Un portrait de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au milieu de débris dans le quartier de Roueiss, dans la banlieue sud de Beyrouth, visé par des frappes israéliennes dans la nuit, le 9 octobre 2024. Photo d’illustration/Archives AFP
Le bloc parlementaire du Hezbollah a réitéré mercredi son appel aux autorités libanaises à « revenir sur leur décision contraire au pacte national concernant les armes de la résistance », à l'issue de sa réunion hebdomadaire présidée par son chef, le député Mohammad Raad. Le parti chiite a par ailleurs appelé le gouvernement de Nawaf Salam à se lancer dans la « reconstruction » des zones touchées par le conflit dévastateur de treize mois, entre le Hezbollah et Israël.
« Il est impératif, pour défendre le Liban et préserver la souveraineté nationale, que le pouvoir cesse d'offrir des cadeaux à l'ennemi, revienne sur sa décision contraire au Pacte national et antipatriotique concernant les armes de la résistance et renonce à ses projets à cet égard », a déclaré le Hezbollah dans un communiqué. Il a par ailleurs appelé le pouvoir « à revenir au dialogue préconisé par le chef du Parlement Nabih Berry dans sa tentative de trouver une issue à l'impasse dans laquelle le gouvernement a plongé le pays en se soumettant aux diktats extérieurs ».
Le parti-milice chiite a appelé « le gouvernement à mettre en œuvre ce qu'il s'est engagé à faire dans sa déclaration ministérielle en matière de reconstruction, en incluant dans son budget 2026 des crédits financiers clairs qui couvrent ces coûts ».
Le gouvernement libanais a avalisé, début août, les objectifs de la feuille de route américaine présentée par l'émissaire Tom Barrack, à travers laquelle il s'engage, entre autres, à désarmer le Hezbollah. L'armée libanaise a été mandatée par les autorités pour présenter, fin août, un plan concernant ce désarmement qui devrait être discuté lors d'un Conseil des ministres prévu vendredi. Le Hezbollah, lui, continue de rejeter toute discussion sur le retrait de ses armes.
Le président de la Chambre, allié du Hezbollah, a prôné dimanche un dialogue sur une stratégie de défense, terme utilisé par son camp pour parler de la question des armes de la milice.
Le parti chiite a par ailleurs estimé qu'Israël est « déterminé à ne mettre en œuvre aucune de ses obligations découlant de l'accord avec l'État libanais, annoncé le 27 novembre 2024, qu'il s'agisse de cesser les hostilités, de se retirer des points occupés, dont le nombre s'est accru, ou de mettre fin aux assassinats, aux frappes et aux violations quotidiennes de la souveraineté ». Il a accusé l'État hébreu de « se moquer de toute mesure prise par le gouvernement libanais, même en ce qui concerne son adoption du document américain sur le monopole des armes ». « Le gouvernement doit relever une longue série de défis stratégiques importants, parmi lesquels figure l'initiative visant à restaurer l'unité nationale qu'il a brisée » en s'engageant dans une décision néfaste qui menace la stabilité », a poursuivi le Hezbollah.
Le CPL plaide pour une « stratégie de défense nationale »
Le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) a pour sa part appelé mercredi le gouvernement à « mettre en place une stratégie de défense nationale », s'alignant ainsi sur les positions du tandem chiite Amal-Hezbollah, à l'issue de sa réunion hebdomadaire présidée par le chef du parti, Gebran Bassil. Le CPL a dit regretter « la confusion au sein du gouvernement au sujet du monopole des armes, le gouvernement ayant approuvé le document américain avant de se rétracter, selon le vice-Premier ministre Tarek Mitri ».
M. Mitri a créé une la polémique le week-end dernier, lorsqu'il a affirmé sur la chaîne al-Jadeed, que la feuille de route de l’émissaire américain Tom Barrack sur le désarmement du Hezbollah était « tombée ». Il s’est toutefois rapidement expliqué, dans une volonté d'atténuer ses propos, précisant que l’expression venait de la journaliste et pas de lui. « Je me suis contenté de dire que (Tom) Barrack n'avait rien apporté de nouveau d’Israël », a-t-il souligné peu après l’émission, après des publications incendiaires sur les réseaux sociaux évoquant son possible limogeage du gouvernement et d’autres appelant à sa démission.
« Le gouvernement ferait mieux de mettre en place rapidement une stratégie de défense nationale qui sera le document libanais à adopter (...) afin de protéger le Liban et sa souveraineté, ainsi que le monopole des armes », a indiqué le CPL dans un communiqué. Il a par ailleurs assuré «se tenir aux côtés de l'armée libanaise au niveau de ses mesures pour le monopole des armes, sans lui faire porter des responsabilités qu'il ne peut pas assumer et qui sont relatives à l'entente nationale et la paix civile».



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