Un manifestant pro-palestinien brandit un drapeau palestinien après que les manifestants ont envahi la rue lors de la 21e et dernière étape de la Vuelta 2025, près de la gare d'Atocha à Madrid, le 14 septembre 2025. Photo Thomas Coex/AFP
Plus de 100 000 manifestants propalestiniens se sont rassemblés dimanche à Madrid, contraignant les organisateurs de la Vuelta à annuler dimanche la dernière étape du tour d'Espagne, ont déclaré les autorités espagnoles.
« Il y avait plus de 100 000 personnes », a déclaré à l'AFP une porte-parole de la représentation du gouvernement central de la région de Madrid, ajoutant que deux manifestants avaient été arrêtés
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre espagnol avait déclaré avait fait part dimanche de son « admiration » pour les manifestations propalestiennes qui ont perturbé le Tour d'Espagne cycliste depuis son départ. La 80e édition de la Vuelta, remportée par le Danois Jonas Vingegaard, a été perturbée quasi-quotidiennement par cette mobilisation visant l'équipe Israel-Premier Tech depuis son arrivée sur le territoire espagnol, dans le contexte de la guerre à Gaza et de grande tension entre Israël et l'Espagne.
L'équipe a même été poussée à retirer la mention « Israël » sur son maillot pour tenter de calmer la mobilisation, sans succès.
Avant l'arrivée dimanche, deux autres étapes ont dû être écourtées par les organisateurs, comme à Bilbao et Pontevedra, dans le Pays Basque, ainsi que le contre-la-montre de Valladolid, jeudi.
« L'Espagne brille comme un exemple »
« Aujourd'hui s'achève la Vuelta, notre tour, le tour cycliste d'Espagne. Nous tenons à exprimer notre reconnaissance et notre respect absolu envers les sportifs, mais aussi notre admiration envers un peuple comme le peuple espagnol qui se mobilise pour des causes justes, comme celle de la Palestine », a déclaré Pedro Sánchez, lors d'un meeting à Malaga.
Le Premier ministre socialiste, une des voix les plus critiques en Europe contre l'offensive destructrice menée par Israël à Gaza, qu'il qualifie de « barbarie », s'est dit fier de voir l'Espagne « briller comme un exemple » dans la défense des droits humains au niveau international.
Lundi, le chef du gouvernement espagnol, qui avait reconnu l'Etat de Palestine en mai 2024, avait annoncé des mesures pour « mettre un terme au génocide à Gaza », dont un embargo sur les ventes d'armes vers Israël, ce qui avait engendré une crise diplomatique avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Le ministre des Affaires étrangères israélien Gidéon Saar a réagi dimanche soir aux propos du Premier ministre espagnol, en qualifiant son gouvernement de « honte pour l'Espagne ». M. Saar a accusé M. Sánchez d'avoir « encouragé les manifestants à sortir dans les rues » pour stopper la course cycliste. « Sanchez et son gouvernement : la honte pour l'Espagne », a-t-il ajouté sur X.
Selon le ministère de la Santé de la bande de Gaza, l'armée israélienne a tué au moins 64 871 Palestiniens et fait 164 610 blessés depuis le début de son offensive contre l'enclave en octobre 2023.


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