Photo G.K.
En cette fin d’été, un expatrié rentrant dans son pays d’exil se demande à quoi sa vie aurait ressemblé s’il n’était jamais parti et s’il avait choisi de ne pas quitter le Liban, s’il avait fait le pari de rester.
Par Gilles KHOURY, le 21 septembre 2025 à 00h00, mis à jour le 22 septembre 2025 à 00h00
Photo G.K.
Très vrai, Le 26 Septembre a marqué 38 ans depuis notre départ du Liban, et à ce jour rien n’a changé, en fait les choses ne cessent de s’aggraver.
Bel article !
Merci, vous exprimez bien le déchirement de l'exilé qui n'est chez lui nulle part, mais qui , après avoir passé la plus grande partie de sa vie à l'étranger, continuera à dire : "Je rentre" , quand il va au Liban.
Tristement vrai.Mais cette sensation de " manque" ne part jamais.
Cette phrase résume bien le dilemme moral de Márai. Mais beaucoup de Libanais ont choisi de rester, non pas par courage, mais parce qu’ils n’ont pas osé affronter l’épreuve de l’exil. Ils ont fini par se soumettre à l’ordre imposé par les milices, les Syriens, le Hezbollah et le système corrompu.
Fallait-il rester ou partir ? L’écrivain hongrois Sándor Márai avait déjà été confronté à ce dilemme. Attaché à Budapest, il refuse d’abord de quitter sa ville, malgré les offres qu’il reçoit pour enseigner en Suisse. Mais quand les nazis occupent Budapest, suivis par les Russes, la situation devient insupportable. Il finit par prendre la décision de partir. La veille de son départ, il se promène avec un ami. Au moment de se dire au revoir, il écrit : « Nous nous sommes excusés l’un de l’autre — lui de rester, moi de partir. » En fait, les deux choix étaient mauvais.
Me censurer, pourquoi ? J'ai l'impression de relire une "Impression" de jeudi matin. En fait, pour celui qui vous lit le journal tous les jours, censurer un commentaire, c'est pour mieux "protèger r" l'auteur.
La principal raison des départ est d’ordre économique et pas sécuritaire (A part les pays du Golfe plusieur pays d’occident souffrent d’incident à charactère sécuritaire - incluant vol, attaque au couteaux et aux US tirs à l’arme à feux dans les écoles) Quand la situation économique s’améliorera avec plus d’opportunités locales, le flux d’émigration s’inversera comme durant plusieurs cycles de l’histoire libanaise.
"On ne quitte pas les siens deux fois", et par ma propre expérience, on ne quitte son pays plusieurs fois. Des Libanais ne reviendront jamais. Pas les Libanais errants, ou les fuyards recherchés par la justice de leur pays pour aller droit en prison. Ils ne reviendront plus tel le retour de l’enfant prodigue, vaincus, alors qu’ils ont connu l’humiliation dans leurs pays d’origine et dans l’exil. En vous lisant, ce Libanais était-il forcé à l’exil, par la guerre ou la misère, alors "qu’il aurait eu cette maison de montagne", où l’on dit "qu’on n’est pas d’un pays si l’on pas de domicile".
Il aurait surtout échappé à ce sentiment d’être étranger chez lui lorsqu’il rentre passer les vacances et toujours l’étranger, dans ce pays qui l’a adopté mais qui peine à le reconnaître comme étant un des siens à part entière malgré sa bonne volonté. Ce qui fait qu’il se sent apatride alors que son pays est reconnu comme tel, qu’il existe toujours sur la mappemonde et que son passeport d’adoption est on ne peut plus authentique. Comme quoi on peut avoir le sentiment d’être apatride tout en ayant une double nationalité reconnue.
Rassurez vous même ceux qui sont partis ont vu leur économie s’envoler ! Tant que nous occulterons nos envies de clanisme de confessionalisme de Zaïmisation par des superficiels sentiments d’amour du Liban de la famille et de nos plats nous ne réaliserons jamais un pays digne car même nos rêves sont prisonniers de nos héritages ancestraux qui ne veulent se départir de leur implication profonde dans la vie de chaque Libanais ! Les Libanaises elles en grande majorité ont des leçons à nous donner !
S’il était resté il aurait tout simplement vu sa vie et son argent volés par la mafia des politiciens/banquiers/hauts fonctionnaires comme des centaines de milliers de libanais à la retraite qui ont été spoliés. Même les népalais ont été plus forts que les libanais pour lutter contre la corruption et leurs politiciens corrompus
Merci Gilles , superbe texte ! Il y aura toujours devant cette porte d’embarquement vers l’autre côté de l’Atlantique , ce goût , d’être toujours à la recherche de ce “Relief “ qui n’existe nulle part ailleurs .
Le meilleur de G.Khoury? Chapeau, cher Monsieur.
Waw you hit the nail comme disent certains
Triste.
Beau ... poignant.
Si je serais resté le plus probable c’est que je serai déjà mort Lamentablement le sort de certains d’entre nous était déjà très clair On n’a pas choisi On est né dans une époque où nos destins étaient déjà écrits et ceux d’entre nous qui sont partis on eut la chance de survivre Moi je suis né à Hazmieh J’ai grandi kataeb puis FL J’ai pas choisi d’être dans le Jihaz el amn J’en suis simplement devenu un d’eux Parti en 83 Vu comment mes frères et compagnons se sent entretuer sans vraiment le comprendre Quand je retourne (très rarement) je ne comprends rien le Liban reste dans mon cœur
Chronique poignante de l’exil. Elle rappelle que la douceur des étés ne masque pas l’essentiel : si tant d’enfants du pays partent, c’est d’abord la responsabilité de dirigeants qui ont confisqué l’État, ruiné l’avenir et banalisé l’impunité. Mais elle pointe aussi notre part : l’attentisme confortable, la résignation, les “on verra bien” qui deviennent des années perdues. Rester ou partir n’est pas un destin : c’est un choix politique, collectif, qui tarde à être assumé. À défaut, l’arrachement se répète, éternel, et le pays continue de tenir par cette foutue résilience
Très vrai, Le 26 Septembre a marqué 38 ans depuis notre départ du Liban, et à ce jour rien n’a changé, en fait les choses ne cessent de s’aggraver.
09 h 20, le 29 septembre 2025