Le sit-in de MSF et Amel au centre ville de Beyrouth, lundi 15 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine/OLJ
Les organisations humanitaires « Médecins sans frontières » et « Amel International », ont organisé lundi un rassemblement de solidarité avec Gaza, place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth. Ils ont exhorté « les dirigeants du monde à agir de toute urgence pour mettre fin au génocide des Palestiniens à Gaza et exprimer leur soutien au peuple palestinien et aux équipes médicales qui travaillent sous les bombardements ». Et ce, alors que l’armée israélienne a lancé une offensive terrestre contre la ville de Gaza le 21 août dernier, avec pour objectif annoncé sa prise de contrôle total.
« Les médecins ne peuvent pas arrêter le génocide, les dirigeants mondiaux le peuvent » pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, ou encore « Le silence du monde n'est plus acceptable. Il est grand temps d'assumer la responsabilité morale et juridique ». Des slogans évoquaient aussi « l’épuration ethnique et les déplacements forcés », invitant les dirigeants « à garantir un cessez-le feu immédiat et durable, à lever le blocus et à permettre l'acheminement immédiat, à grande échelle et sans entrave, de l'aide humanitaire indépendante ». D’autres slogans réclamaient « la fin des attaques contre les installations médicales et les travailleurs de la santé, ainsi que l'évacuation des personnes nécessitant des soins urgents », mais aussi l’interruption de la livraison d’armes à Israël, ainsi que « la fin de l'occupation de la Cisjordanie et les droits légitimes du peuple palestinien ».
L'armée israélienne a déclenché une guerre sans merci contre Gaza le 7 octobre 2023, aussitôt après les attaques sanglantes perpétrées par le Hamas contre Israël baptisées Déluge d'al-Aqsa.
Le président de la fondation Amel, le Dr Kamel Mehanna, a observé que « ce qui se passe à Gaza n’est pas uniquement une catastrophe humanitaire, mais la destruction systématique de tout un peuple ». « La guerre israélienne a causé la mort de plus de 64 000 personnes, dont 20 000 enfants, tandis que des milliers de victimes sont toujours sous les décombres », a-t-il déploré.
L’humanitaire a de plus regretté que les hôpitaux en principe protégés par le droit international soient devenus des cibles directes des bombardements israéliens. « Aucun établissement de santé ne fonctionne plus à pleine capacité. Quant à ceux qui poursuivent leur activité, ils souffrent d'une grave pénurie de médicaments et de carburant », a dénoncé le Dr Mehanna, accusant de « complicité les gouvernements et des dirigeants mondiaux ».
« Il ne s’agit pas du seul crime d’Israël. Les gouvernements du monde entier sont complices de ce génocide par leur soutien à Israël sur les plans politique, militaire ou matériel », a-t-il martelé. « Ces gouvernements ont l'obligation morale et légale de réagir par une véritable pression politique, et par tous les moyens politiques, diplomatiques et économiques pour mettre fin à ces atrocités », a-t-il ajouté, estimant que rien ne peut justifier le silence ou même le retard. « Nous disons d'une seule voix : les médecins ne peuvent pas mettre fin au génocide. Les dirigeants mondiaux le peuvent, qu'ils mettent donc fin au génocide », a conclu M. Mehanna.
De son côté, le Dr Aïda Hassouna, médecin généraliste au sein de l'organisation Médecins Sans Frontières (MSF), a témoigné de la « souffrance de ses collègues travaillant à Gaza ». « Plus de 1 500 travailleurs du secteur de la santé ont été tués, dont 12 membres de l'équipe de MSF. Et certains ont été déplacés plus de 11 fois, tandis que le Dr Mohammed Obeid, chirurgien orthopédiste de Médecins Sans Frontières, est toujours détenu sans inculpation par les autorités israéliennes depuis octobre 2024 », a-t-elle indiqué, évoquant « l’impuissance des médecins face au génocide en cours et l’ampleur des souffrance ». « Mes 1118 collègues ne sont pas en mesure de protéger les patients du danger de mort ni même d'alléger leurs souffrances », a-t-elle témoigné, décrivant les habitants de Gaza qui meurent dans les hôpitaux, sur les routes et dans les files d'attente pour recevoir de l’aide.


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