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Dernières Infos - France

Journée de mobilisations et blocages limités en France, en attendant un nouveau gouvernement


Un manifestant tient une pancarte sur laquelle on peut lire « D'autres mondes sont possibles » lors d'un blocage routier organisé dans le cadre du mouvement de protestation « Bloquons tout », à Fargues-Saint-Hilaire, dans la banlieue de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 septembre 2025. Photo AFP / Philippe Lopez

De nombreuses actions, mais sans perturbation majeure, avaient lieu mercredi matin à l'occasion d'un appel lancé sur les réseaux sociaux à bloquer la France, journée d'évaluation de la colère sociale dans un contexte d'incertitude politique en attendant la désignation d'un nouveau gouvernement.

Emmanuel Macron a nommé mardi soir un de ses fidèles, le ministre de la Défense Sébastien Lecornu, au poste de Premier ministre en remplacement du centriste François Bayrou, démissionnaire après la chute lundi de son gouvernement lors d'un vote de défiance des députés sur son plan de désendettement du pays.

La journée baptisée « Bloquons tout » a été lancée sur les réseaux sociaux durant l'été avec de multiples revendications, dont l'abandon du projet de budget de François Bayrou. Elle a donné lieu mercredi à de nombreuses actions un peu partout sur le territoire, sans toutefois de blocages d'envergure. Elle se sont souvent heurtées au déploiement massif des forces de l'ordre - environ 80.000 sur toute la France, 6.000 dans la capitale - ordonné par les autorités face à ce mouvement protéiforme, sans meneurs identifiés, qui rappelle à certains celui des « Gilets jaunes » qui a secoué la France en 2018-19. 

Les sites stratégiques, comme les raffineries, font notamment l'objet d'une surveillance particulière. Un total de 200 interpellations ont eu lieu en France, dont 132 en région parisienne, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau dans la matinée. Quelques perturbations, conformes aux prévisions, ont été enregistrées dans les transports en commun, selon les opérateurs. Deux « actes de malveillance », des « dégradations de câbles », ont visé le réseau ferroviaire dans le Sud-Ouest, selon la SNCF. Des lycées ont également été bloqués notamment à Paris, Rennes (ouest) et Montpellier (sud).

Passation

La mobilisation restait dans l'ensemble limitée. « On pensait être plus nombreux », regrettait Cédric Brun, tourneur-fraiseur et syndicaliste chez PSA à Valenciennes dans le Nord de la France, bloquant un rond-point d'accès à une zone commerciale. « Ce qui est malheureux, c'est qu'il y a plus de révolutionnaires sur Facebook que dans la réalité », lâchait-il, en référence à la naissance nébuleuse du mouvement sur les réseaux sociaux, relayé ensuite par différentes forces de gauche et syndicats.

Parallèlement, Emmanuel Macron tente de sortir de l'impasse politique dans laquelle il se trouve depuis sa décision de juin 2024 de dissoudre l'Assemblée nationale, désormais fracturée en trois grands blocs sans majorité (alliance de gauche, centre-droit, extrême droite). Au lendemain de sa nomination, Sébastien Lecornu, âgé de 39 ans et quasi-inconnu du grand public, prend officiellement ses fonctions de Premier ministre mercredi lors d'une cérémonie de passation prévue à 12H00 (10H00 GMT).

Sa nomination a été critiquée d'emblée par les oppositions, dont le parti de gauche radicale La France Insoumise qui déposera une motion de censure spontanée quand il présentera son gouvernement devant l'Assemblée nationale. Le Parti socialiste a estimé pour sa part qu'en plaçant à ce poste cet homme issu de la droite, le président Emmanuel Macron « prend le risque de la colère sociale » et « du blocage institutionnel ».

Mobilisation le 18 septembre

Cinquième Premier ministre d'Emmanuel Macron depuis sa réélection 2022 et troisième en un an, Sébastien Lecornu aura la lourde tâche de bâtir un gouvernement susceptible de durer plus longtemps que ceux de ses prédécesseurs (91 jours pour Michel Barnier, moins de neuf mois pour François Bayrou), puis de faire voter un budget avant la fin de l'année.

François Bayrou est tombé après avoir engagé la responsabilité de son gouvernement sur un projet de budget d'austérité prévoyant 44 milliards d'euros d'économies pour tenter d'endiguer la hausse de la dette publique (114% du PIB). Une nouvelle journée de mobilisation, cette fois à l'appel des organisations syndicales, est prévue le 18 septembre. 

Dans ce contexte d'incertitude politique et sociale, l'agence Fitch donnera vendredi la note de la dette française, qui pourrait être dégradée. Mardi, la France a emprunté à échéance dix ans aussi cher que l'Italie, longtemps considérée parmi les mauvais élèves en Europe. 

De nombreuses actions, mais sans perturbation majeure, avaient lieu mercredi matin à l'occasion d'un appel lancé sur les réseaux sociaux à bloquer la France, journée d'évaluation de la colère sociale dans un contexte d'incertitude politique en attendant la désignation d'un nouveau gouvernement.Emmanuel Macron a nommé mardi soir un de ses fidèles, le ministre de la Défense Sébastien Lecornu, au poste de Premier ministre en remplacement du centriste François Bayrou, démissionnaire après la chute lundi de son gouvernement lors d'un vote de défiance des députés sur son plan de désendettement du pays.La journée baptisée « Bloquons tout » a été lancée sur les réseaux sociaux durant l'été avec de multiples revendications, dont l'abandon du projet de budget de François Bayrou. Elle a...