L'ancien président libanais Bachir Gemayel. Photo d'archives L'Orient-Le Jour
Plusieurs responsables politiques, dont le Premier ministre Nawaf Salam, ont rendu hommage dimanche à l'ancien président Bachir Gemayel à l’occasion du 43ᵉ anniversaire de son assassinat.
« Plus de quatre décennies se sont écoulées depuis l’assassinat de Bachir Gemayel, et pourtant son slogan demeure : le Liban, 10 452 km² », a écrit M. Salam sur X. « Les assassinats politiques sont l’antithèse de la liberté et de la démocratie auxquelles nous aspirons. Le Liban ne pourra être sauvé de son passé meurtri que par la vérité et la réconciliation, qui mettront fin à l’ère du déni et de la violence politique », a-t-il ajouté.
Le message du chef du gouvernement a été partagé par Nadim Gemayel, député Kataëb et fils de Bachir. En 2017, la Cour de justice avait condamné à mort par contumace deux anciens membres du Parti syrien national social (PSNS), Nabil Alam et Habib Chartouni, jugés pour l’assassinat du président le 14 septembre 1982 dans un attentat à la voiture piégée qui a également coûté la vie à 32 autres personnes dans le quartier d’Achrafieh, à Beyrouth, trois semaines après son élection à la présidence.
« Bachir a triomphé »
Le chef des Kataëb, Samy Gemayel — également neveu de Bachir — a publié sur X une photo de l'ancien président, accompagnée du message : « 43 ans après son martyre au siège des Kataëb… Bachir a triomphé… avec un Liban libre, souverain et indépendant ». Les Forces libanaises (FL), de leur côté, ont écrit : « Il a osé pour que le Liban subsiste. »
Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a lui aussi réagi sur X : « À l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Bachir Gemayel, nous voyons aujourd’hui le Liban non seulement s’arrêter sur cette mémoire, mais aussi, pour la première fois depuis, franchir des étapes claires vers ce que le président martyr souhaitait : reconstruire l’État et étendre son autorité. »
Le ministre de la Justice, Adel Nassar, lui a aussi rendu hommage : « Gemayel incarnait le refus du compromis au détriment du Liban, payant de sa vie cette position. Il a été assassiné debout, mais le rêve est resté. Les lâches sont tombés, incarnant la criminalité », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Hommage de Joseph Aoun
Le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), rival chrétien des FL, a également publié un communiqué en hommage à Bachir Gemayel : « Quarante-trois ans après son martyre, le rêve qu’il incarnait — celui d’un État fort, garant de l’indépendance nationale et engagé dans la lutte contre la corruption — reste profondément enraciné dans la conscience libanaise. Cet anniversaire douloureux, notamment après que justice a été rendue avec le verdict de 2017 durant le mandat du président Michel Aoun, doit être l’occasion de renforcer le terrain commun et de promouvoir l’unité nationale dans l’hommage aux martyrs et à leur symbolique, au-delà des divergences. »
Samedi, le président Joseph Aoun avait déjà salué la mémoire de Bachir Gemayel : « Les principes pour lesquels il s’est sacrifié sont devenus des constantes nationales pour tous les Libanais, notamment un Liban libre, indépendant et fort grâce à l’unité de son peuple et à la solidarité de ses composantes. » Ses propos ont suscité de nombreuses réactions sur X, certains jugeant son hommage trop appuyé à l’ancien chef des FL.
Achraf Rifi et le « courage » de Bachir
Le député sunnite de Tripoli, l'ancien ministre Achraf Rifi, est lui aussi monté au créneau. « Nous nous souvenons d’un homme qui croyait en un Liban libre et indépendant, et qui a courageusement affronté la tyrannie du régime Assad pour défendre la souveraineté », a déclaré ce farouche opposant au Hezbollah. « Son assassinat a temporairement interrompu le projet de reconquête de l’État, qu’il avait relancé en seulement 20 jours après son élection. Aujourd’hui, ce projet est en cours de restauration, inspiré par la lutte de tous les peuples libres », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le député Neemat Frem a déclaré qu'« avec le martyre de Bachir, l'espoir de construire un État institutionnel s'est effondré, mais il n'a pas été enterré ». Et d'ajouter : « Au contraire, il est resté ancré dans la conscience libanaise, vivant dans l'esprit national, et constitue une cause qui ne peut être effacée. Aujourd'hui, ce rêve revient à nouveau au premier plan, à la lumière d'une opportunité rare et historique qui s'offre au Liban, et d'un fort désir parmi les Libanais de reprendre le projet de l'État, malgré tous les défis et les tempêtes. »
Pour ses partisans, Bachir Gemayel symbolise la résistance à la présence palestinienne et à l’armée syrienne, entrée au Liban en 1976 pour soutenir les combats contre les Palestiniens avant de devenir une force d’occupation. Ses détracteurs, eux, dénoncent son alliance avec Israël, qui avait lancé en 1982 une intervention militaire de grande ampleur pour chasser les dirigeants palestiniens.
Reconnu comme un interlocuteur par les États-Unis, il travaillait parallèlement à promouvoir un dialogue avec les pays arabes afin de mettre fin à la guerre civile déclenchée en 1975.



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Bachir incarne toujours , à nos jours,,l’esprit et l’espoir d’un monde meilleur .
15 h 02, le 15 septembre 2025