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Politique - Décryptage

Cap sur les prochaines législatives, un enjeu crucial pour le Hezbollah


Cap sur les prochaines législatives, un enjeu crucial pour le Hezbollah

Des partisans du Hezbollah participent à un rassemblement à Beyrouth le 17 septembre 2025, pour marquer le premier anniversaire de l’opération israélienne qui avait fait exploser des centaines de bipeurs utilisés par le parti. Joseph EID / AFP

Même si, face à l’actualité intense ces derniers temps, nul ne saurait prédire ce qui va se passer au cours des prochains mois, le Hezbollah se prépare aux élections de mai 2026 comme si leur tenue était certaine. Il estime ainsi être au cœur des enjeux de ces élections et il veut prendre toutes les précautions requises pour relever le défi. Pour lui, les prochaines législatives sont un test significatif qui déterminera son rôle à l’intérieur du pays pour les quatre prochaines années.

Pour cette raison, le Hezbollah a déjà formé une large équipe chargée de préparer cette échéance. Au cours des réunions préliminaires, cette équipe a défini trois objectifs principaux pour le Hezbollah à travers les prochaines législatives. D’abord, il s’agit de consolider l’alliance entre la formation et le mouvement Amal, à tous les niveaux et surtout sur le plan populaire. Cela peut paraître une évidence, mais, en réalité, les deux partis doivent faire preuve de vigilance. D’abord parce que depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 et le fait que les Israéliens n’ont pas appliqué ce qui leur était demandé, les frictions sont nombreuses entre les partisans du Hezbollah et ceux d’Amal, notamment dans certains villages du Sud. Chaque camp cherche ainsi à faire assumer à l’autre la responsabilité de ce que tous deux considèrent être « un piège israélien » tendu au Liban. Ensuite, les dirigeants des deux formations sont convaincus que l’un des objectifs des « ennemis » du Hezbollah est de semer la zizanie et la discorde au sein de la communauté chiite, pour isoler encore plus le Hezbollah et le priver de son principal atout, à savoir son environnement populaire. Le premier objectif du parti est donc de préserver à tout prix l’alliance avec Amal, en essayant de partager équitablement les voix de ses partisans entre les deux formations, au lieu de rééditer l’expérience de 2022, lorsque le Hezbollah voulait essentiellement montrer qu’il était bien plus populaire au sein de la communauté que son allié.

Le second objectif pour le Hezbollah c’est d’empêcher les chiites qui lui sont hostiles d’obtenir des sièges au Parlement. Autrement dit, le Hezbollah compte maintenir les 27 députés chiites du Parlement sous la coupe du tandem. Ce n’est pas une entreprise facile sachant que de nombreuses parties internationales, locales et régionales vont tout faire pour que des personnalités chiites indépendantes puissent être élues, dans le but de briser le monopole du tandem sur la représentation institutionnelle de la communauté chiite. C’est d’autant plus important que dans le système politique actuel, les décisions importantes doivent être prises avec l’aval des principales communautés, par le biais de leurs représentants au sein des institutions. Plus même, s’il y a, au Parlement, un ou plusieurs députés chiites qui ne sont pas affiliés au tandem, la présidence de la Chambre qui joue un rôle primordial dans les institutions et sur la scène politique en général pourrait lui échapper. La priorité du Hezbollah est donc désormais de s’assurer que le tandem conservera les 27 députés chiites du Parlement. Pour cela, il devrait changer son approche électorale, tant sur le plan du choix des candidats que sur celui de la distribution de ses voix préférentielles.

Tiers de blocage

Le troisième objectif du Hezbollah est d’essayer d’obtenir avec ses alliés au Parlement le tiers de blocage, c’est-à-dire pas moins de 44 sièges. Cet objectif est le signe d’un changement dans l’approche du Hezbollah qui, auparavant, avec un large éventail d’alliés, briguait la majorité parlementaire. C’est toutefois un objectif primordial pour lui, car avec un tel nombre de députés, il peut empêcher toute décision fondamentale qui pourrait lui nuire et qui exigerait les voix des deux tiers des membres du Parlement pour être adoptée. Ce n’est pas un objectif facile puisqu’en plus des 27 députés chiites, il devrait donc y avoir 17 députés appartenant à d’autres confessions et communautés. Il y a quelques années encore, ce problème ne se posait pas, car le Hezbollah avait de nombreux alliés dans pratiquement toutes les communautés, aussi bien chez les chrétiens que chez les sunnites ou même chez les druzes et les alaouites. Aujourd’hui, non seulement son principal allié chrétien, le Courant patriotique libre, a pris ses distances, mais de plus, ses alliés traditionnels, dans les milieux sunnites notamment, sont en train de s’éloigner. Il est vrai que d’énormes pressions sont exercées sur eux pour les pousser à lâcher le Hezbollah, alors que le chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui gardait un minimum de coopération avec cette formation chiite, ne semble pas vouloir s’impliquer dans la prochaine bataille législative.

Pour l’instant, dans le paysage et le contexte actuels, le Hezbollah peut donc compter sur une figure sunnite, Jihad Samad. Sur le plan chrétien, il n’y a plus que les députés Michel Moussa et Élias Jaradé et, éventuellement, les députés du Parti national social syrien, si ce dernier parvient à en avoir. Il peut aussi miser sur l’élection de députés sunnites et chrétiens dans la circonscription de Baalbeck-Hermel, mais il lui restera malgré tout à trouver au moins une dizaine de sièges pour obtenir le tiers de blocage. Ce qui est loin d’être acquis dans les circonstances actuelles et avec le fait qu’il doit donner la priorité aux candidats chiites dans la distribution de ses voix préférentielles.

Le Hezbollah est donc conscient du défi que représentent pour lui les prochaines législatives. L’enjeu ne se limite donc plus aux armes, mais à son rôle aussi sur le plan politique, voire à son existence en tant que composante influente au sein du paysage local libanais. Il a d’ailleurs commencé à adopter une nouvelle démarche d’ouverture et de dialogue avec ses anciens alliés, tout en essayant de chercher de nouvelles figures susceptibles de lui donner leurs voix dans les questions qu’il juge importantes. Il a donc près de huit mois pour agir, mais il sait aussi que ses efforts dépendront certainement des développements à venir.

Même si, face à l’actualité intense ces derniers temps, nul ne saurait prédire ce qui va se passer au cours des prochains mois, le Hezbollah se prépare aux élections de mai 2026 comme si leur tenue était certaine. Il estime ainsi être au cœur des enjeux de ces élections et il veut prendre toutes les précautions requises pour relever le défi. Pour lui, les prochaines législatives sont un test significatif qui déterminera son rôle à l’intérieur du pays pour les quatre prochaines années.Pour cette raison, le Hezbollah a déjà formé une large équipe chargée de préparer cette échéance. Au cours des réunions préliminaires, cette équipe a défini trois objectifs principaux pour le Hezbollah à travers les prochaines législatives. D’abord, il s’agit de consolider l’alliance entre la formation et le...
commentaires (3)

Qui a lu fut-ce un article de Madame lequel n,est pas pour le hezb, pour le perche, pour bessil ou pour quelque autre moumana-iste de malheur ?

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 44, le 20 septembre 2025

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Commentaires (3)

  • Qui a lu fut-ce un article de Madame lequel n,est pas pour le hezb, pour le perche, pour bessil ou pour quelque autre moumana-iste de malheur ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 44, le 20 septembre 2025

  • Mme Haddad oublie de mentionner un element primordial de la strategie electorale du duopole Amal - Hezb : la fraude massive dans les urnes des regions sous leur coupe (Sud et Baalbeck Hermel).

    Michel Trad

    10 h 04, le 20 septembre 2025

  • C’est bon de connaître la stratégie du hezbollah. Aujourd’hui il n’a pratiquement plus d’alliés. Sauf qu’il peut encore compter sur l’opportuniste Gebran, qui va encore retourner veste et s’allier à celui qui lui tant donné par le passé et sans qui, il perdra la moitié de ses députés. Même avec tous les élus chiites dans la poche, sans ses armes, le duo de malheur ne pourra jamais plus s’imposer à toutes les autres confessions. Enfin il ne faudrait pas minimiser la haine qu’il a suscité chez la plupart des Libanais par ses agissements mafieux et criminels.

    Goraieb Nada

    06 h 24, le 20 septembre 2025

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