dans les villages, mettant en avant le courage et la détermination des habitants, qui tiennent à la reconstruction et à reprendre leurs vies. Ces destructions résultent du dernier conflit entre le Hezbollah et Israël, entre octobre 2023 et fin novembre 2024, qui a laissé les villages du Sud dévastés et en ruines. Les agressions israéliennes restent quotidiennes malgré l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024 et la présence de la Finul et de l’armée libanaise.
« Notre partenariat avec l’armée libanaise est essentiel, chaque patrouille conjointe, chaque responsabilité partagée, chaque mesure commune, contribue à construire la paix », a poursuivi le général Abagnara. « Le rôle de la Finul est aussi crucial aujourd’hui que lors de sa création, sur demande du gouvernement libanais et par dérogation du conseil de sécurité de l’ONU, dans l’objectif de préserver le calme et d’empêcher l’escalade, et pour la préparation du terrain aux solutions politiques », a-t-il observé.
La Finul a fait l'objet de critiques, notamment de la part des Etats-Unis et d'Israël, mais leurs efforts pour empêcher le renouvellement de son mandat n'ont pas abouti. Le conseil de sécurité a décidé de proroger ce mandat jusqu'à fin 2026, avec un délai d'un an pour le retrait final. Par ailleurs, des tensions et accrochages surviennent de façon récurrente entre les patrouilles de la Finul et les habitants locaux, dans une région acquise majoritairement au Hezbollah, quand les Casques bleus pénètrent dans les villages sans être accompagnés de l'armée libanaise.
A la fin de la cérémonie, le général Abagnara et les différents représentants officiels ont effectué un lâcher de colombes en signe de paix.



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