De la fumée est visible au-dessus de Gaza, le 3 septembre 2025. Jack Guez/AFP
Un haut responsable militaire israélien a affirmé mercredi que l'armée envisageait de créer « une zone humanitaire » dans la bande de Gaza pour accueillir le « million » de Palestiniens qui pourraient fuir la ville de Gaza, menacée d'une offensive d'envergure. L'ONU estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat de Gaza (nord), incluant Gaza-ville et ses environs.
L'armée israélienne, qui contrôle environ 75% de la bande de Gaza, dit préparer une offensive pour s'emparer de Gaza-ville, qu'elle présente comme le dernier grand bastion du Hamas dans le territoire palestinien. Gaza est la plus grande ville du territoire palestinien où l'armée israélienne mène une offensive destructrice en riposte à une attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
« Ces derniers jours, nous avons observé un mouvement d'environ 70.000 personnes se dirigeant du nord vers le sud », du territoire, a déclaré ce haut responsable du Cogat, un organisme du ministère de la Défense, lors d'un point presse. Il a indiqué que les autorités s'attendaient à ce qu'un « million » de personnes arrivent dans le sud. « Nous souhaitons identifier une zone humanitaire » qui serait comprise dans un périmètre depuis les camps du centre jusqu'à al-Mawassi (sud) et dans l'est du territoire, a-t-il précisé. Elle sera annoncée « dans les prochains jours », selon lui. « Nous n'avons pas demandé formellement aux gens de bouger (...) Ils entendent (que l'armée va mener une offensive) » et ils fuient, a ajouté ce responsable.
La Croix-Rouge internationale a mis en garde la semaine dernière contre une évacuation massive de la population de Gaza-ville, jugeant « impossible » qu'elle se déroule « de manière sûre et digne dans les conditions actuelles. Israël, qui intensifié ses bombardements sur Gaza-ville, juge une telle évacuation « inévitable » et a communiqué sur les mesures qu'il souhaitait mettre en place pour accueillir l'arrivée massive de déplacés dans une zone déjà surpeuplée.
Jeudi, une lettre du Cogat a annoncé des réparations de lignes électriques pour alimenter des stations de dessalement d'eau, d'éventuels nouveaux approvisionnements en carburant ou encore la réouverture de l'hôpital européen à Khan Younès (sud). Mardi, un porte-parole de l'armée israélienne a averti en arabe les habitants de Gaza de « l'élargissement des opérations de combat vers Gaza-ville ». « Nous vous rappelons qu'à Al-Mawassi, des services renforcés seront fournis, avec un accès aux soins médicaux, à l'eau et à la nourriture », a déclaré Avichay Adraee.
La région d'Al-Mawassi a été désignée par Israël comme zone humanitaire après le début de la guerre, mais elle été frappée à plusieurs reprises par l'armée. Mi-août, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, a déclaré que les Palestiniens à Al-Mawassi avaient « peu ou pas d'accès aux services et fournitures essentiels, y compris la nourriture, l'eau, l'électricité et les tentes ». L'armée israélienne assiège depuis octobre 2023 la bande de Gaza, un territoire de 365 km2.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine