Un homme observe la fumée qui s'élève après des bombardements israéliens contre des dirigeants du Hamas, le 9 septembre 2025, à Doha, la capitale du Qatar. Photo Jacqueline Penney/AFPTV/AFP
Mardi, quelques heures après les bombardements aériens israéliens inédits contre des membres du Hamas à Doha, la capitale du Qatar, le Wall Street Journal a écrit que « dans les semaines précédant l'attaque », les dirigeants du mouvement islamiste palestinien avaient reçu « un avertissement vague mais sévère » de la part « des responsables égyptiens et turcs : renforcez la sécurité autour de vos réunions ».
Les frappes aériennes israéliennes ont visé mardi après-midi des hauts responsables du Hamas à Doha. Aucun d'entre eux n'a été tué, avait assuré mardi soir le mouvement, mais les bombardements ont coûté la vie au fils du négociateur en chef Khalil Hayyé, au directeur de son bureau, à trois de ses gardes du corps, ainsi qu'à un policier qatari. L'attaque a eu lieu quelques heures seulement après qu'Israël a exprimé son soutien à un nouvel accord de trêve soutenu par les États-Unis, dont les dirigeants palestiniens discutaient lors d'une réunion dans la capitale qatarie.
Dimanche, le président américain Donald Trump avait mis en garde le Hamas « contre les conséquences d'un refus » de l'accord négocié par Washington. « C'est mon dernier avertissement, il n'y en aura pas d'autre ! » avait-il prévenu sur Truth Social.
« Dans les semaines qui ont précédé l'attaque, les dirigeants du Hamas ont reçu un avertissement vague mais sévère : renforcez la sécurité autour de vos réunions, leur ont dit les responsables égyptiens et turcs », a écrit le WSJ. « Les pourparlers de cessez-le-feu étaient en train de s'effondrer. Israël exigeait essentiellement la reddition du Hamas. Le ministre de la Défense, Israel Katz, avait menacé d'anéantir les dirigeants étrangers du groupe basé à Gaza si les militants ne déposaient pas les armes », a rappelé le média.
« Alors que les avions se préparaient à frapper, l'armée israélienne a informé ses homologues américains qu'une attaque contre des cibles du Hamas allait avoir lieu quelques minutes avant le lancement des missiles, mais sans révéler leur emplacement exact, selon des responsables américains. Les militaires américains ont vu les missiles être lancés et en ont déduit la cible. L'amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain, a été informé de l'attaque alors qu'il se rendait au Caire et s'est entretenu avec le président des chefs d'état-major, a déclaré un responsable américain », cité par le WSJ. « La Maison-Blanche a indiqué que l'armée avait informé Trump, qui a chargé son envoyé spécial, Steve Witkoff, d'informer le Qatar », a ajouté le média.
Selon le journal turc progouvernemental Turkiye Gazetesi, mercredi, « les services de renseignements turcs (MIT) ont alerté les négociateurs du Hamas d'une menace imminente » et Ankara « a déployé une équipe spéciale pour surveiller les avions israéliens, contribuant ainsi à la survie des responsables ». Le média ne précise pas quand exactement le MIT aurait alerté les dirigeants du Hamas.
Après l'attaque, certains internautes et analystes ont accusé le Qatar d'avoir été informé à l'avance des frappes israéliennes. Majed el-Ansari, porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères du Qatar, a toutefois écrit mardi sur X que « les déclarations circulant selon lesquelles le Qatar aurait été informé à l'avance de l'attaque sont sans fondement. L'appel d'un responsable américain est intervenu alors que les explosions causées par l'attaque israélienne à Doha retentissaient ».

