Le député de Beyrouth Nadim Gemayel lors de la commémoration de l'assassinat de son père, Bachir, dimanche 14 septembre 2025 à Achrafieh. Photo an-Nahar
À l'occasion de l'anniversaire de l’assassinat de l'ex-président de la République Bachir Gemayel, le 14 septembre 1982, son fils, le député de Beyrouth Nadim Gemayel a déclaré « célébrer » pour « la première fois depuis 43 ans » cette date car « tout l’axe responsable de l’assassinat de Bachir est tombé et a fini dans les poubelles de l’Histoire », selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information.
L'année écoulée a marqué un basculement politique tant au Liban qu'en Syrie. La chute du régime syrien de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024 s'est combinée à un recul plus général de l'axe iranien avec notamment l'affaiblissement du Hezbollah au Liban après sa guerre contre Israël et les attaques que ce dernier a mené contre la République islamique en juin.
Bachir Gemayel, fondateur de la milice des Forces libanaises, qui était alors le bras armé des Kataëb, a été tué dans un attentat à la bombe placée un étage au-dessus d'une permanence du parti dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth, trois semaines après avoir été élu président. L'attaque a également coûté la vie à 32 autres personnes. En 2017, la Cour de justice a condamné à mort deux individus, Habib Chartouni et Nabil Alam, deux militants du Parti syrien national social (PSNS) jugés par contumace pour son assassinat.
Lors d’un rassemblement organisé sur la place Sassine, dimanche, le parlementaire du parti Kataëb a également abordé le sujet du monopole des armes aux mains de l’État. « Nous ne pouvons accepter aucune arme, quelle qu’en soit la provenance (...). Un État s'élèvera et nous en avons fini avec toutes les formules d’arrangements. »
Nadim Gemayel est également revenu sur la consolidation de l’identité et de l’intégrité territoriale du Liban. « Notre objectif est de protéger le Liban et son existence, et d’entériner les 10 452 km² comme espace de liberté et de sécurité », a-t-il affirmé, réclamant la délimitation des frontières entre Israël et le Liban. « Nous voulons la délimitation de nos frontières avec Israël, et nous n’accepterons pas d’être en dehors du consensus arabe et de l’intérêt supérieur du Liban. »
Depuis début août, le tandem chiite critique le gouvernement pour sa décision de désarmer le Hezbollah. Le 5 septembre, lors d'un Conseil des ministres organisé un mois après que le gouvernement a chargé l’armée d’élaborer un plan de désarmement d’ici la fin de l’année, l’exécutif a « accueilli favorablement » ce plan sans toutefois fixer de calendrier précis pour sa mise en œuvre. Ce plan avait été présenté par le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal après le départ remarqué des cinq ministres chiites du gouvernement, dans l'objectif de marquer leur désapprobation.
L'hommage du président Joseph Aoun à Bachir Gemayel, samedi, n’a pas fait l’unanimité, notamment auprès de l’axe de la « moumanaa ». Le chef de l'État a salué samedi la mémoire de Bachir Gemayel, affirmant que « les principes pour lesquels il s’est sacrifié sont devenus des constantes nationales pour tous les Libanais, notamment un Liban libre, indépendant et fort grâce à l’unité de son peuple et la solidarité de ses composantes ».
Pour ses partisans, Bachir Gemayel est le symbole de la résistance à la présence palestinienne et à l'armée syrienne, entrée au Liban en 1976 pour soutenir l'effort de guerre contre les Palestiniens, avant de devenir une force d'occupation. Ses opposants lui reprochent son alliance avec Israël, qui a lancé en 1982 une vaste intervention militaire au Liban pour en expulser les dirigeants palestiniens. Il avait été reconnu comme interlocuteur par les États-Unis et avait œuvré pour un dialogue avec les pays arabes afin de mettre un terme à la guerre civile qui a commencé en 1975.



L extradition de l ‘assassin chartouni de la syrie au liban devient imperative afin qu ‘il subisse la peine de mort; mr le president agissez en consequence!
23 h 20, le 16 septembre 2025