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Moyen-Orient - Syrie

Des familles alaouites forcées de quitter leur quartier près de Damas

« Des hommes armés, certains masqués, d’autres vêtus de noir comme les forces de sécurité, nous ont sommés de quitter nos maisons sous peine d’être tués », raconte une étudiante alaouite.

Un drapeau syrien flottant au-dessus du parc Tishreen à Damas, le 4 juin 2025. Photo d'illustration LOUAI BESHARA / AFP

Des dizaines de familles syriennes de la minorité musulmane alaouite ont été contraintes de quitter leur quartier près de Damas, après des menaces d'hommes armés, ont affirmé des habitants à l'AFP samedi.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un groupe armé a investi jeudi le quartier de Soumariya, à l’ouest de Damas, et poussé, parfois par la force, les habitants alaouites à évacuer leurs maisons.

Reportage

À Lattaquié, la peur du lendemain


Issu de cette minorité, le président Bachar el-Assad a été renversé en décembre 2024 par une coalition de groupes rebelles islamistes sunnites dirigée par Ahmad el-Chareh, aujourd'hui président par intérim de la Syrie. En mars dernier, des massacres ont fait plus de 1.700 morts, essentiellement des alaouites, après des affrontements entre les forces de sécurité et des hommes fidèles à Bachar el-Assad dans l'ouest du pays, selon l'OSDH. Ce derniers mois, des factions armées ont menacé les habitants de plusieurs quartiers à majorité alaouite à la périphérie de la capitale syrienne pour les pousser à partir. 

« Nous partons aujourd’hui, sans savoir où aller »

« Des hommes armés, certains masqués, d’autres vêtus de noir comme les forces de sécurité, nous ont sommés de quitter nos maisons sous peine d’être tués », a déclaré à l'AFP une étudiante alaouite, qui n'a pas donné son nom par peur de représailles. « Nous avons rassemblé ce que nous pouvions comme affaires personnelles et nous partons aujourd’hui, sans savoir où aller », a ajouté la jeune femme.

Confirmant indirectement ces menaces, le responsable municipal du quartier de Soumariya, Mazhar Chair, a cherché à rassurer les habitants. « Je rassure les habitants, la situation s’est stabilisée, ils doivent rester chez eux. Une commission surveille toute violation des droits, les habitants verront la différence dans les prochaines heures », a-t-il dit. Mais, personne n'est revenu dans l'immédiat, selon des habitants. 

Selon l’OSDH, des hommes armés ont « utilisé matraques électriques pour forcer les habitants à sortir, provoquant peur et chaos. Certains sont partis, d'autres restent piégés, n'ayant nulle part où aller ».

Les quartiers ciblés ont été créés par l’ancien pouvoir sur des terrains arides, parfois saisis de force. Des milliers d’habitants, dont d’anciens officiers, y résident.

Les habitants « peuvent revenir »

Les médias officiels n’ont pas évoqué l’affaire. Mais Syria Television, proche du pouvoir islamiste, a affirmé que les habitants avaient été informés par les autorités « qu’ils pouvaient revenir, après l’intervention des comités locaux et de la Haute commission pour la paix civile ».

La famille de Youssef, un alaouite de 39 ans qui n'a pas voulu donner son nom, est quand même partie samedi dans sa ville d'origine dans la région de Homs (centre). « Les menaces, nous les voyons sur le terrain, les promesses, seulement sur les réseaux sociaux », a dit Youssef, un ancien fonctionnaire licencié trois mois après la chute d'Assad. « Nous avons trop peur pour risquer nos vies, j’ai des enfants et je crains pour leur sécurité. »

Des dizaines de familles syriennes de la minorité musulmane alaouite ont été contraintes de quitter leur quartier près de Damas, après des menaces d'hommes armés, ont affirmé des habitants à l'AFP samedi.Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un groupe armé a investi jeudi le quartier de Soumariya, à l’ouest de Damas, et poussé, parfois par la force, les habitants alaouites à évacuer leurs maisons. Reportage À Lattaquié, la peur du lendemain Issu de cette minorité, le président Bachar el-Assad a été renversé en décembre 2024 par une coalition de groupes rebelles islamistes sunnites dirigée par Ahmad el-Chareh, aujourd'hui président par intérim de la Syrie. En mars dernier, des massacres ont fait plus de 1.700 morts, essentiellement des alaouites, après des affrontements...
commentaires (4)

Ce qui se passe en Syrie ne nous regarde pas ce sont des affaires internes a eux. Cependant, lorsque les minorités étaient au pouvoir, tout ce que les Syriens ont vécu n'était que tueries, tortures et massacres. Il ne faut pas s’étonner, aujourd'hui que les choses ont changé, qu'il y ai des représailles. Nous vivons une situation similaire mais plutôt politique que militaire et il ne faudra pas s’étonner que le hezbollah et une grande partie de ses membres soit traduit en justice pour les crimes commis depuis sa création. Il n'y échappera pas quoi qu'il tente.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

12 h 51, le 02 septembre 2025

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Commentaires (4)

  • Ce qui se passe en Syrie ne nous regarde pas ce sont des affaires internes a eux. Cependant, lorsque les minorités étaient au pouvoir, tout ce que les Syriens ont vécu n'était que tueries, tortures et massacres. Il ne faut pas s’étonner, aujourd'hui que les choses ont changé, qu'il y ai des représailles. Nous vivons une situation similaire mais plutôt politique que militaire et il ne faudra pas s’étonner que le hezbollah et une grande partie de ses membres soit traduit en justice pour les crimes commis depuis sa création. Il n'y échappera pas quoi qu'il tente.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    12 h 51, le 02 septembre 2025

  • Et le sort des minorités en Syrie ? qui va les protéger ?

    Dorfler lazare

    01 h 28, le 31 août 2025

  • Travail journalistique très incomplet et contradictoire. Vous écrivez qu’ils sont « expulsés de chez eux » puis dans le même article « Les quartiers ciblés ont été créés par l’ancien pouvoir[…], parfois saisis de force. Des milliers d’habitants, dont d’anciens officiers, y résident. ». C’est votre travail de journaliste de donner une information claire et précise. Soit ils vivent sur des biens saisis de force (squatteurs) et une expulsion semble légitime soit ce n’est pas le cas. Soit l’information n’est pas connue et l’article et son titre méritent donc d’être largement nuancés.

    Sars

    22 h 48, le 30 août 2025

  • Un demis siècle de dictature et clivages communautaire ne se résolve pas d'un trait. Le Hezballah est en train de mener les chiites du Liban sur une voie identique, que Dieu nous en préserve de cette situation, ainsi que de ces démon exécutant les plans morbides des iraniens.

    Aboumatta

    22 h 42, le 30 août 2025

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