Le président Joseph Aoun et le chef des Kataëb Samy Gemayel. Photo diffusée par la présidence libanaise sur X
Le chef des Kataëb, le député Samy Gemayel, a formellement remercié le chef de l'État, Joseph Aoun, pour ses récents propos prononcés en amont de la commémoration du 43ᵉ anniversaire de l'ancien président Bachir Gemayel, assassiné lors d’un attentat à la bombe le 14 septembre 1982 par Habib Chartouni, membre du Parti syrien national social (PSNS).
« Les propos du président Joseph Aoun à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat du président Bachir Gemayel portent une grande signification : nous sommes entrés dans une nouvelle phase, où l’ensemble de la direction du Liban se trouve en position de souveraineté, et où le projet de Bachir pour un État souverain, indépendant et uni est devenu l’affaire de tout l’État », a déclaré Samy Gemayel, selon des propos retranscrits par la présidence dans un communiqué publié sur X à l’issue d’une réunion entre les deux hommes à Baabda.
رئيس حزب الكتائب النائب سامي الجميّل من قصر بعبدا:
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) September 16, 2025
- كلام الرئيس جوزاف عون في ذكرى استشهاد الرئيس بشير الجميّل يحمل دلالة كبيرة على أننا دخلنا مرحلة جديدة، حيث باتت القيادة في لبنان بأكملها في موقع السيادة، وأصبح مشروع بشير بدولة سيدة، مستقلة وموحّدة، قضية الدولة بأسرها.
- أشهد… pic.twitter.com/iDxbHdGTOY
Samedi soir, Joseph Aoun avait déclaré que « les principes pour lesquels Bachir Gemayel s’est sacrifié sont devenus des constantes nationales pour tous les Libanais, notamment un Liban libre et indépendant ». Mais ces propos avaient été critiqués par des voix de partis proches du Hezbollah et de ses alliés, comme le PSNS, qui considèrent l’oncle de Samy Gemayel comme une figure clivante, notamment en ce qui concerne ses liens supposés avec Israël, avec lequel il est accusé d’avoir collaboré.
Le fils de Bachir Gemayel, le député Kataëb Nadim Gemayel, a lui affirmé dimanche qu’il « célébrait » pour « la première fois depuis 43 ans » cette date, car « tout l’axe responsable de l’assassinat de Bachir est tombé et a fini dans les poubelles de l’Histoire », en faisant référence à la chute du régime syrien de Bachar el-Assad et à l’affaiblissement du Hezbollah à la suite de sa guerre contre Israël.
Le Hezbollah n’a pour sa part toujours pas réagi aux déclarations du président, à un moment où le parti et son allié Amal contestent toute démarche de désarmement des milices du pays qui serait dictée par Israël, lequel continue d’occuper au moins six positions au Liban-Sud et de bombarder le territoire libanais malgré le cessez-le-feu conclu fin novembre dernier au terme d’une guerre déclenchée le 8 octobre 2023 dans le sillage de celle de Gaza.
Le chef des Kataëb, qui figure dans le camp des opposants farouches au Hezbollah, a profité de l’occasion pour faire l’éloge du mandat présidentiel entamé par Joseph Aoun en janvier et de celui du gouvernement formé par Nawaf Salam dans la foulée.
« Je rends hommage au président de la République pour sa sagesse dans la gestion de la crise que traverse le Liban, pour sa clarté et sa fermeté de position, ainsi que pour son insistance à appliquer le serment présidentiel et la décision du Conseil des ministres de circonscrire les armes, tout en faisant preuve de prudence et de vigilance pour éviter de provoquer l’autre », a déclaré Samy Gemayel. « Nous soutenons le président Aoun et avons une confiance totale en lui : son unique préoccupation est la protection du Liban », a-t-il conclu.
L’exécutif libanais a traversé une phase particulièrement critique entre août et septembre, en adoptant une feuille de route pour le rétablissement du monopole de l’État sur les armes, reprenant les objectifs d’une proposition américaine transmise par l’émissaire Tom Barrack, qui avait été rejetée par le Hezbollah et le Amal, puis en approuvant un plan de l’armée libanaise pour organiser le désarmement sans calendrier précis, ce qui a permis d’apaiser les tensions au sein du gouvernement.



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22 h 57, le 16 septembre 2025