Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo fournie par son bureau de presse
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé dans un courrier adressé au président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, qu'il était prêt à discuter de toute proposition de modification de la loi électorale, mais à condition que ces discussions ne conduisent pas à un enlisement du débat en sous-commission parlementaire.
« Vous dites que vous disposez d’un projet de loi électorale qui viendrait compléter ce qui a été convenu dans l’accord de Taëf (dans le sens qu'elle fasse un pas de plus vers l'abolition du confessionnalisme et permette de créer un Sénat, Ndlr). Nous sommes prêts à discuter de toute proposition que vous pourriez présenter, mais à une seule condition : que la sous-commission ne se transforme pas en cimetière de projets, et qu’un délai très court lui soit fixé compte tenu de la proximité des échéances électorales », a déclaré le leader chrétien.
Il a ajouté qu'une fois cette étape franchie, « l’ensemble des projets soit alors discuté » et transmis au bureau du Parlement pour être présenté à l'assemblée plénière.
Dans son courrier relayé par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), Samir Geagea a aussi dénoncé une « contradiction » dans les arguments du tandem chiite Amal-Hezbollah pour limiter le vote des expatriés à six sièges sur les 128 du Parlement, un dossier qui est au centre d'un bras de fer au Parlement depuis plusieurs mois. « Vous avez affirmé qu’il est difficile pour le mouvement Amal et le Hezbollah de mener leurs campagnes électorales à l’étranger et d’y exercer librement leur droit de vote sans subir de pressions », a-t-il poursuivi, en faisant référence au fait que le Hezbollah, et dans une moindre mesure son allié, font l'objet de sanctions internationales dans un contexte marqué par la guerre entre la milice chiite et Israël. « Vous avez avancé cet argument pour justifier votre refus que les expatriés votent pour les 128 sièges depuis l’étranger, et vous vous accrochez, de ce fait, aux six circonscriptions prévues dans la loi actuelle pour le vote des expatriés. Or, une grande question se pose : comment les partisans d’Amal et du Hezbollah peuvent-ils se porter candidats aux six sièges de la diaspora et y mener leurs campagnes électorales, alors qu’ils ne pourraient pas le faire pour les 128 sièges de leurs circonscriptions d’origine ? », a-t-il encore dit.
Le président du Parlement a bloqué le 30 juin dernier une proposition d’amendement qui aurait permis aux expatriés de voter pour l’ensemble des 128 députés, comme cela était le cas en 2018 et 2022. Le chef du Législatif veut faire appliquer un article de la loi électorale actuelle adoptée en 2017, selon lequel six députés viendront s'ajouter aux 128 et seront uniquement élus par la diaspora. Problème : la loi reste floue sur la mise en place du système de six sièges proposé, dont elle ne précise pas concrètement le mécanisme d’application.
Le président Joseph Aoun a affirmé mercredi, devant une délégation du « Partenariat libano-américain pour la Renaissance » (Lebanese American Renaissance Partnership, LARP), qu’il était « naturel » que les Libanais de la diaspora participent au processus décisionnel, alors que le ping-pong entre le Parlement et le Sérail autour de la loi électorale se poursuit. Après qu’une commission parlementaire a décidé de laisser le gouvernement trancher, le Conseil des ministres a renvoyé mardi la balle dans le camp de la Chambre.




Clemenceau disait : " quand on veut enterrer une décision, on crée une commission ! ".
16 h 21, le 20 septembre 2025