Le logo du géant pharmaceutique suisse Novartis est visible au sommet d'un bâtiment du campus Novartis à Bâle, dans le nord de la Suisse, le 9 septembre 2025. Photo AFP/FABRICE COFFRIN
Le géant pharmaceutique suisse Novartis cherche des solutions pour permettre aux Américains de payer leurs médicaments « moins cher », devant la menace de droits de douane américains élevés, a déclaré son directeur général dans une interview publiée samedi.
Vasant Narasimhan a déclaré au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ) que son entreprise « s'efforçait de combler l'écart de prix entre les États-Unis et les autres pays industrialisés ». « Nous collaborons avec le gouvernement et tentons de trouver des solutions constructives pour que les Américains paient moins cher leurs médicaments », a-t-il déclaré au quotidien suisse.
Si les produits pharmaceutiques ont jusqu'à présent été épargnés par les droits de douane imposés par Washington à ses partenaires commerciaux, le président américain Donald Trump a menacé de frapper l'ensemble du secteur avec des droits de douane pouvant atteindre 250% si les prix des médicaments ne baissaient pas.
M. Narasimhan a suggéré qu'il était logique de baisser les prix américains. « Il est indéniable que les patients américains financent une grande partie des innovations », a-t-il dit à la NZZ, insistant sur le fait que « les pays hors États-Unis devront contribuer davantage à l'avenir ».
Les entreprises pharmaceutiques subissent quant à elles une pression massive de l'administration Trump pour délocaliser leur production aux États-Unis.
Novartis a déjà annoncé en avril son intention d'investir 23 milliards de dollars aux États-Unis sur cinq ans. L'objectif est de « fabriquer localement les produits les plus importants pour le marché américain », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il faudrait « probablement trois à quatre ans pour y parvenir ». Il estime toutefois que l'entreprise pourrait « effectuer des changements significatifs au cours des deux prochaines années », notamment en réalisant une partie du remplissage et du conditionnement finals aux États-Unis.
Ces efforts, a-t-il ajouté, devraient permettre à Novartis de résister à la situation si les produits pharmaceutiques sont frappés des mêmes droits de douane que ceux déjà imposés par Washington sur d'autres exportations en provenance des pays européens où il produit la majeure partie de ses produits.
Washington taxe actuellement les importations en provenance de l'UE à 15% et celles de Suisse à 39%. L'expansion rapide de Novartis aux États-Unis « devrait nous permettre d'atténuer totalement les droits de douane », a déclaré M. Narasimhan, soulignant : « Je ne pense pas que cela affectera nos prévisions à moyen terme ».
L'entreprise est toutefois « davantage préoccupée par les droits de douane pour l'ensemble du secteur », a-t-il reconnu, exprimant l'espoir que l'administration comprenne que la hausse de la production aux États-Unis prendra du temps.
M. Narasimhan a déclaré ne pas s'inquiéter de trouver suffisamment de personnel pour les nouvelles usines américaines de Novartis, soulignant que les promesses d'investissements massifs de l'industrie pharmaceutique renforceraient certainement le système éducatif américain et formeraient davantage de spécialistes.
Parallèlement, il a souligné que de nombreux processus des usines pharmaceutiques étaient « entièrement automatisés ». « Nous n'avons besoin que de 1.000 à 1.500 salariés supplémentaires au total pour faire fonctionner nos nouvelles usines prévues aux États-Unis », a-t-il déclaré. « C'est gérable ».


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